PREFACE
son cœur; mais les pages touchantes et trem^ pées de larmes que d'Alembert a écrites sur cette amie, à laquelle il eut le chagrin de survivre pendant sept années, en disent plus, et le disent mieux, que toutes les biographies, au sujet de l'attachement délicat et immuable d'un philosophe, quon a considéré comme le plus froid des hommes, pour une femme qui, à la juger d'après ses lettres intimes, était la plus ardente, la plus passionnée des femmes.
Les trois opuscules que nous réimprimons ne sont pas indifférents au point de vue du style, qui est toujours noble, élégant, énergique, clair et précis, car d'Alembert est un de nos grands écrivains, qu'on ne lit plus, et dont la réputation restera incontestée. Mais qui songerait à chercher, dans les dix-huit volumes de ses auvres complètes, une trentaine de pages exquises, perdues, étouffées, cachées entre de longs ouvrages philosophiques et mathématiques ?
D'Alembert, dans le portrait qu'il a fait de lui-même, non pas en ijSo, comme ses édi-