‹ Le tombeau de Mlle de LespinasseChapitre 3 sur 19 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

teurs ont daté ce morceau curieux trouvé dans ses papiers j mais sans doute en 1770^ à Vépoque oii il devint amoureux de M''^ de Lespinasse, nous apprend de quelle maniera il sentait et comprenait l'amour :

« Son âme, naturellement sensible, aime à s'ouvrir à tous les sentiments doux : c'est pour cela quil est à la fois très gai et très porté à la mélancolie ^ il se livre même à ce dernier sentiment avec une sorte de délices, et cette pente que son âme a naturellement à s'affliger le rend assez propre à écrire des choses tristes et pathétiques.

« Avec une pareille disposition, il ne faut pas s'étonner qu'il ait été susceptible, dans sa jeunesse, de la plus vive, de la plus tendre et de la plus douce des passions : les distractions et la solitude la lui ont fait ignorer longtemps. Ce sentiment dormait, pour ainsi dire, au fond de son âme, mais le réveil a été terrible; l'amour n'a presque fait que le malheur de d'Alembert, et les chagrins qu'il lui a causés l'ont dégoûté longtemps des hommes^ de la vie

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