SECTION II. — PAROI OUEST
Intacte, la paroi ouest était divisée en cinq compartiments superposés, s'étendant sur toute la longueur du mur, et mesurant chacun environ o m. 8o de haut : d'abord, au ras du sol, le soubassement qui était simplement peint et qui n'a conservé aucune trace de décoration utilisable; puis, quatre registres sculptés en relief, dont le plus élevé a complètement disparu. Nous restons donc en présence de trois registres, que nous examinerons dans cet ordre : i° le registre inférieur, 2° les registres supérieur et moyen (pi. 12).
Même texte qu'inscr. ai (b).
1° Registre inférieur : vendanges et vinification'"'.
Une inscription, d'un caractère général, surmonte le registre [inscr. 43] :
Les jardiniers de la vigne (/i«. du verger de raisins) disent : «Viens, notre maître, vois tes vignes, en lesquelles ton cœur se complaît, pendant que les jardiniers sont en train, devant toi, de fouler (les grappes). Nombreux est le raisin sur sa tige, et abondant le jus qui est en lui plus qu'aucune autre année'-'. Bois"', enivre-toi'", ne cesse pas de faire ce que tu aimes '^', et que (le vin'*') t'advienne comme tu le souhaites. 0 Grand des Cinq, maître des sièges, Petosiris, w. im., l'enfant seigneur de Bouto'" te fait riche en vin (irp), selon (ton) désir'*', tandis que tu te donnes du bon temps.»
Le mot u., généralement déterminé par -Mi et ^M^ J, désigne les gens qui prennent soin d'un verger d'arbres fruitiers : Louvre A 93=Brugsch, Thésaurus, p. labh, 1. 2 :
^ • J=L TT ^^P J ^ IK "i® ^'^ pour lui un verger, et il y avait là
des jardiniers (venus de l'étranger) r ; Mariette, Ahydos, II, 87, 1. 1 4, etc.
Dans ces vergers, comme dans les grands jardins des ezbehs modernes, les treilles, les vignes en berceau tenaient une place considérable'^' : d'où le sens ordinaire de hép «vignes, verger de ceps?5. Mais, comme le mot hép s'applique aussi bien à ce que les Grecs appelaient un Trapa^£t(Tos''°', c'est-à-dire à tout clos''*' renfermant des arbres ou arbustes fruitiers de toute espèce''^', le rédacteur de notre inscription a tenu à préciser qu'il s'agissait bien d'une vigne , d'un clos où étaient cultivés les raisins : l}sp n îlrrt.
'" Les opérations cotnprenuent : cueillette des raisins, transport des raisins dans la cuve, foulage, mise du vin en jarres, transport des jarres au cellier.
Pour la description raisonnée de ces opérations et les références iconographiques, consulter : Montet, La fabrication du vin, dans Recueil de travaux, 35, 1 918, p. 1 18; F. Hartmann, L'agriculture dans l'ancienne Egypte , p. i56 et p. 3o3.
'*' »• ht mpt «plus qu'aucune autre années. — C'est «n/" (copte cMoyi) qui correspond au français «l'autre année, l'année précédenlen (cf. Gardiiiier, Admonitions, p. 102).
'^' P!"^ ^^'"^ ''" '''^'''^' toi«, tw étant le pronom absolu employé comme sujet de l'impératif (cf. Junker, Grammalik, S i63).
'*' Cf. inscr. 58, 1. Sa, et 127, I. 3, où th est également précédé de s(w)j. Comparer Tylor, The Tomb oj Paheri, pi. XII (3* registre ) ^ I î^ •=> J — I ^ |.
'^' Phrase semblable dans l'inscription 58, 1. 3a.
'*' Le sujet de hpr-sn paraît être '—^ rf\e jusi' de la vigne.
'" Ou «le fils de la déesse de BouIoti {nb(t) iml : cf. Brucsch, Dictionnaire géographique , p. 1 120). — Comparer inscr. 58, 1. 10.
'*' Restituer i après '^ J * conformément à l'inscription 58, 1. 1 5. Le suffixe est omis dans les deux passages.
"" Et ceci, dès les temps les plus anciens : cf. l'inscription de Meten : Sethe, Urkunden, I, U, 17 et 5 , 2. '"" Dans le décret de Memphis {Pierre de Rosette), 1. i5, hsp est précisément traduit par le grec irapâSeiffos. "" Cf. l'inscription de Zedher le Sauveur (Daressy, Annales du Serv. des Antiquités, XVIII, p. ii5, I. 84), où l'on trouve le mol hsp accompagné du délerminatif C3, qui indique qu'il s'agit bien d'un endroit clos. "'■^' Comparer ci-après inscr. 81 , I. 86, où hsp n ilrrt s'oppose à hsp ntj ht nb ndm.
Le mot km est ëcrit ici soit ^^, avec aphérèse de I, soit l*^-^ : en aucun cas, jk médian n'est exprimé. D'autres graphies de ce mot se rencontrent encore aux inscriptions AA et 81 ").
La traduction que j'ai donnée jadis <'^) de | est inexacte : ce mot n'est pas l'infinitif féminin dehm. « arracher r; il s'agit, en réalité, de/tm = Am5 S y 'W ^^ fouler», comme me l'a suggéré M. Kuentz'^^ qui rapproche ce mot du copte zcDMi. Le sens rt fouler» est évident à l'inscription hh (4), 1. 9, et il est tout à fait vraisemblable que nous avons affaire au même verbe dans la présente inscription*'''.
Une treille en arceau occupe toute la partie de droite du tableau. Cinq hommes debout, dont l'un est nu et quatre sont vêtus de la tunique bouffante, cueillent à la main les grappes dont la vigne est surchargée. Quatre d'entre eux sont accompagnés d'un enfant, leur fils sans doute, qui les aide dans leur tâche, remplit et porte les corbeilles pleines. Un contremaître surveille le travail.
Une légende descriptive, en une ligne horizontale, court au-dessus de la treille [inscr. 44(1)]:
Les jardiniers de la vigne en train de couper ies grappes, — i'enfant (de chacun) d'eux portant (/jryi) sa corbeille [dnw-J) : c'est la huitième heure du jour, «celle qui referme ses bras».
Le verbe /^ (dn ou sir') est employé ici improprement, puisque les vignerons détachent les grappes à la main, sans l'aide d'aucun instrument tranchant. L'expression propre est, comme on sait, wh', ilrrt^^K
Le mot ce corbeille», dnw (inscr. Ml (3), inw), est écrit sans aucun déterminatif'^^ L'expression f', dnw est rendue, en grec, par xavrjÇ'ôpos [Canope, 1. 2 ; Pierre de Rosette, 1. 1 8).
Peut-être les mots ink 'ivj-s désignent-ils le nom de la huitième heure.
La légende gravée au-dessus du surveillant est incomplète et, de ce fait, assez obscure [inscr, 44 ( 2 )] :
I Jardinier habile {sé',1) f [ le raisin ?] f mûr; emportes-en {tm-f).
<" Voir le Vocabulaire au mot îrrt [îlrrt].
I*^' Recueil Champolîion , p. 76-78.
"' M. Kuentz se réfère à Wiedemann-Pôrtner, Aegyptische Grabreliefs... zu Karhruhe, pi. VI, où Ton voit un homme enfoocé à mi-corps dans un grand vase, et accompagné de la légende | ^ ^ f : ! '~*H-
(4) __ j5(„)^ complément de |^, ne peut se rapporter qu'à ^^ r raisins 11 du début de la phrase.
l^' Cf. MoMET, op. laud., p. 1 18. — On dit, de même, wh', mh tf arracher le lin^) (Gardihbr, Admonitions, S 5, i3), !i'^' mntv rrarracher des arbresn [Slèle de Piankhi, 1. iSa).
<" Classique "'*'^^, ptolémaïque ^ ^ r»i et A^prgi.
Les grappes cueillies sont aussitôt portées au fouloir. C'est une cuve rectangulaire, creusée à même un bloc de pierre : un escalier de quelques marches, faisant saillie du côté de la treille, y donne accès; sur l'autre face, on a pratiqué une gargouille léontocéphale, d'où le jus s'échappe à flots. La cuve est munie de deux montants assez épais, construits en maçonnerie, dans lesquels vient s'insérer, à quelque distance de leur extrémité, une barre verticale, où les vignerons prennent, pour fouler le raisin, leur point d'appui. Ils sont quatre dans la cuve, complètement nus : au centre du groupe se tient un vieillard au front ridé et chauve, au visage barbu, tel un silène; des deux mains il s'agrippe à la barre, dans un geste qui fait saillir ses pectoraux et met en relief toute sa musculature; à sa gauche, deux de ses camarades, figurés de trois quarts, se soutiennent mutuellement en se donnant la main, tandis que, de l'autre bras, ils s'appuient à la barre; le quatrième fouleur, à gauche du vieillard, est représenté de profil; de son bras libre, il porte un objet qui paraît être un vase; il a le visage tourné vers trois petits vendangeurs, dont deux gravissent les marches de l'escalier, portant sur la tête leurs corbeilles débordant de grappes, alors qu'un troisième, déjà arrivé au sommet, renverse sa corbeille dans la cuve, sous les pieds des fouleurs.
Une courte légende est gravée verticalement au-dessus des petits vignerons [inscr. 44 (3)] :
Jardiniers portant leur corbeille (tet»-«).
Et une brève allocution, prononcée sans doute par l'un des fouleurs, surmonte la cuve [inscr. 44(4)] :
I La nuit vient. Abondante est la rosée'" du ciel sur les raisins. J Qu'on les («n) foule {hm) en hâte, et qu'on (les) porte à la maison de notre maître.
Du fouloir, le vin coule dans un bassin par une gargouille qui est, comme je l'ai dit, en forme de tête de lion; et immédiatement, sans qu'on fasse subir à la pulpe l'opération du pressurage, un vigneron nu recueille dans une amphorisque le vin, que deux serviteurs verseront ensuite dans de grandes jarres à anses ou à oreillettes; celles-ci, au nombre de huit, sont ou fichées en terre ou placées sur des bâtis à claire-voie quadrangulaires'-'. Cette double scène est accompagnée de deux inscriptions verticales, — petits discours prononcés l'un par le vigneron penché au-dessus du bassin, l'autre par l'un des deux serviteurs occupés à remplir les jarres :
[inscr. 44 (5)] J Toutes choses sont arrivées par l'action de (m') Dieu : notre maître J les boira avec joie, en rendant grAces pour Ses largesses.
'" ! I ..^ P"""" '''^' {^^- JuNKER, Grammalik , p. lo : I I S),
(*' On voit des bâtis de ce genre au Musée du Caire, saile U, au-dessus de l'armoire L.
ff Toutes choses 77, c'est ici la re'colte de la vigne, le vin, que Dieu a fait mûrir et que
le maître boira : ^ complément de '^''^ {^wj) se rapporte, naturellement, à îht nb.
Comparer avec notre texte cette phrase '-' de Dumiciien, limigesch. des Denderatempels , 28
""^^^z»— i"^ nini^*' ^^P'^"'" permettre à tous les dieux de boire cela».
C'est à Mr. Gunn que je dois l'interprétation de ^ "^ — rrses largesses, les largesses
de Dieu 75 : kl est ici le mot ordinairement écrit U ou LI , et qui désigne les présents, surtout sous forme de vivres, que donne un roi à ses sujets ou un dieu à ses fidèles.
[inscr. 44 (6)J \ Qu'on fasse une libation [wdn) avec lui (se. au moyen de ce vin) au Génie de la vigne, (c'est lui qui) fait ' que le vin [irp) est plus abondant qu'aucune autre année [kt mpl).
T JiT J (^kyados \a,î(iwv), le dieu agraire, est invoqué comme protecteur particulier de la vigne de Petosiris.
Il ne reste plus qu'à porter les jarres dans les celliers : deux serviteurs en saisissent chacun une, cependant que quatre autres, une amphore déjà chargée sur leur épaule, se dirigent vers \epr-hd. Une courte inscription est gravée au-dessus d'eux [inscr. 44 (7)] :
Attention [slw) (^' ! vos deux bras sous elles [se. sous les jarres) , et portez(-les) au magasin.
-^ est peut-être à lire ît-t(n) : ^ portez 75; ou bien c'est un participe : «portant 77.
A l'entrée du cellier se tient le maître, Petosiris, nu-tête, vêtu de Vhimation à bordure crénelée, et chaussé de sandales; un scribe, drapé dans un large manteau, tablettes et calame en mains, lui rend compte de l'état de la récolte.
Au-dessus du scribe [inscr. 44 (8)j :
Le scribe de la vigne.
Au-dessus de Petosiris [inscr. 44 (9)] :
I Le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, ] fils du Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, ] et né de la dame Nofritrenpet.
1" Je rappelle que, sur roriginal, l'homme tenant un vase est debout.
'*' Citée par Junker, Grammaiik, p. i 1 .
W Le signe J a, dans nos inscriptions, soit la valeur s'.w (voir au Vocabulaire), soit (une fois, inscr. 45
ci-après) la valeur mnjw.
2° Registres sdpérieur et moyen : scènes d'élevage.
Il reste peu de chose du premier: à droite, on voit un taureau qui saillit une vache, sous la surveillance d'un pâtre vêtu de la tunique bouffante, un bâton en mains; cependant trois hommes, dont deux portent le jupon court égyptien, maintiennent avec peine un autre taureau, l'empêchant peut-être de se jeter sur une vache dont on n'aperçoit plus que l'arrière-train. Toute légende a disparu. Les scènes, traitées à la manière classique, rappellent celles de certains tombeaux de la Moyenne-Egypte, Deir-el-Gebraoui ou Deshasheh, par exemple'"'.
Les sujets traités au registre moyen se rapportent à l'élevage, à la naissance des veaux, à la traite des vaches'-'; ils sont fortement inspirés, du moins en ce qui concerne l'attitude des animaux, des représentations analogues de l'Ancien et du Moyen Empire'^'; la physionomie et le costume des pâtres sont plus originaux, et les légendes descriptives sont, à ma connaissance, tout à fait nouvelles.
Un long texte court au-dessus du registre [inscr. 45j :
Les pâtres'*' accompagnant (leurs troupeaux) disent :*!tO notre maître, notre maître, viens, vois tes vaches, réjouis-toi de leurs petits (^méw-éy. Elles travaillent pour toi, [toutes, et'*'] tes greniers seront éternellement pourvus (du produit) de leur travail, dont tu disposeras selon ton désir'*'. 0 Grand des Cinq, maître des sièges, prophète Petosiris, n. im., ces choses sont pour ta maison {pr-k), éternellement, pour faire vivre quiconque viendra sur la route, n
Mnjww !>'î les pâtres derrière (leurs troupeaux) : si ou m s', suivi d'un complément (qui ici n'est pas exprimé ou a été oublié) signifie ff prendre soin de::, métaphore qui précisément, comme le remarque Gardiner( /?ecMeî7(^e frauffitta;, 34, 1912, p. 62), est empruntée à la vie agricole et rappelle le pâtre marchant derrière son troupeau.
^«««««^ V' désigne les vaches laitières; le même mot se rencontre à l'inscription 58,
1. 96, avec le déterminatif iM : ■«>^ iM ^^ y\ ""'^ ^^ — »- «tes vaches mettent au monde pour toi des veaux:?.
i-^*»';^^ fait allusion à tout passant qui recevra l'hospitalité dans la demeure de
Petosiris. Cf. inscr. 58, l. ^h : 111^'^X' ' '^^'^^V B.%
'" Deir el-Gebrâwi, I, pi. VII; Deshasheh, pi. XVIII. Cf. F. Hartmaniv, Uagriculture dans l'ancienne Egypte, p. 969 et p. 369.
'^' Tous les bovidés représentés sont à longues cornes et appartiennent à la race du bos AJricanus.
'^' F. Hartmann, ibid., p. 268 et 819.
'''' l| I pour s^ ! mnjww.
'=' Restituer : <=> \^ — I \] A !^ i ] *" ['"'■'(") '^] snwwt-k 'pr-lj.
'^' Littéralement : «pour que tu en (l'm) distribues selon ton désir (ou : à qui lu veux)».
A l'extrémité de gauche du registre, un homme, vêtu du jupon court, s'avance portant un veau dans ses bras; le veau tourne la tête vers une vache et un taureau qui le suivent, et que pousse un autre pâtre; celui-ci, enveloppé dans un court manteau, brandit un bâton de son bras droit tendu; il porte un sac sur l'épaule gauche et un paquet de cordes autour du coude.
Deux légendes sont gravées au-dessus de ce groupe. La plus brève indique où s'en va le troupeau [inscr. 46 (2)] :
Descendre pour manger dans les champs.
L'autre décrit parfaitement la scène représentée [inscr. 46 (1)] : Emmener le petit [s',) de la dorée devant celle-ci aux champs. Pousser*" ceux qui lui (?) répondent.
La dorée est le nom de la vache, ainsi désignée, sans doute, d'après la couleur de sa robe : de même, inscr. 46 (8), 1. 9. Ailleurs, les vaches sont appelées III «les belles»,
ou cries bonnes» : inscr. h& (7); ^8 (/i), 1. 1, 2; 48 (8). Une autre est appelée ^K^if* «la brillante», ou «l'utile» : inscr. 48 (7), 1. 1.
Le veau ne tourne pas seulement ses regards vers sa mère : il doit aussi mugir et l'appeler'^'. Celle-ci, et le taureau qui l'accompagne, lui répondent : wsbw (n)/(il faut nécessairement supposer la chute de n ou de r devant le suffixe/).
Suit une scène de vêlage : la vache a la tête dressée, la langue pendante; elle semble pousser un beuglement de douleur. Le veau naissant passe la tête; un pâtre le tire par les pattes '^^ Un autre pâtre, debout, appuyé sur son bâton, encourage son camarade. Tous deux sont vêtus de la tunique bouffante, à manches très courtes. La légende comporte le mot s/7t «délivrer», qu'on trouve dans les textes analogues''''; elle est, pour le reste, assez obscure [inscr. 46(3)] :
I <5) J pleine (? bkt pour èÂ;<>®'). Délivre son veau (bhs-s), qu'il ne soit ^ pas (tm-f) serré (?).
Peut-être est-il l'infinitif féminin de g-' (giw) qui aurait le. sens «être à l'étroit».
On exhorterait le vacher à hâter la délivrance pour que le veau ne soit pas étouffé au passage.
'" Le texte porte ^ ('^''7) et non pas f4 comme je l'ai imprimé par inadvertance, Deuxième Partie, p. 18.
'^' Cf. le texte du tombeau de Ti, expliqué par Erman, Reden, Rufe und Lieder, p. 29 : lass dies Kalb nach der Mutterkuh blôken.
'" Scène éminemment classique : Ptahhetep, I, pL XXVII; Ti, pL 118.
'*' Cf. Erman, op. laud., p. 3i.
'»' Au début, peut-être hv wn-t m. . .
l«' Pour la confusion de k et de k, cf. les mots bkt et bkU au lieu de blkt, Egypte, inscr. 62, 1. 3, et 81, 1. 5o.
Le Tombeau de Pelotirii, 1" partie. 9
Vient ensuite un des sujets le plus fréquemment repre'sentés par les décorateurs de tombeaux : la traite de la vache'"'. Légende générale [inscr, 46 (4)] :
Traire la récalcitrante '*'.
Le veau est attaché au cou de sa mère qu'un serviteur, accroupi, trait. Un autre pâtre, debout, vêtu de la tunique bouffante, élève, d'une main, un vase destiné à recevoir le lait, tandis que, de l'autre main, il tient l'extrémité d'une corde qui enserre les pattes de derrière de la vache peu commode. Sadressant à son camarade, il l'engage à bien assurer les liens qui retiennent la vache et à se hâter de la traire [inscr. 46 (4)] :
J Lie ses pattes et fais attention : ' ne tarde pas (m T) à la traire (?)'''.
La vache a enfin le loisir d'allaiter son veau; elle le lèche, pendant qu'il tette'*'. Légende [inscr. 46(6)]:
Allaiter son petit {s^s) après qu'on Ta traite.
Je ne sais s'il faut rattacher à ce groupe le pâtre, vêtu de la tunique bouffante, qui s'avance, tenant de la main gauche cinq volatiles et portant sur l'épaule une botte de paille au bout d'un bâton. Peut-être appartient-il au groupe suivant — deux vaches liées par les cornes, et suivies d'un petit veau, qu'un homme, portant sur l'épaule gauche une partie des ses vêtements (?), et tenant de la main droite l'extrémité de la corde qui relie ses bêtes, pousse vers une touffe d'herbes, figuration naïve du pâturage où elles se rendent. Légende [inscr. 46 (y)] :
I Descendre pour manger IherLe î dans ies champs, par ^ les belles
'" Pour les références iconographiques, cf. F. Hartmanh, op. laud., p. Sao.
'^' rht : sur ce mot, cf. Gardiner, Recueil de travaux, 33, 1911, p. 69.
''' C'est Mr. Gunn qui me suggère de joindre à J, qui termine la ligne 1, le — initial de la ligne 2, et de lire s',iv-i[j), pseudo-participe; littéralement : fflie ses pattes, faisant attention n. (Ce serait le seul exemple que nous aurions de ^ employé pour écrire la désinence tj du pseudo-participe, qui, partout ailleurs dans nos inscriptions, est exprimée par J, c=, \ et une fois, semble-t-il, par " .) — ■ Je crois qu'une autre interprétation encore est possible : trLie ses pattes, fais attention {slw); (car) elle ne se tient pas tranquille (tm 'h') quand on la trait [tw shr[wys)-n : une objection à celte traduction serait (au moins pour l'époque classique) l'absence d'un pronom suffixe après tm. Pour le sens que j'attribuerais à '//, comparer cette légende de The Tomb ofPaheri, pi. III (3° registre), observation adressée à un cheval qui se cabre : I" ' V"**"^ -^ «stand slill, be not disobedienti) (Griffith). — Quoi qu'il en soit, la traduction que j'ai donnée dans le Recueil Champollion, p. 85, est grammaticalement impossible, car, en aucun cas, s',w ne peut se construire avec la négation tm.
'*' Exactement comme dans Plahlietep, II, pi. XVII.
'*' Epithète des vaches, appelées nfrw «les belles i^ ; cf. ci-dessus, p. 65.
Le tableau se termine par une nouvelle scène de vêlage, imparfaitement conservée. Audessus est une légende qui semble plutôt se rapporter à la scène qui précède [inscr.46(8)] :
] Pâtres (nrw-fcu)'"), celui qui connaît sa magie J fait vivre ses dorées (les préservant) de (m) ^
La magie devait faire partie des connaissances d'un pâtre, car elle lui permettait d'écarter de ses bêtes tous maléfices. Le pâtre donc qui «connaissait bien sa magie»'-' [se' m ^hw) était en état de maintenir la prospérité parmi son troupeau.