CHAPITRE PREMIER
Lappellation tt Tombeau de Petosirisn n'est pas rigoureusement exacte : si Tune des deux parties dont se compose ce monument est consacrée au culte funéraire de Petosiris lui-même, l'autre est dédiée à son père et à son frère aîné, et la crypte renferme, entre autres sarcophages, ceux de sa femme et de son fils puîné. C'est donc à proprement parler un tombeau de famille, — mais construit par Petosiris, dont la renommée éclipsa d'ailleurs celle de ses parents, et dont le souvenir glorieux se transmit seul à la postérité.
Nous pouvons suivre pendant cinq générations l'histoire de cette famille, qui occupait un rang éminent à Hermopolis.
Les hommes portent tous''^ les titres de "V- et de TrrVr- Le premier signifie ffle
Grand des Cinq??, ou wle Premier des Cinq», dans la maison de ïhot ( -2^), par allusion au rôle prépondérant de Thot vis-à-vis des quatre autres dieux, ses assesseurs,
('' Exception faite pour les fils cadets de Sishou (voir ci-dessous, p. 4 et note 8); mais ce n'est qu'une exception apparente, ces personnages étant, faute de place, représentés de très petite taille, et leurs noms sommairement gravés (inscr. 86).
Le Tombeau de Petotirû, i" partie. i
adorés primitivement à Hermopolis''^ Le second signifie wle Maître des sièges r, plus exactement des deux sièges, le duel (qui tend à disparaître a la basse époque''^') étant ici remplacé par le pluriel, et la forme 4^ j-rL substituée à 4- jî;. Ces titres, que cite le texte géographique d'Edfou^^', sont connus, depuis la IV" dynastie ^*\ comme étant ceux du grand prêtre de Thot à Hermopolis, et nous les voyons portés par les nomarques hermopolitains du Moyen Empire, enterrés à El-Berchéh '^\ qui à leurs hautes fonctions civiles joignaient les dignités sacerdotales les plus élevées ^'^K II est cependant peu probable que tous les membres de cette famille aient été investis réellement des fonctions religieuses qu'im-
lilil in •! "T 1 • • r •
pliquent les mois "V-r et -f ^rj-r, et il y a heu de croire que ces titres étaient, au rnoins en certains cas, purement protocolaires : ainsi, pour le fils de Petosiris, Tholrekh, mort en bas âge, alors que l'office de grand prêtre de Thot pouvait être effectivement rempli soit par son père, soit par son oncle, soit même par son aïeul; ainsi, pour Petoukem, son petit-fils, qui porte ces titres en même temps que Téôs son père; ainsi encore, pour Peflaouneith, son beau-père, contemporain du père, ou du grand-père, ou même du frère aîné de Petosiris, qui avaient dû exercer sans interruption, à la suite l'un de l'autre, et de façon effective, les fonctions sacerdotales, quelles quelles fussent alors, correspondant aux titres de ^ Grand des Cinq» et «Maître des sièges".
Il semble donc que cette famille, qui, pour une raison que nous ignorons, ne se prévalait pas d'un titre héréditaire tel que — * ou ■ —''"'), ait voulu signaler la noblesse de son origine en parant chacun de ses membres, des le berceau, de titres religieux qui, en principe, désignaient un sacerdoce jadis réservé aux princes-nomarques d'Hermopolis.
'^' Maspero, Etudes de Mythologie et d'Archéohgie, II, p. 258. — Cf. i'étude de Sethe sur les titres commençant par tir, dans Aegypt. Zeitschrift , 55, 1918, p. 65.
(^' Voir par exemple au Vocabulaire les différentes graphies du duel-pluriel de "^ et de ^ .
('' Brvgscu , Dictionnaire géographique , p. i36i.
f*' E. DE RooGÉ, Recherches sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties, p. 62. — Ces deux titres se rencontrent d'ailleurs en dehors de Khmounou-Hermopolis, sous l'Ancien Empire : cf. Miss M. A. Murrat, Index of Names and Tilles, p. xix et p. xliv.
'^' Newberry, El Bersheh, 1, p. 6; II, p. 2 4-26, 3i, 33, li5. — Lacau, Sarcophages antérieurs au Nouvel Empire, n" 28091, 28092, 28099, 98123.
'*' Nous connaissons, postérieurement au Moyen Empire, un certain nombre de «Grands des Cinq?) : au Nouvel Empire, un '^— '3c.ll ^^ (stèle de Berlin, Aegypt. Inschriften aus den kôn. Museen, II, p. 60, n" 17021), et un Sfti^ [oushabti publié par Weill, Monuments Piot, XXV, p. USi); à l'époque saïte, un iH V ,^^ (oushabti du Musée du Caire, Journal, n" liSo-j-j; autres statuettes identiques dans le commerce), et un ^T-^^^j^k (sarcophage du Musée du Caire, Journal, n° iSogy : cf. Weill, Recueil de travaux, 36, 191^, p. 90); plus tard encore, deux autres personnages dont il sera question ci-après, p. 5 et 6.
'" Ces titres se rencontrent cependant, même à la basse époque, portés, nous ne savons non plus pourquoi, par d'autres tf Grands des (^inqn des périodes saïte et ptolémaïque, tels que le Thotiritis cité à la précédente note, et les deux personnages à peu près contemporains de Petosiris, qui sont mentionnés ci-après, p. 5 et 6.
Première génération. — L'aïeul de Petosiris est V^ I rR, "^ i^ I "^ rrle Grand des Cinq, maître des sièges dd-(lliwtj-l(w)-f-'nh v . Ce nom propre, que je transcrirai Zedthotefankh, appartient à une catégorie de noms théophores, qui apparaissent au début de la XXIP dynastie et deviennent fréquents à l'époque saïte'" : la signification en est «Tel dieu (ici, Thot) parle, — et il vit (celui qui porte ce nom)». Sa femme est i^-4— ' ^ *5^ (^ '""^ tfla dame tl-dj-kmv (Tatoukem), «celle qui est un don du Taureau noir f^' 55. Il est fort possible que ce personnage ait été effectivement grand prêtre de Thot, mais nous ne savons rien de précis à son sujet. Il est nommé, sans plus, dans les textes qui mentionnent la filiation du père de Petosiris.
Seconde génération. — Le fils du précédent est le %-. ^ J^, JS I V j '*' : le signe .y^ n'a pas ici sa valeur ordinaire sjl, mais équivaut à s, comme le prouve cette variante gravée sur le sarcophage en pierre de Petosiris (inscr. l/i7, 1. 2) ^ f V M^^ ^t qu'on retrouve dans la graphie erronée 3)f J^ J ( [ P°"^ ' — \) ^^ l'inscription 88, 1. 2. La forme correcte du nom est donc ns-sw ff celui qui appartient à Shou'*'55, mais, comme il arrive fréquemment à cette époque, elle est pour ainsi dire partout réduite à s-sw. Comment ce nom abrégé se prononçait-il? Les transcriptions grecques des noms théophores du même type hésitent entre deux formes : à côté de ZpLÏvis et de ZêevSfJTis, par exemple, on rencontre Èaiiïvii et ÈcrêevSiÎTis^'^'^; s-sœ pouvait donc se prononcer s°-sw ou 's-sw. On trouvera ce nom transcrit ici, de façon très approximative, Sishou. Je ne sais si le dieu Shou recevait, à cette époque, un culte spécial à Hermopolis, mais les légendes relatives à la création rapportent qu'au sortir du chaos il était monté sur la fameuse hauteur de Khmounou, pour soulever la déesse Nout et la séparer de Geb'''; il n'est donc pas surprenant que son nom entre, à Hermopolis, dans la composition d'un nom théophore.
<" Steindorff, Aegypt. Zeitschrift, 27, 1889, p. 4i. — Un exemple isolé à la XX° dynastie, ibid., 3o, 189a, p. 5o.
C^) Variante ^^...--îmij (inscr. 85, 1. h).
'" Le taureau noir est une forme d'Horus, adoré à Alhribis. Cf. Chassinat, Recueil de travaux, 38, 1916, p. 38.
'*' Autre graphie fréquente jsi J, sans \.
(^' Ce nom se rencontre dans un papyrus démotique de Thèbes, du m' siècle : Griffith, Catalogue of the Demotic Papyri Ri/lands, III, p. 264 (papyrus iU, verso 5). Sur un sarcophage de basse époque de Vienne, se lit le nom plus compliqué ns-sro-</n( (Liebleix, Dictionnaire, I, loig).
(*' La voyelle d'appui peut être à : cf. kasvéd [Genèse, lu, 45), transcription de ns-nt ttcelle qui appartient à Neithii.
"' Maspero, Histoire, I, p. 128, note 4, et p. i46.
La femme de Sishou est I \ -(vj'"' nfr-mpt^-^ (Nofritrenpet) : ce nom, qui signifie cr bonne année», est à rapprocher de mots de formation analogue, comme par exemple nfr-prt rrbon hiver'^'». Nous ne connaissons de cette dame que son titre de musicienne, ou prêtresse, de la déesse Nehmetâouai (inscr. 61,1. 7)'*'.
Sishou dut exercer réellement les fonctions de grand prêtre de Thot, car il se flatte d'avoir, plusieurs années, administré le temple du dieu <^ iniih — ■> ayant été désigné à ce poste parle Roi (L sic j inscr. 69, 1. 10, =1=0 inscr. 90, 1. 1 et 9). Il était en outre «r second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, phylarque de la deuxième classe sacerdotale des temples d'Hirourt et de Neferoust». Ces deux villes (dont le nom, à l'époque classique, est hrwr et nfrwsy^\ célèbres par le culte de Khnoum et d'Hathor, étaient voisines d'Hermopolis, et situées probablement dans les environs de la moderne Balansourah '®'.
Troisième génération. — Sishou eut cinq fils et quatre filles.
L'aîné des fils ( ^|^ ^"^ j porte le même nom que son grand-père : | 3^ I û ddd1iwtj-t{wyj-nh (Zedthotefankh). Ses titres sacerdotaux sont exactement ceux de Sishou, dont il semble avoir directement hérité la charge. Il dut mourir assez jeune, sans postérité (car mention n'est faite nulle part de sa femme ou de ses enfants). Une moitié de la seconde salle du tombeau est consacrée à sa mémoire. Le Musée de Turin possède un fragment de son cercueil en bois'''.
Le puîné (^1^ "it-^j est Petosiris, dont nous reparlerons ci-après.
Les deux cadets, qui figurent et sont nommés'^' une seule fois dans une scène familiale (inscr. 86), s'appellent l'un ■■3)%. ^^Sj^ p-hrd-l{h)t (Pekhrotaht), «l'enfant de la vache Aht»; l'autre JT) ^^ dd-Iir^^^ (Téôs), rr celui qui a un visage expressif (?)». Nos inscriptions ne nous apprennent rien à leur sujet.
Du dernier des fils le nom même a disparu (inscr. 86).
(" Autres graphies = | { (j > | - { ;J •
'*' Cf. ci-après, p. 7, le nom rnpt-nfr.
'*' Ainsi, Sethe, Urkunden, IV, 25, i5.
'*' Sur cette déesse, dont le culte était associé à celui de Thot, cf. Botlan, Thoth, p. 908. — On trouvera ci-après, deux fois répété, le nom ihéophore ns-nhmt-w'j.
'*' Comme on le verra au Vocabulaire, notre scribe transforme généralement les noms de lieu masculins en noms féminins, par Tadjonction d'un ^ en finale.
'*' Cf. Daressï, Annales du Serv. des Antiquités, XVIII, p. 53.
'" G. Lefebvre, Annales du Serv. des Antiquités, XX, p. 207.
^*' D'ailleurs très brièvement; ce sont eux dont, par exception, les noms ne sont pas précédés des titres r Grand des Cinq, maître des sièges n.
'" Ce nom, que porte le second roi de la XXX' dynastie, est fréquent aux iv' et m" siècles.
L'aînée des fiHes (jij^^^) est ^^^^2;^ ns-nhmt-wlj (Nesnel;melàouai), «celle qui appartient à la déesse Nehraetâouai??.
Les trois cadettes (^^ >— ) s'appellent : ^zaffi'j^ thn (Tehen), rria brillan-
tew''); — jj%!^rj «'-«'''' (Sitourit), «la grande Isis»; — -§- J^^^rJ *^'" irt-bn (Stairitben), «celle qui écarte le mauvais œil'^^n.
Quatrième génération. — Petosiris eut de son épouse Renpetnofrit, fille d'un certain Peftaoïineith (Grand des Cinq) et d'une dame Sitourit'^', deux fils et trois filles.
Son fils aîné est le ^^f qq*71 !^ -^'^^ (Téôs). Nous le voyons, à l'inscription 61, rendant hommage à ses parents; et c'est lui qui, dans la scène du sacrifice funéraire (inscr. 82), remplit les fonctions de M y devant son grand-père Sishou.
Son fils cadet J5i e S^ dhwtj-rh (Thotrekh), rrle connu de Thotr, mourut jeune, étant encore un X °b° jJ) (inscr. 56), ce qui n'empêche qu'il portait déjà les titres de "^^•l- Nous avons retrouvé l'un de ses cercueils (inscr. 151-152).
Les trois filles sont, l'aînée : j |'ttt'(^ *'('^ (Tehen), «la brillante::; les deux cadettes : s=X rj|*(vj th-î',w'^. (Tehiaou), r celle qui réjouit la vieillesse (?)", et \ w £\ %^ ns-nhmt-w'j (Nesnehmetâouai), «celle qui appartient à la déesse Nebmetâouai:?.
Cinquième génération. — Le fils aîné de Petosiris, Téôs, eut, d'une épouse qui n'est pas mentionnée, un fils (qui forme la cinquième et dernière génération connue de cette famille) : le Grand des Cinq, maître des sièges ^*ÎWÇ*j^ p-dj-km (Petoukem), «don
du Taureau noir::, dont le nom rappelle celui de la mère de Sishou. Il ne figure d'ailleurs que dans l'inscription 61.
Peut-être est-il possible de compléter, à l'aide d'autres documents, ces renseignements biographiques. J'ai vu dans le commerce, il y a quelques années, un couvercle de cercueil en bois, qui doit se trouver maintenant au British Muséum. On y lit, gravée en sept lignes verticales, une partie du chapitre 78 du Livre des Morts, que précèdent les titres, le nom
et la filiation d'un Grand des Cinq : *^, — ^ ^* uni 4 ^ • • • "1 1 V TT, ^^ ' I -^
1 » — T * a« j I "" J . Ce Grand des Cinq , qui porte le nom de Irt-hr-r-w « l'œil
d'Horus est contre eux::, et qui est qualifié de rp't h'dj-\ est donc fils de Zedlhotefankh et de la dame Tatoukem, tout comme notre Sishou, père de Petosiris. Je considère comme
") Cf. ] I "^ pj ci-après (quatrième génération). — Ce nom, sur un sarcophage de basse époque, de Vienne : LiEBLEO, Dictionnaire, I, loig.
1^' Sur ce nom, de basse époque, cf. Spiegelberg, Recueil de travaux, 17, 1896, p. 98; Gardiker, P.S.B.A., XXXVIII, p. i3o.
''' Voir ci-après, p. 7.
extrêmement probable que c'est un frère de Sishou, un oncle de Petosiris. Le nom du même personnage, accompagné des mêmes titres, se rencontre encore sur une planche de cercueil conservée au Collège français des Frères du quartier Khoronfiche, au Caire : il y est
orthographié i ||k,*^*V|"
D'autre part, le Musée du Caire possède un couvercle de sarcophage en pierre, apporté de Tounah en 1911 (Journal, n° ZiBogS), qui est au nom d'une dame ^^k^ ' ^^'^ff^
. CI V.-dj-p',-hm (ïatoupakem), rr celle qui est un don du Taureau noir:?. Or, cette Tatou-
pakem est fille du -^ ^^^ "° \ s ■ ^)4St*^^ et de la dame '-^ jçl % J'
Pekhrotaht est, nous le savons, le nom d'un frère de Petosiris, Nesnehmetâouai le nom d'une de ses sœurs et celui d'une de ses filles. Il se pourrait donc que Tatoupakem fût une nièce ou une petite-fille de Petosiris; mais c'est là une simple hypothèse ''^
En nous en tenant exclusivement aux renseignements fournis par les inscriptions du Tombeau, l'arbre généalogique de cette famille sacerdotale doit donc être dressé de la façon que voici :
Zedthotefankh = Tatoukem.
Grand des Cinq, maître des sièges.
Sishou = Nofritrenpet. { Peftaouneith = Sitourit.
Grand des Cinq, Grand des Cinq,
maitre des sièges. maitre des sièges.
Zedthotefankh. Petosiris = Renpetnofrit. Pekhrotaht. Téôs. X... Nesnehmetâouai. Tehen. Sitourit. Stairitben.
Grand des Cinq, Grand des Cinq, maître des sièges, maitre des sièges.
Téôs. Thotrekh. Tehen. Tehiaou. Nesnehmetâouai.
Grand des Cinq , Grand des Cinq , mattre des sièges, maitre des sièges.
Petoukem.
Grand des Cinq, maitre des sièges.
Telle est la famille de Petosiris.
Son nom , p-dj-ws-îr « don d'Osiris », est généralement écrit i T , mais il se rencontre
aussi sous les formes i 1 M^' Ail®'' i^Aj T ^^ ^^'^^'' ^^ surnom qui, sur le
'*' Remarquer en particulier que Pekhrotaht est ici qualifié de h'tj-\ titre que ne porte pas le frère de Petosiris, non plus que les autres membres de la famille, connus par nos inscriptions. L'identification reste donc douteuse. (Le sarcophage de Tatoupakem est publié dans Annales du Serv. des Antiquités, XXIII, p. 229).
couvercle de son cercueil inte'rieur (inscr. U8, 1. 9), est ëcrit -f^l J 'nh-f-hnéw (Ankhefkhonsou), frKhonsou est sa vie»; ailleurs il est abrégé en ® ® 4= J-
Comme je l'ai mentionné ci-dessus, Petosiris avait épousé la dame Renpetnofrit 1 "î J »WjP'-»!/J'"' «bonne année 75, issue sans doute d'une branche de sa famille, car eii avait pour père elle aussi un ce Grand des Cinq, maître des sièges'^, " ^'^^''r*^;/ilw-nt (Peftaouneith), ce son souffle c'est Neith'^*^; sa mère était '**' JI ^ ^l-rort (Sitourit), «la grande Isis^''». Nous avons mentionné plus haut les enfants issus de ce mariage.
Petosiris était un personnage considérable. Civilement, après la mort de Zedthotefankh , son aîné, il était devenu le chef de la maison, l'héritier de tous les biens de son père ^ A>««<A--— ^^ (inscr. 81). Il avait recueilli également la succession des fonctions religieuses de ce dernier, auxquelles il avait ajouté plusieurs autres sacerdoces. Voici, d'après le texte 8 1 , sa titulature :
«Son fils puîné, son aimé, maître de tous ses biens,
le Grand des Cinq, maître des sièges,
grand prêtre, voyant le Dieu dans son naos,
portant son maître, suivant son maître, pénétrant dans Yadylon,
exerçant ses fonctions (sacerdotales) en compagnie des grands prophètes,
prophète de l'Ogdoade, chef des prêtres de Sekhmet,
chef des prêtres de la troisième classe et (de ceux) de la quatrième classe,
scribe royal comptable de tous les biens du temple de Khmounou,
second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust,
phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt et (de celui) de Neferoust,
prophète d'Amon-Rê, des dieux et des temples (de la ville (?)),
Petosiris, nb-imlh, surnommé (An)khefkhonsou, né de la dame Nofritrenpet , j. v. »
Ces titres, pour nombreux qu'ils soient, n'épuisent pas cependant la série des fonctions sacerdotales qu'exerça Petosiris. Le poste le plus éminent qu'il occupa, sept années de suite, est celui de '^ .. .. M^«r --^ «procurateur de Thot». Ce terme de «procurateur» ne traduit sans doute que d'une façon très imparfaite l'expression mr m, transcrite par les Grecs Xeawvrjs : car ce sont surtout les textes des inscriptions et des papyrus grecs qui mentionnent cette charge, malheureusement sans la définir jamais d'une façon précise''*'. Nous pouvons affirmer en tout cas que celui qui la détenait était un fonctionnaire
<" Nom fréquent dès l'Ancien Empire : cf. Sethe, Untersuchuvgen , II, p. 9 3. On noiera que c'est le même nom que nfr^npt (ci-dessus, p. h), mais les éléments en sont intervertis.
'^' Est-ce une abréviation voulue du nom habituel pf-t',w-(lj-nt (fson souffle est un don de Neilhn?
'" Même nom, ci-dessus, p. 5.
(*' Spiegelberg, Der Titel AESilNIS, dans Recueil de travaux, ait, 1902, p. 187-189; Gardinef, ibid., 2G,
sacerdotal : Petosiris dtait prêtre, grand prêtre, chef de prêtres. Et il ne paraît pas s'être borné, en sa qualité de mr m, à servir d'intermédiaire entre les desservants d'un sanctuaire et l'administration civile; il avait, en fait, la haute main sur tout le corps sacerdotal et il s'intéressait de façon active à la prospérité matérielle du temple de Thot : «Quand j'exerçai, dit-il''', les fonctions de Xecrœvrjs de Thot maître de Khmounou, je fis que le temple de Thot fût conformément à son état d'autrefois; je fis que toutes choses y fussent rétablies, et que tout prêtre (retournât) à sa fonction. J'accrus l'importance de ses prêtres, je magnifiai les horaires de son temple, j'exaltai tous ses serviteurs, je donnai une consigne a ses desservants. Loin de soustraire de son temple les offrandes, je remplis ses greniers d'orge et de froment, et son trésor de toutes bonnes choses. J'accrus ce qui s'y trouvait auparavant, au point que tout homme de la ville m'adressa ses félicitations. Je donnai de l'argent, de l'or, toute sorte de pierres précieuses véritables; je fis plai.sir à ses prêtres; j'exécutai aussi toute espèce de travaux dans le sanctuaire, et mon cœur s'y complaisait. Je rendis sa splendeur à ce que j'avais trouvé manquant en sa place, et je remis en état ce qui était en souffrance auparavant et ne se trouvait plus en sa place, v
Le X£(7a)vrjs de Thot était donc en quelque sorte le vicaire du dieu sur cette terre. Jamais Xeawvrjs ne s'appliqua autant que Petosiris à remplir sa mission et à contenter son maître : les preuves de sa piété abondent, et toutes les inscriptions vantent sa fidélité envers son dieu, son zèle à restaurer la religion, à relever les temples détruits, à construire de nouveaux sanctuaires, à les enrichir, à donner aux prêtres la sécurité et le confort.
Thot, en retour, ne lui ménagea pas ses faveurs : il lui accorda — vœu suprême de tout Egyptien — rr d'arriver à la ville d'éternité», après avoir transmis sa charge et ses dignités à ses enfants. Cette récompense ultra-terrestre n'était d'ailleurs que la conclusion naturelle d'une existence heureuse, passée dans l'opulence et comblée des bénédictions de Thot. Une foule de petites divinités, Akhel, Khenemet, Sekhet, Neper, Shesemou, avaient veillé à son bien-être et satisfait tous ses désirs : il possédait des terres, des vergers, des vignes; ses greniers regorgeaient de céréales; le bétail abondait dans ses écuries; ses bateaux voguaient sur le Nil; la chasse, la pêche, le jeu, la musique charmaient ses loisirs.
Ce grand prêtre menait la vie d'un prince. A divers indices on peut le soupçonner d'avoir joué, dans un domaine sans doute restreint, un rôle qui n'est pas sans rappeler celui de ses ancêtres les nomarques hermopolitains du Moyen Empire. Il tenta même de se donner, probablement à la faveur des circonstances politiques, les apparences de la puissance royale. Décrivant les calamités qui désolèrent l'Egypte sous le règne des «étrangers», et exaltant son propre rôle de restaurateur de la religion à Hermopolis, il n'hésite
190Ù, p. 16; WiLCKEN, Archiv f. Papyrusjorschung , II, p. i22-i93; Otto, Priester und Tempel, II, p. 3i3; Bouché-Leclercq, Hist. des Lagides, III, p. 219 et 3o4; Houssel, Revue Etudes grecques, 1916, p. «73-180. W Inscr. 81,1. 33-46.
pas à reprendre pour son compte, après Hatshepsout, Toutankhamon, Ramsès III, ce que M. Weill a appelé «\e thème classique du désordre et du roi sauveur 75^'', et à s'approprier des discours que seuls jusqu'alors avaient été censés prononcer des souverains légitimes de l'Egypte. On le voit, sur la façade du tombeau, faisant des offrandes à Thot, à Osiris, Isis, Nephthys, Sokaris, et célébrant, en l'honneur des dieux, des rites qui étaient le privilège exclusif des rois^^'. A l'instar des pharaons, -^il tend le cordeau, il déroule la ligne pour jeter les fondations» des temples. 11 va jusqu'à faire suivre son nom de l'épithète royale «vie, santé, force» 'f' | l'^l De son vivant enfin, et par ses ordres, des artistes choisis lui construisent un tombeau qui mériterait le nom de temple funéraire, et le cercueil où reposaient ses restes n'est comparable, par sa beauté, l'originalité et la perfection de sa technique, qu'à un cercueil de roi.
La légende s'empara vite d'un tel personnage. Un demi-siècle à peine après sa mort, on lui rendait des honneurs quasi divins, comme on en rendait à Imhotep, à Téôs-l'Ibis'*', à Amenhotep fils d'Hapou'^^, ces cr sages» parmi lesquels Petosiris avait pris rang. Un Grec, quelque peu lettré, ayant visité son tombeau, ou, comme disait un de ses compatriotes, son rr temple» (^lepôv), laissa sur une colonne de la façade ce curieux témoignage de sa piété :
«J'invoque Petosiris, dont le cadavre est sous terre, mais dont l'âme réside au séjour des dieux : sage, il est réuni à des sages^^K »
Petosiris devait-il ce nom de sage (^aoipàs) à ses connaissances philosophiques, religieuses, scientifiques? Nous l'ignorons : aucun de nos textes ne fait la moindre allusion à la «sciences de Petosiris. L'ingénieuse hypothèse de Spiegelberg ''\ tentant d'établir un rapprochement entre le grand prêtre de Thot, dont nous avons retrouvé le tombeau, et l'énigmatique astrologue Petosiris'*', est, pour le moment du moins, sans vérification possible.
'" R. Weill, Lajtn du Moyen Empire égyptien, I, p. 87 et sujv.; Journal asiatique , igaS, p. 118.
l'^' Le roi est le soigneur des sacrifices nb îr Iht.
'^' Sans doute, la formule •?• i ^ peut s'employer après le nom de simples particuliers, dont on veut dire qu'ils sont encore en vie, ou à qui l'on souhaite bonne santé (Sethe, Urkunden, I, i3o, 2, 17, à propos du nain ramené par Hirkhouf; Conte du Naufragé, 1. 189, à la suite du nom du scribe; Griffith, Kahun Papyri, pi. XXVII à XXXVIII, formule de politesse). Mais dans les onze cas où l'on rencontre cette épilhète accolée au nom de Petosiris (voir au Vocabulaire), l'intention est tout autre, et il ne me paraît pas douteux que ^ | p ne soit ici un emprunt au protocole royal.
^*' Cf. Sethe, Untersuchûngen , II, p. 96 et suiv,
f^' Sethe, dans Festschrift fiir Georg Ebers, p. 107.
16' Voir au chapitre suivant, p. ai, le texte de ce distique grec, qui date du milieu du m' siècle.
"' Spiegelberg, Eine neue Spur des Astrologen Petosiris, dans Sitzungsberichte der Heidelberger Akademie, 1922.
(»' Cf. E. RiESS, Nechepsonis et Pelosiridis fragmenta magica (Philologus Suppl., Bd. VI, 1891-1893, p. 325).
Le Tombeau de Petotirit , i " partie. *
Je n'ai fait encore aucune allusion à l'époque où vécurent Petosiris et sa famille.
On ne trouve sur les raurs du tombeau ni date, ni cartouche royal, ni nom de souverain, aucun élément enCn qui indique par lui-même et de façon sûre l'âge du monument.
Un coup d'oeil sur le Vocabulaire, la lecture rapide d'une quelconque des inscriptions, l'étude des noms propres, la comparaison avec des textes tels que l'inscription de Zedher le Sauvenr^^\ la w Stèle de Naples '"-^ :? , la «Stèle du Satrape ''^i^, permettraient d'assigner a prion la rédaction de nos inscriptions à la période qui s'étend de la chute du second empire persan (33 2) au début du règne officiel de Ptolémée Sôter(3o5). Le tombeau lui-même cependant ne peut guère avoir été construit que dans les toutes dernières années du iv" ou au début du m'' siècle, étant donné la forte influence grecque qui se manifeste, comme nous le verrons, dans le style et la technique des bas-reliefs décorant les parois. Un fait certain est que, vers le milieu du m* siècle, on venait déjà visiter le tombeau comme un lieu de curiosité ou de pèlerinage : car telle est, à n'en pas douter, la date de l'invocation au sage Petosiris, que j'ai citée ci-dessus.
Ces premières données peuvent être précisées : certains passages des inscriptions biographiques nous permettent de serrer de plus près la question et de fixer, au moins approximativement, l'époque où Petosiris était Xecrwvr]? de Thot. Dans la grande inscription 81 (1. 2 6-33), il s'est plu en effet à décrire la situation de l'Egypte au moment où il prit possession de cette charge importante : t Je passai sept ans comme Xecrœvrjs de ce dieu, administrant ses biens, sans que fût trouvée de faute (dans ma gestion), alors qu'un roi des pays étrangers ( | -* îj '^•*^) ^''<ï*' ^^ puissance^'^^ sur l'Egypte. Et il n'y avait plus rien qui fût en sa place d'autrefois, depuis que des luttes se déroulaient dans l'intérieur de l'Egypte, le Sud (du pays) étant dans l'agitation et le Nord en état de révolte. Les hommes marchaient dans l'égarement, il n'y avait plus de temple qui fût à la disposition de ses desservants, et les prêtres étaient éloignés (des sanctuaires), dans l'ignorance de ce qui s'y passait '*l 75
De même, à l'inscription 59, 1. 2 , il dit : -rJ'ai exercé les fonctions de Xzaâvt]? de Thot
'" Daresst, Annales du Sert, des Antiquités, XVIII, p. 1 13, et XIX, p. 66.
(2' Sethe, Urkunden, II, i.
i'* Sethe, Urkunden, II, ii.
(''' 5|^f ^, littéralement «était en qualité de nd^n. Les passages des inscriptions 59 et 62, cités ci-après, ne laissent pas de doute sur le sens de cette phrase, qui indique que le roi étranger avait effectivement en mains l'administration de l'Egypte. Il n'est pas certain que ndtj appartienne à celle des racines nd qui signifie f défendre, protégerr; en tout cas, s'il en était ainsi, il faudrait admettre que le mot est employé ici, par une sorte d'euphémisme, au sens de « protecteur n, — protectorat impliquant occupation territoriale. (La traduction iten puissance sur l'Égyptei) est de R. Weill [Journal asiatique, 1928, p. 1 21].)
15) Plusieurs mots de ce texte sont d'une traduction incertaine.
maître de Khmounou, pendant sept ans, (^alors que) des hommes [venm) des pays étrangers (^^^^,, ^ ,„) gouvernaient ÏEgypte-n, et à l'inscription 62, 1. 3 : rJe passai sept ans comme XsaMvrjs de Thot maître de Khmounou, faisant toutes choses excellemment dans son temple . ... : des hommes (^venus) des pays étrangers y . *^^' ) gouvernaient (alors) l'Egypte^. Ailleurs encore il rappelle «qu'on n'avait exécuté aucun travail (dans le temple de Thot), depuis que des étrangers ( ^ J étaient venus et avaient envahi l'Egypte v (inscr. 59, 1. 3).
Cette domination étrangère — marquée par des calamités dont le récit permet à Petosiris de se poser en restaurateur de la religion, à l'instar des Pharaons'*' — correspond évidemment à un fait réel, historique. Il s'agit, selon moi, de la seconde domination persane, qui commença en 3/i2 à la chute de Nectanébo II et se termina en 339 après les victoires d'Alexandre. C'est alors qu'Ochos et Bagoas profanèrent et pillèrent les temples d'Egypte''^); c'est à cette époque aussi que se place la révolte de Khababisha'^'. Sous la domination de ces «étrangers s (^h'Jtjiv), l'Egypte connut donc des jours sombres, et le récit de Petosiris repose certainement sur un fond de vérité.
L'identification que je propose a été contestée par von Bissing, qui veut voir dans le I .* Pj ^^ de notre inscription 81, non pas un roi perse, mais Philippe Arrhidée, et qui pense que les désordres intérieurs, auxquels fait allusion Petosiris, correspondent aux luttes que se livrèrent les diadoques pour la possession de l'Egypte'*'. Le titre officiel de Philippe Arrhidée, dit von Bissing, est précisément hjji', h'Jwt «roi des pays étrangers». Ceci n'est pas tout à fait exact : hkl kswt est simplement le nom de nebtj de ce prince, et on ne le rencontre (une seule fois d'ailleurs'*') que comme élément d'un protocole beaucoup plus complet; quand ce protocole est volontairement abrégé, quand il se réduit à un seul élément, c'est le nom de Philippe qui sert alors à désigner le successeur d'Alexandre''^'. D'autre part, s'il est vrai, comme le dit encore von Bissing, que, dans la Stèle du Satrape, jamais le roi perse n'est appelé hk', h'éwt, rien ne s'opposait à ce qu'on l'appelât de ce nom : la Stèle de Naples en effet donne au roi perse, sinon ce titre, du moins un titre analogue : \ ■'^ '-•-' (Sethe, Urkunden, II, 3, i6)'^'; et est-il besoin de rappeler que, dix siècles plus tôt, d'autres rois, originaires eux aussi de «pays étrangers», avaient pour unique titre ^-*'-*-'5 tels le rrHyksos» Samken ou le frHyksos» Ant-har'*'?
"' Voir ci-dessus, p. 8-9.
'^' WiEDEMANN, Aegypt. Geschtchte, II, p. 719.
'" H, Gauthier, Le Livre des Rois, IV, p. igS, note 2.
(»' H. Gauthier, Le Livre des Rois, IV, p. 206, 8 XI : ^^^^:^- Sans doute ce titre indique-t-il qu Arrhidée régnait sur les peuples de toutes races englobés dans l'empire d'Alexandre.
(«' Ainsi, en dernier lieu, sur la statue de Zedher : JJ^Î! {Annales du Serv. des Antiquités, XVIII, p. i4o).
(" Darius, sur la 5totorfM /VaopAore (1. 36), est appelé f^'^'^^ 'ZZJ^O'
'*' H. Gauthier, Le Livre des Rois, II, p. i38.
Le nom de frroi des pays e'trangersw peut <rautant mieux, ce me semble, être attribué à Ochos ou à Darius-Codoman, que la borde des envahisseurs est toujours de'signée ellemême du nom dV étrangers ?5 h'Mjw, ou «bommes des pays étrangers» rmtt kéwl. Cette épitbète, déjà peu flatteuse, s'aggrave encore du fait que ces étrangers sont représentés comme des barbares qui ont mis à sac l'Egypte et détruit ses sanctuaires les plus vénérés. Or, les inscriptions du Tombeau ont été vraisemblablement rédigées au temps du premier Lagide, encore satrape ou déjà roi. Imagine-t-on que Petosiris, imbu de la civilisation bellénique et apparemment désireux, comme son contemporain Somtoutefnekht''\ de s'acquérir les faveurs des nouveaux maîtres de l'Egypte, aurait commis l'imprudence d'assimiler à un vil rrHyksosTj un roi de la famille d'Alexandre, et d'imputer à des Macédoniens les désordres sacrilèges qu'il se flatte d'avoir réparés au cours de sa Xecrcôveia,! N'avait-il pas plutôt l'intention de souligner la gravité des méfaits causés par la race abhorrée des Perses, pour faire ressortir, par contraste, la sage politique des Lagides, si bienveillants à l'égard des indigènes et si respectueux de leur religion?
Je pense donc, en définitive, que Petosiris entra en possession de la charge de XeawvTijs sous la seconde domination persane (laquelle prit fin en 882 ). Il peut avoir vécu encore quelque cinquante ans et avoir atteint les dernières années du règne de Ptolémée Sôter (285). C'est au déclin de sa vie qu'il aurait, sinon édifié, du moins fait décorer la chapelle funéraire de son père et de son frère aîné, puis construit la première salle du tombeau réservée à son propre culte, donc aux environs de l'an 3oo.
Le frère aîné de Petosiris, Zedthotefankh, et son père, Sishou, ont dû vivre sous la dernière dynastie indigène, celle des Nectanébo, entre 38o et bks; notons que, quand ils parlent l'un et l'autre du Roi, ils emploient le mot nsw, qui désigne bien un Pharaon (inscr. 69, 1. 10; 90, 1. 1 et 9; 102, 1. A'^'), tandis que Petosiris, pour désigner celui qui détient indûment le pouvoir, se sert (en dehors de l'expression hkl n kswt) des mots hkl n kmt^^l Quant au vieux Zedthotefankh, le grand-père de Petosiris, c'est probablement au delà de la XXX'' dynastie qu'il faut placer sa période d'activité sacerdotale.
Le petit-fils de Petosiris, Petoukem (fils de Téôs), a certainement connu le règne de Ptolémée III Evergète.
f" Le héros de la k Stèle de Naples».
'*' Les autres emplois de nsw sont les suivants : inscr. 60 (de caractère religieux), 1. 18 Kun RoÎt), 1. 19 «le Roi de ThèbesT.; inscr. 66, 1. 2 trie Roi du ciel 57; inscr. 106, 1. 16 «fun Roi d'Egypte d'autrefois 1. Il semble même qu'il y ait une allusion à l'un des tout derniers souverains légitimes de l'Egypte dans cette phrase de l'inscription 106, 1. 1 6 «quand le Roi [nsw) était (encore) dans son palais^. — On remarquera encore que seul Sishou se sert des mots J ^ «Majesté royale» et \K «Roi de Basse-Egypte n (inscr. 90, 1. 1 et 9).
'^' Comparer ces deux phrases :
inscr. 69,1. 10 : Sishou ■=* fî P <^ s,» ^ „c J {hrnsw);
inscr. 81, 1. 87 : Petosiris -=-| ÎPrT^^^^ | J%^q {hr hkl n kmt).