CHAPITRE VI
La décoration de la porte donnant accès à la chapelle comprend : une inscription sur chacun des montants est et ouest (n"' 5/i et 53); deux inscriptions sur le tableau est de l'embrasure (n°' 55 et 56); une inscription sur le tableau ouest (n° 57).
A vrai dire, seules les inscriptions des montants appartiennent encore au pronaos; les trois autres inscriptions peuvent être considérées comme faisant déjà partie de la chapelle, et relèvent soit de la travée de Sisbou (n°' 55 et 56), soit de la travée de Zedthotefankh (n° 57).
A. Les deux inscriptions des montants comportent chacune quatre lignes verticales, qui mesurent a m. 38. La première (montant est) est une série de proscynèmes à Rê-Horakhti, le soleil levant ''\ à Osiris-Khentamentit, à Anoup et à Thot sous sa forme d'Osiris ribis [inscr. 54] :
] Offrande royale à Rê-Horakhti, dieu grand, maître du ciel, au plumage bariolé, quand il se lève à l'horizon, pour qu'il accorde le resplendissement dans (n) le ciel auprès de lui, la puissance sur la terre auprès de Geb, le triomphe dans l'autre monde (^hrt-ntr), — au Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, n. im., après (sa) mort'^'.
î Offrande royale à Osiris-Khentamentit, dieu grand, maître d'Abydos (^Ibdl), pour qu'il accorde (la faveur) d'aller et venir dans l'autre monde, de respirer [snsn m) les parfums et l'encens, de se rafraîchir avec du vin, du lait, de l'eau, - — • au Grand des Cinq, etc.
^ Offrande royale à Anoup, qui réside dans la salle divine, pour qu'il accorde (la faveur) d'aller et venir dans la salle de la double Maât, sans en être écarté, d'être embaumé excellemment [r nfr) par le travail (m k\t) du Taricheute {wjlj), — au Grand des Cinq, etc.
\ Offrande royale à Osiris l'Ibis, qui réside dans ce cimetière [stM), pour qu'il accorde un repas funéraire, pain, bière, bœufs, oies et toutes bonnes choses, pures, douces et agréables, qui sortent sur son autel, éternellement, — au Grand des Cinq, etc.
Ligne 3 , wjtj désigne Anoup, l'embaumeur, le taricheute par excellence : de même qu'il avait entouré de bandelettes le cadavre d'Osiris, Anoup présidait a l'embaumement des morts : on lit sur le sarcophage de Petesomtous (Musée du Caire, Journal, n° 3i566)
^'' Cf. inscr. 3, sur le montant est du portail (ci-dessus, p. /i3). **' La finale des quatre proscynèmes est identique.
(" Daressy, Recueil de travaux, 20, 1898, p. 78-80, et cf. Maspero, Guide du Visiteur au Musée du Caire, 1915, p. 4, G.
.^!»^nV^ "^ — '^*V * f^^>^ ^ 1 I T cfAnoup embaumera ton corps, ô Oslris Petesomtous:?. Les allusions à ce travail d'Anoup sont fréquentes, surtout à la basse époque : nous avons déjà rencontré deux fois la formule édwii nfv n k',t inp «un bel embaumement du (n) travail d'Anoupn, inscr. 58, 1. 28, et 61, 1. 3o. Ailleurs, la particule du génitif w est remplacée par m; dans le cas de l'inscription 115, 1, 5 édwh nfr m ht inp, je serais tenté de considérer m comme équivalant ù la particule n (ainsi qu'il arrive si souvent dans •les textes de basse époque); mais il paraît certain que, dans d'autres cas, cet m est la préposition signifiant crau moyen de, par?? : en dehors de l'exemple fourni par la présente
inscription, on peut citer : Piehl, Inscr. hiérogl., 1, pi. XXXIX, 1. 5 />^S^ Il (^!J j'm^ -«=Llm\ il «je suis embaumé au moyen du travail d'Anoup».
La seconde inscription (montant ouest) comporte une série de proscynèmes à Toura, le soleil couchant'"', à Osiris maître du rl-slU, à Anoup et à Thot sous sa forme osirienne, Osiris le Cynocéphale [inscr. 53] :
I Offrande royale à Touna, seigneur d'HéliopoHs, dieu grand qui se repose dans Manou, pour qu'il accorde (le privilège) d'être parmi les esprits bienheureux, d'être honoré en tête des morts parfaits (^sliw 'Jt»)(^' qui accompagnent leur dieu'^', — au Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, n. tm., après (sa) mort'**'.
î Offrande royale à Osiris, maître de la nécropole (^rl-stlt), résidant dans le cimetière (s7>f) d'Ounou (t»n<), pour qu'il accorde le souffle agréable du vent du nord, l'eau rajeunissante qui sort d'Abou (iè(), et toutes les bonnes choses qui en viennent, — au Grand des Cinq, etc.
^ Offrande royale à Anoup, celui qui est sur sa montagne, le Taricheute [îmj'tol), le maître de la nécropole (^tl-dsr), pour qu'il accorde une bonne sépulture dans ce cimetière (s/Jt) aux côtés de ces dieux qui y sont, — au Grand des Cinq, etc.
1 Offrande royale à Osiris le Cynocéphale, qui réside dans ce cimetière [stU), pour qu'il accorde que (son) âme (^sc. l'âme du mort) soit glorifiée, (son) corps divinisé, (son) beau nom florissant [skb) dans son temple (»c. le temple de Thot), sans cesse, éternellement, — au Grand des Cinq, etc.
B. La première des inscriptions gravées sur le tableau est de l'embrasure comprend trois lignes verticales [inscr. 55]'^'. C'est une sorte d'anathème contre les profanateurs des tombeaux et ceux qui viennent troubler le repos des morts :
I Dit par l'Osiris, Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Sishou, j. v. ttÔ tous hommes, qui faites des éclats de voix dans ce tombeau saint et vénérable, vos bras ne parviennent pas jusquà moi. Ne
'•■ Cf. inscr. 1, sur le montant ouest du portail (ci-dessus, p. 43).
'^' Comparer l'expression blw "w, inscr. 5, 1. 2 ; 6, 1. 1; 7, 1. 2, etc.
P' ntr-s (ou ntr-sn en supposant la chute de la préposition n devant tvr-dlw).
'*' La finale des quatre proscynèmes est la même.
'*' L'inscription est visible sur la planche 58, à droite.
faites î rien contre la propriété de celui qui est passé à son ka : Thot est ici pour répondre à qui agit; il ne s'endort pas sans avoir jugé les choses {iw n wp-n-f iht^^^), que les choses soient bonnes ou mauvaises: ^ (mais) il y répond immédiatement et il rémunère tout acte [sp nb) à sa valeur. Quant à [celui qui agit mal] sur la terre et n'est pas puni pour cela, il sera puni [îw hsf-tw n-f) dans l'autre monde devant les seigneurs de la Justice; car c'est leur horreur qu'on agisse injustement et qu'on s'attaque aux morts '^'.5?
Ligne 1, '\ \ \. )^ j . Le scribe (ou le graveur) a ëvidernment confondu hrw (voix) avec hrwj (ennemi); c'est le premier de ces deux mots qu'il faut lire ici, en restituant le véritable déterminatif J^. — L'expression sd hrw est illustrée par ce passage d'une inscription du tombeau d'Hapidjefa (Gbiffitii, Siût, pi. /i, 1. 22/1, avec lecture et commentaire de MoNTET, Sphinx, XVIII, p. 192) : fftous les gens 11 Z^1 Vm^f qui feront des éclats de voix dans ce tombeau».
La traduction «ne faites rien contre la propriété» m'est suggérée par Mr. Gunn : il semble bien en effet que i'^é soit une erreur du graveur pour IV '^', et qu'il faille comprendre, par conséquent, hi-tn h iht r îht «ne faites pas de choses (mauvaises)'*' contre la propriété (du mort)-. — Le prototype de cette phrase me paraît se trouver dans une inscription de l'Ancien Empire (Sethe, Urkunden, I, 4c) , h) : --^^ ^ -<*^ 1 1 ' U V -=^ Nj^ J^"^ çt jamais je n'ai rien entrepris de mal contre la propriété de
mon prochain». — L'expression iht sb n k'.f v]a propriété du mort» est d'ailleurs fréquente à cette époque : Idem , ibid. , I, 5o, i5; 71, 4; 78, 2.
Ligne 2 , le mort est ici désigné par la périphrase bien connue'^' sb n it5^(après correction de §=> IT^ en — «— | -Aj «celui qui est passé à son han. — Elle se rencontre non seulement sous l'Ancien Empire (Sethe, Urkunden, I, 5o, i5; 71, 4, 6; 78, 2, 3), mais au Nouvel Empire [Stèle de Béki, l. 5; tombeau de Khâemhat [li-m-IiU), Lobet, Mémoires Mission, I, p. i3o, l. 10). Elle paraît avoir fait suite à une expression de même sens, légèrement différente, ®7\/ — v Lî (IV" dynastie, — Sethe, Urkunden, I, 3/i, 6). Plus tard, comme l'avait observé Maspero, Recueil de travaux, 60, 1993, p. ik, elle s'est transformée en :7^a.w~a'Î^ ' (XIX" dynastie; époque persane).
La phrase dhwlj d lir ivsb etc. devait faire partie d'un ensemble de formules en usage dans la littérature religieuse de la fin des temps pharaoniques. J'ai eu en effet la surprise
'" Proposition circonstancielle introduite par tw. '^' Littéralement : -les pacifiques 1 {htptr).
'*• Même graphie erronée, à l'inscription 3, 1. 2, et à l'inscription 50 (5), 1. 1.
(*' Pour ce sens de iht, sans que dw soit exprimé, cf. inscr. 89, 1. 3 : im ir iht m nwJ/ « n'ayant rien fait de mal dans sa ville •^.
'*) Cf. Ermar, Aegypt. Zeilschrifl , 48, 1910, p. i3.
de la rencontrer, sous une rédaction présentant de légères variantes, dans une inscription d'époque saïte gravée sur le torse d'une statue du British Muséum'"'. Cette inscription, publiée d'abord par Sharpe, Egyptian Inscriptions from the British Muséum and other sources, I, pi. CXI, a été reprise par Piehl, Aegypt. Zeitschrift, 3i, 1898, p. 88, section D : voici la phrase, telle que la donne le texte du Musée Britannique (A), comparée à celle de Petosiris (B) :
A [ [ lacune ] J ^
La phrase de la statue du British Muséum fait suite immédiatement à une formule de proscynème; d'autre part, le mot I -^^ est le dernier de cette section du texte. Elle forme par conséquent un tout indépendant, sans rapport avec ce qui précède et ce qui suit'^'. La lacune, à en juger par la copie de Sharpe, n'est pas de plus de trois groupes : le texte devait donc présenter ici une légère différence avec celui de notre inscription 55, et il semble que les mots r^Vk J Vk doivent suffire à combler la lacune. L'ensemble pourrait se traduire : «Dieu ici répondra (r wsb^ aux actes, ne s'endormant pas, sans avoir, certes '^\ jugé [les choses, tant les bonnes] que les mauvaises».
Ligne 3, sur le motnm, qui signifie «agir injustement w'''), cf. Gardiner, Journa/ ofEgypl. Archœology, I, p. 26 (note 3).
L'expression d'j- «tendre le bras» comporte une idée d'hostilité : cf. Sethe, Pyramidentexte, 978 a,- Gardiner, Admonitions, §12, 2 .
Une frise, haute de o m. 2/1, surmonte la seconde des inscriptions gravées sur le tableau est de l'embrasure (pi. 23, — 1); on y voit le défunt agenouillé, dans l'attitude de l'ado-
'•' Celle même inscription a fourni également une phrase au texte gravé sur le sarcophage de Rf-f,w-mn , récemment publié par Gauthier, Monuments Piot, XXV, p. i83-i8i.
f^' C'est pourquoi, dans l'inscription 55, j'ai cru devoir couper la phrase après le mot bn qui termine la ligne 2.
"' g, pour Ps=, graphie abrégée de I ns=>, employé ici comme enclitique, en place et avec la valeur de ^ p. Cet emploi est à comparer avec celui de I 0 -«—^ et de ^, comme enclitiques, dans les textes de Dendérah (JusKER, Grammatik, S 2/12).
'*' Dans A«~A^S, noter la forme du syllabique nm et le déterminalif.
ration, devant Osiris 'jj assis sur un trône J]T , et Maât(?) assise sur le signe msm : la déesse est munie d ailes qu'elle étend en geste de protection; sa tête est couronnée d'un disque où s'inscrit la plume ^, et elle brandit le même signe i de sa main droite levée :
entre elle et Osiris, ce groupe de signes reposant sur un support : ^^^^ . Ce motif ornemental, long de 0 m. 36, est deux fois répété : on ne le retrouve nulle part ailleurs sur les murs du tombeau.
L'inscription elle-même comporte onze lignes verticales, dont la hauteur varie de i ra. 75 à o m. 75. Les hiéroglyphes sont menus, parfois usés, et souvent d'une lecture difficile. La lacune d'une douzaine de centimètres qui s'observe à la ligne 2 est due au fait que les Grecs, qui installèrent leurs sépultures à l'intérieur du tombeau, avaient dû remplacer la porte primitive de la chapelle par une autre porte, dont le large verrou venait se loger dans un trou pratiqué, sans aucun souci des signes hiéroglyphiques^'^, sur la surface du tableau.
Sous les sept dernières lignes de l'inscription, un homme est figuré debout, tête nue, pieds nus, vêtu de Yhimahon à bordure crénelée, et l'anneau sacerdotal à la main gauche. Il a le bras droit tendu, dans un geste qui semble accompagner la parole. Ce personnage est le défunt, mais représenté de façon toute conventionnelle, car il s'agit de Thotrekh, le fils puîné de Petosiris, mort en bas âge, et qui précisément s'adresse aux visiteurs du tombeau, pour leur faire entendre les plaintes que lui arrache sa fin prématurée [inscr, 56]. Voir pi, 23, — 1.
I Dit par rOsiris, Grand des Cinq, maître des sièges, Thotrekh {^dhwtj-rh), j. v., fds du Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, n. im., et né de la dame Renpetnofrit : t^O vivants, actuellement sur terre, qui viennent vers cette montagne, et tous ceux qui viendront (dans l'avenir) pour déposer des offrandes dans cette nécropole [ifyl), ah! prononcez mon nom en versant d'abondantes libations : Thot vous louera à cause de (cela)'^'. ' Il sera récompensé celui qui agira en faveur de celui qui ne peut plus agir'", et c'est Thot qui rémunérera le geste (sp) de celui qui agira pour moi (« ïr n-j) : [qui (me) fera du bien, il lui en sera fait; qui louera mon ka], son ka sera loué; et qui me fera du mal, il lui en sera fait (aussi); [car'*'] je suis un homme qui mérite qu'on prononce son nom.
Celui qui écoutera mes paroles (s^m mdw-j), son cœur en sera attristé {dw Ib-fhr-s) : en effet, j'étais un
'" L'autre trou de quelques centimètres qu'on voit au-dessous et un peu à gauche du premier, est le logement du verrou primitif, pratiqué par les Égyptiens, avant la gravure de l'inscription.
'*' Compléter hr{-s).
W fkl pw irt n twij \rt, littéralement : ff c'est un qui est (sera) récompensé, celui qui agit (agira) en faveur de celui qui ne peut pas agir (pour lui-même) n : construction analogue à celle des phrases commençant par hs pw. . . «c'est un loué. . . 1. (Le premier irt est un participe = ir; le second est l'infinitif féminin.) — Celte inlerprétation m'a été suggérée par Mr. Gunn.
'*' Restituer ici dr ntj.
Le Tombeau de Petotirit, i" partie. *5
jeune enfant qui fus enlevé par ' violence; mes années furent abrégées (alors que j'étais) parmi les petits. Je fus emporté brusquement [mshh), étant tout jeune, comme un homme qu'emporte le sommeil. J'étais un adolescent [hwn) de [. . .] années, quand (la mort) me ravit vers la ville d'éternité, vers le lieu des esprits parfaits. C'est pourquoi j'arrivai * devant le maître des dieux, sans avoir eu (sur terre) ma juste part. J'étais riche en amis, à savoir (m) tous les gens de ma ville, (mais) pas un d'eux qui pût me défendre (contre la mort)!
^ Tous les gens de la ville, hommes et femmes, se répandirent en gémissements [ikb r 'i trr), parce qu'ils virent {hr m"-sn) ce qui m'arrivait "', tellement ^j'étais excellent à leurs yeux '^'. Tous mes amis se lamentaient; mon père, ma mère suppliaient la mort; J tous mes frères (étaient assis) la tête sur les genoux. Quand j'arrivai à cette terre de désolation, (où) les hommes rendent leurs comptes devant ^ le maître des dieux, on ne trouva pas de péché (en moi). On me donna le pain dans la grande salle de la Double Maât, et l'eau qui coule [hr] du sycomore, comme (on fait pour) les âmes | parfaites.
Vous vivrez longtemps, vous suivrez Sokaris, vous verrez la face de [Rê] au matin, [à] '" la fête du Nouvel-An, quand il apparaît dans la grande demeure du temple de Khmounou, vous suivrez Thot en ce beau jour du début de la saison akhet, vous entendrez le bruit (hrw) des applaudissements (/y) à '|' l'intérieur du temple de Khmounou, quand apparaît la déesse Noub, pour agir à son gré, — si vous dites en chaque occasion où l'on se rend à cette nécropole : «Que ton ka (jouisse) de toutes bonnes choses, petit enfant, dont la vie s'en est allée brusquement, sans que tu aies pu réaliser sur terre tous tes désirs '^U».
Ligne 2, il est possible de combler les lacunes de cette ligne, de façon sûre, grâce au passage parallèle de l'inscription 125, 1. /i-5; il faut donc lire :
La phrase ink s n tm rn-f^'*^ est à rapprocher des phrases du même type : ink s n ir n-f^^\ ink s'il n édm n-p^\ ink s h n dwl-f^'^K Toutes sont construites de façon identique : proposition nominale + particule du génitif n-f infinitif + complément ou suffixe**^ (avec ou sans
'^' hpr m[-j) : pour cette construction, cf. inscr. 58, 1. tio; 61, 1. 28 et 3i; 116, 1. 4. Comparer le copte mcDne M.
'*' Littéralement : ffsi grande (m " n) était mon excellence pour leurs cœurs (leurs esprits) «.
"' Littéralement : epetit enfant, dont [sa] vie s'en est allée brusquement, et qui n'a pas réalisé sur terre les désirs de son cœurn.
(*' De même, inscr. 102, 1. 6.
'"' Ainsi, inscr. 6,1. 2, et inscr. 8,1. 2; inscr. 126, 1. 3 [s^h n iV n-f).
'*' Voir les exemples réunis par Burchardt, Aegypt. Zeitschrifi, /17, 1910, p. 11 5. Mais la traduction de Burchardt est à rejeter.
(" Ainsi, inscr. 137, 1. 6.
'" Cette analyse grammaticale est préférable à celle que j'ai proposée dans Annales du Serv. des Antiquités , XXI, p. 58, où j'avais cru voir dans n un relatif, et dans le verbe qui suit un passif. Le sens de la formule reste d'ailleurs le même.
préposition), et doivent se traduire : rrje suis un homme de prononcer son nom (n tm rn-J)'n, c'est-à-dire «qui mérite qu'on prononce son nom 77; rrje suis un mort (^A) d'écouter lui {n sdm n-f)v, c'est-à-dire «qui mérite qu'on l'écoute 55 etc.
Ce type de phrase est fréquent à l'époque ptolémaïque'*', mais il se rencontre aussi à l'époque classique : Sethe, Urkunden, IV, 101, 8 À: J "■■ ® V— 1 >'««^ «fje
suis un roi excellent défaire des sacrifices à lui (n Irt n/)", c'est-à-dire «qui mérite qu'on lui fasse des sacrifices 5; ; Sethe, Urkunden, IV, 101, 9 1 V— 1 ^•'^^ H T ^L • ^*\
' — «je suis un brave de commémorer son nom (n éh't rn-f)v, c'est-à-dire «qui mérite que l'on commémore son nomw; ibid., /ii5, i3 ^^'""^ ..^K "J® ^"'^ ^^ '^°''*' d'écouter lui (n sdm n-f^v, c'est-à-dire «qui mérite qu'on l'écoute»; Pétrie, Six temples at Thehes, pi. XV, 1. 8 ^^A«<w^ ' ; Ahmed bey Kamal, Tables d'offrandes, n° 2809 1,
Ligne 3, sur le sens de }i(k, cf. Erman, Gespràch eines Lebensmûden, 1. 1 1 2 (p. 60). Le même mot, substantif, sous la forme lidlwt : Lacau, Recueil de travaux, 36, i9ii4,p. 210. — Mais peut-être le scribe a-t-il confondu lia et 'd'. : l'expression m 'd'. «injustement, à tort:? conviendrait mieux ici Çd' s'oppose km'/ : cf. Sethe, Einsetzung des Veziers, p. 2 3).
Le mot shvv signifie «abréger, raccourcir» : sur ce mot, cf. Gunn, Recueil de travaux, 89, 1920, p. xoU.
"-^^ « V paraît être construit comme, quelques groupes plus haut, -^ — w— \ .^3- («l-n s(w) ht) : le sujet, qui est sous-entendu, est le même, à savoir le sommeil, — non plus ici le sommeil physiologique, mais le sommeil éternel, la mort. Comparer Sphinxstele^'^\ 1. 8 ? -^ """^ 4= % .^3- A"'^ J ^^ .^3. .
dmj ntj b',w îkrw est une périphrase qui, comme nwt ntj nhh, désigne l'au delà. On notera l'orthographe de l'adjectif I 1 " ^® déterminatif abusif •-*-• est l'effet d'une
confusion avec le mot I ^ ^ ^, lui-même pour I ^^ «la nécropole» (cf. Piehl, Inscr. hiérogl., I, p. /i5).
Ligne h , pl^ , la traduction « sans que je sois jugé » est grammaticalement pos-
sible, mais me paraît peu satisfaisante. Je préfère donner à wcV le sens rr assigner à quelqu'un ce qui lui revient de droit», dont Gardiner, Recueil de travaux, 33, 1911, p. 91- 92, a cité plusieurs exemples. — Thotrekh se plaint de n'avoir pu remplir sur terre tout son destin.
11' Piehl, Inscr. hiérogl, I, pi. XXXVII, L 3; III, pi. XXXV, I. 7; Aegypt. Zeitschrift, 3i, 1898, p. 88; ibid., h-j, 1910, p. 112; Calai, général du Musée du Caire, Ahmed bey Kahal, Stèles ptolémàîques , n° 92o54, 1. 9 (?); n° 22i5i, I. i4; n" 22174, I. i3; Bergman», Hiérogl. Inschr., pi. VI, I. 8 (= Wreszinski, p. 86).
'^' Erman, dans Sitzungsberichte der kôn. Preuss. Akad., 190^, p. 4a8 : tfder Sclilaf und der Schiummer ergriffen ihnn.
Ligne 7, J pour! "', îrjw, qui paraît avoir ici la signification «insgesamt, zurnal^j indiquée par Junker, Grammatik, S 97, b.
L'expression V^ , y J j V ^vec ou sans la préposition hr entre dull et m'Jtj, est classique : voir les exemples recueillis par Gardiner, Recueil de travaux, 82, 1910, p. 10.
Lignes 9-10, les passages parallèles (par exemple, inscr. 126, 1. h\ inscr. 82, 1. 96-
06) donnent simplement f7^ . i^iirx . Pour .^ «la face de Rê»,
cf. un texte d'Edfou publié par J. de Rougé, Revue archéoL, 1872', p. 67.
Ligne 10, rren ce beau jour du début de la saison iht^ : il s'agit soit de la fête qui avait lieu le 1" du mois de Thot et se confondait avec celle du Nouvel An (Griffith, Siût, pi. 8, 1. 3 1 5), soit de la fête Ouag, qui avait lieu le 18, ou dans la nuit du 17 au 18 (ibid., pi. 7 et 8, 1. 288, 990, 3o6, 807).
Pour l'expression sdm-tn hnv hj . . ., comparer cette phrase du tombeau de Khâerahat,
LoRET, Mémoires Mission, I, p. i3o, 1. 9 : \r j-, ^fk. ^*| Ji ^'^ ^ ^ ■ *^
La seconde partie de cette inscription a, du point de vue littéraire, une incontestable originalité. C'est une sorte de «nénie», dont quelques passages font songer à l'inscription funéraire d'Eshmounazar, roi des Sidoniens '"^^ mais qui surtout rappelle certaines élégies de l'Anthologie grecque. Ce genre est rare dans la littérature égyptienne : on peut citer cependant l'inscription du prêtre Pshere-n-ptah^^\ La même horreur de la mort et de l'au delà, les mêmes regrets de la vie disparue éclatent dans les plaintes que fait entendre l'épouse de ce prêtre, transportée en pleine jeunesse dans la région de l'Amentit, — «terre de désolation», comme l'appelle Thotrekh, rr terre de sommeil et de ténèbres lourdes»'*', comme la définit la jeune femme. Quand la Mort est venue saisir Thotrekh, ses nombreux amis ont tenté de le défendre contre elle, mais en vain; le père et la mère de l'enfant l'ont w suppliée», mais sans résultat :
On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles.
"' De même, inscr. 58, 1. Sg, et 61, 1. 18, et cf. Reinisch, Aegypt. Chrestom., pi. XX, 1. 16.
•^' C. I. S., I, 3 (traduction et commentaire de ce texte dans : R. P. Lagrange, Etudes sur les Religions sémitiques, p. 483).
(" Maspero, Etudes égyptiennes, I, p. iSS-igo. — Cf. Brugsch, Thésaurus, V, p. 918; Reinisch, Aegypt. Chrestom., pi. XX.
'*' \ l'^^J y ^ 31 "^^ il!I[ ^ P i (Maspero, tilt/., p. 187; Brugsch, ïii'rf., p. 926).
L'épouse (le Pshere-n-ptah connaissait elle aussi les rigueurs de la mort, et c'est avec âpreté qu'elle constate qu'il est inutile de l'apitoyer : car «tous les hommes supplient devant elle, sans qu'elle tourne même sa face vers eux:? :
:*:,-rki>
Le sentiment que fait naître dans les cœurs pareille infortune, c'est la pitié. Thotrekh demande humblement à ceux qui viendront visiter sa tombe de faire de pieux souhaits pour le «petit enfant :? qui a quitté ce monde, sans avoir pu remplir tout son destin.
C. Une seule inscription est gravée sur le tableau ouest, face à l'inscription 55, le reste du tableau, contre lequel venait s'appliquer le vantail de la porte étant, comme de coutume, décoré de motifs purement ornementaux. Le texte comporte trois lignes verticales, hautes de 2 m. 12 [inscr. 57] :
I Dit par le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Zedthotefankh , j. v. : î^En ce qui concerne (îr) tous scribes, tous savants (rA-lA<) '-', tous hommes instruits dans la parole divine, qui viendront vers cette montagne, liront ces inscriptions de ce tombeau ''' ' devant les gens qui (y) viendront avec eux'*', prononceront soigneusement (r nfr) (mon) nom et purifieront (?) (mes) statues, — ils vieilliront '*' dans leur ville, seront vénérés ^ de leur nome, bénis de leur dieu national; et ils recevront des offrandes (?) après (leur) mort, leur nom durera sur la terre '^' dans la bouche des hommes qui seront (après eux), et leur fds sera à leur place pour l'éternité, à jamais».
Ligne 1, 'Jf-ib est souvent synonyme de l'expression sm hr mjw rr fidèle 75; mais ce n'est pas le cas : ici 'k-ib paraît être employé avec la même signification que dans la phrase de
la Pierre de Rosette, 1. 3 , «^ , que le grec traduit par (ppovil^wv xjTtép (cf. Erman,
Gespràch eines Lebensmiiden, p. 61, note 9).
Ligne 2 , f J ''^ signifie cr vénérer ^5, mais je crois qu'il y a eu ici confusion avec twr tr purifier» : l'expression rituelle tor hnljw est bien connue : cf. Griffith, Siût, pi. /i , l. 226; pi. \ll, 1. 68; Berlin, stèle 19/ioo'''', etc.
*'' Maspero, Etudes égyptiennes, I,p. 190.
*^' Cf. ci-dessus, p. i3, inscr. 2 et ^.
*5) Cf. inscr. 127,1. 9.
'*' Sous-entendu : «et qui ne savent pas lire eux-mêmes?!.
(*' Le français n'admettant pas un changement de nombre d'une phrase à l'autre, je conserve ici le pluriel pour traduire le suffixe/.
<*' Au lieu de hr-s que donne le texte, il faut certainement lire hr ti. Comparer avec la phrase de l'inscription 58, 1. 2 3 nwd rn-k hr d'.dl tl m ri n wnjw.
'" Citée par Sottas, La préservation de la propriété funéraire , p. 76. — L'expression twr hnljro se rencontre dans notre inscription 82, I. 98 {twr y est écrit '^J^J-