‹ Le tombeau de PetosirisChapitre 23 sur 103 · SECTION I. — MUR NORD (CÔTÉ EST · texte numérisé non relu

SECTION I. — MUR NORD (CÔTÉ EST

(Planches 2Zi, 25 et 26.)

A. Le Pilastre. — Il est décoré sur sa face et sur son côté est.

a) Sur la face (voir pi. 24, — 2) est gravée une inscription de neuf lignes verticales, dont les cinq dernières, qui sont pratiquement complètes, mesurent a m. 75 de haut; les quatre premières, par suite de la disparition d'une assise, présentent une lacune initiale de o m. ào, et sont réduites à 2 m. 35 [inscr. 66]. Gomme on en peut juger par la photographie que reproduit la planche 24, la gravure est particulièrement soignée; mais le texte de l'inscription est fortement corrompu et fourmille de fautes matérielles.

La première partie de l'inscription — lignes i-5 — est un hymne à Osiris, emprunté au chapitre i 28 du Livre des Morts (Lepsius, pi. LI-Lll) :

] [ "'Dit par] le Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître

d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, Sishou — vie, paix, — fds du Grand des Cinq, maître des

sièges, Zedthotefankh, j. v., et né de la dame Tatoukem, j. v. : «Salut à toi, Osiris Ounnefer, | [

fils aîné] de Geb, dieu grand, sorti de Nout, roi, chef de To-our, résidant dans l'Amentit, seigneur d'Abydos^-", maître des âmes, grand de force, seigneur de la tombe*'', chef des hommes'''' dans Mendès,

maître des offrandes, aux fêtes nombreuses, ' [ ] Osiris, en tout lieu, uni à la déesse Isis et à sa

sœur Nephthys. Thot dit pour lui les grandes formules de glorification ('•' qui sont dans son cœur et sortent

de sa bouche. Le cœur d'Horus est sain plus que (celui de) tous les dieux. Lève-toi, Horus ' [ 0

Osiris], je viens à toi, je suis Horus, je te protège'*', te faisant vivre (?) en ce jour (et disant) : «Offrandes qui sortent à la voix, et toutes bonnes choses pour Osiris n. Lève-toi, Osiris; (je) frappe'''' pour toi les ennemis (les mettant'") sous tes pieds, en tout lieu; tu triomphes devant , l'Ennéade'*' des dieux et le collège des juges. 0 (/y) Osiris, tu as reçu ton sceptre""'; ton pavois et ton escalier sont sous toi. Tu donnes des aliments aux dieux; tu apportes des offrandes (à)"" ceux qui sont dans le tombeau. Tu donnes ton bras (?) "^' aux dieux(que tu)as créés. Dieu grand"''. Tu existes avec eux dans leurs corps spirituels (?), (tu) t'unis à tous les dieux, tu entends (^sdm-k) la parole de vérité en ce jour (Anp^[n]). »

Ligne 1, nous rencontrons ici, pour la première fois, la formule >¥> , qui se substitue dans certains cas à après le nom d'un défunt. Cette formule est employée dix fois, exclusivement avec les noms de Sishou et des deux Zedthotefankh : inscr. 66, 1. 1; 67, 1. 1; 68, 1. 9; 89, l. h; 90, 1. i, 2; 91, 1. 3, 17; 92, 1. 3, 17. Elle paraît être composée, à la façon de la formule t'>. I? de deux substantifs, ■¥• et «vie, paix».

'^' La lacune initiale des quatre premières lignes équivaut environ à la septième partie du texte conservé.

'" f ©"* pour ^"^ ■ de même i. 5.

'*' Le texte porte nettement 5* ['>'hi^)i et non pas ^. Peut-être serait-il mieux de corriger et de comprendre : «chef des âmes h\wn.

'" Sans doute au sens de «formules magiques «. Cf. à ce sujet la remarque de Boylan, Tkoth, p. 127. '*' I Ti V, Lepsius T * ^ *--**^7' ^^^^ notre texte, I prothélique peut être le résultat duae confusion entre nd (protéger) et ind (sois salué). Il se peut aussi que ce soit un archaïsme; la construction jui-}- complément, au lieu de nrf-|-Ar-|- suffixe, appartient d'ailleurs aux époques anciennes, par exemple Sethe, Pyramidentexte, 626 l '^ T s= \ "1"]"] "]"]"] "]"]"] "^ «la grande Ennéade te protège n.

'" I (^ ^ pourrait être une formule impérative : «frappe pour toin; mais le texte, certainement plus correct, du papyrus de Turin donne f ^ ^ |J1,'^^ "je frappe pour toi 15.

'" Ici, notre scribe a passé plusieurs phrases, dont l'ensemble équivaut à plus d'une colonne et demie du texte de Lepsius, confondant le hftjw correspondant à Lepsius, pi. LU, col. 5, avec celui de la colonne 7. '" Je rappelle que les cinq dernières lignes sont complètes au sommet, ou du moins sans grosse lacune initiale. ""' I "^5 Lepsius t 1.

CD ,__ a été omis par le graveur.

(12) •* 1^ '^,^ Lepsius "" ' 1 — 1 a— a. "'' Dans la Deuxième Partie, au lieu de ^ | :j, lire "] | i|-

Le Tombeau de Petoiirit, 1" partie. *6

La seconde partie de l'inscription (1. 6-9) est encore plus corrompue que la première : le texte est, par places, absolument inintelligible. C'est une version d'un chapitre des Pyramides, Ounas, Bgg-^ia (Sethe, Pyramidentexte, 969-276 è), qui devait être assez familier aux prêtres et aux scribes de la basse époque : on le retrouve, par exemple, sur le sarcophage de Taho (^Catal. général du Musée du Caire, Maspero, Sarcophages persans et ptolémaïques , p. 179). Au milieu de tant de fautes matérielles et d'erreurs grossières, il est intéressant de constater l'emploi voulu de formes ptolémaïques, par exemple llo ^ourphrt, ou Jfi %% pour htjt (1. 6); de même, le verbe , a été, deux fois, à la ligne 9, substitué à -«>-''\

* Dit par(. . .)'"-' : «0 chef des heures, ancêtre de Rê, ouvre'*' à l'Osiris, Grand des Cinq, Sishou. Il est passé à Tintérieur des cercles (?) de celui dont la face est belliqueuse'*'. Sishou (est allé (•''') vers cette sienne place à la tête des places, derrière le dieu '^' muni de cornes (?) '■"; sa force .... j . . . '*' aiguisé (?)

pour trancher la gorge '^', séparée (?) '"" de la tête du taureau "". . . Il a repoussé "2' les

habitants des ténèbres , la corne puissante qui est derrière le dieu grand ''*' leurs poitrines (•*'. Le

bras de Sishou n'est pas repoussé de Yakhit. Levez vos visages''^', ^ [dieux''*'] qui êtes dans la Dotiat : l'Osiris Sishou est venu vers vous''"'; voyez-le devenir un grand dieu "^' [ Protégez-] vous "'', vous

'" Sur l'emploi de rdj au sens de îrj, cf. ci-dessus, p. 80, note 2. '^' Le sujet logique Ae dd a. été omis après m ; cf. inscr. 63, 1. 1.

W Dans Pijr., 269a, rinvocation est au pluriel ^^ • • • ^^; 'e texte porte eu outre •**-! ^^^, »" lieu de M.

W Pyr., 2695; ^-'7fca>t.

(5) , — , peut-être pourri a)*-~a? P(/r., 9'joa \\-

(«) /'yr.,270«f-1^^X-

(" |! |! hnij représente le mot hnwt (cornes?) de Ptjr., 270 b.

W Texte corrompu. La lacune du début de notre ligne 7 étant d'un cadrât, restituer peut-être ^ P[-*^ P] ^-^ : cf. Pyr., 270 c.

(»' \« probablement pour p ^ ^ de Pyr., '^lo c; ^Ç[\^j\ pour— ^^, et ^^W pour |2ï {Pyr., 970 c).

!'«' -J bwt (?), au lieu de 9^t de Pyr., 270 rf.

("' Inintelligible. Le texte de Pyr., 270 d porte simplement • jJ.'ÎW-

(12) ^ représente peut-être P^t^jl^ de Pyr., ^']od; ra^"^ (cf. l'orthographe des inscriptions de Dendérah m\^v— 1) est certainement pour J^^ de Pyr., 270 rf.

("' Le vaoihnwt de Pyr., 270 e, est ici représenté non pas par |ij|t, comme ci-dessus, mais par |^i i, qui est tout aussi absurde.

('*' Texte corrompu, correspondant à Pyr., ^-ji a.

(U) |t^(Py.., 272«wl^t^).

l"' La lacune du début de la ligne 8 correspond simplement à un signe horizontal, et j'hésite à restituer |||.

(17) • ;::i, . ces mots ne sont pas dans le texte des Pyramides. Ils figurent dans la version donnée par le sarcophage de Taho.

""' Texte absolument corrompu (le mot P^-'^ est pour sd'd', «tremblent). Comparer Pyr., 272 c.

U9) Ptjr., 273 a ^^-^^^"^ '=- f" ^^^. Nous avons ici le même texte, quoique je ne voie pas la place nécessaire pour mh dans la lacune.

tous : rOsiris Sishou commande (" à tous les hommes, il commande (?) aux vivants '^l qui sont dans le domaine de Rê'^'. L'Osiris 9 Sishou parle à cette pure (région'*') qu'il a visitée'*', pour qu'il puisse (y)'*'

demeurer avec le juge des dieux''" et des esprits puissants (?). L'Osiris Sishou commande [wd) '»'

F^e grand sceptre est à lui '"; il s'assied avec l'équipage de Rê '"". Il est lui un grand dieu qui (réside)

dans les champs lalou '"'. Pur est le bras (?) de l'Osiris Sishou — "*'

b) Une autre inscription de deux lignes verticales, dont la seconde, qui est intacte, mesure a m, yS, est gravée sur le côté du pilastre : c'est la suite du texte des Pyramides que nous avons vu gravé sur la face [inscr. 67] :

I [dans les champs I]al6u"*', comme le bras(?) de Rê : Nout, prends ses deux bras"*', Shou l'adore"". L'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Sishou — vie, paix — se lève"*', \ tel que Nefer-

toum, [ ] du lotus'''" et des plantes aquatiques (?) aux narines de Rê, sortant de Yakliit, et les

dieux sont purifiés à sa vue, chaque jour'"'.

B. Panneau à l'est du pilastre (pi. 25 — i et 26). — Il comprend trois registres superposés.

'" Lire wd-n . . . mdw [Pyr. , 2780 iV( W jl\ -^). — Le syllabique wd a , aux lignes 8 et 9 , les formes t et i que j'ai reproduites. [D'une façon générale, le tracé de ce signe et des signes analogues témoigne toujours de quelque hésitation.]

'^' Le texte est légèrement diflérent dans Pyr., 278 J.

'^' ® est évidemment une erreur du graveur pour o.

'*' Notre texte est altéré : Pyr., 278 c <=> | "j" ^ X fj-

(5j «=» A— 1 ^^ j.^^ j^ ^, j^ ^^^j^ ^^^ Pyramides [îtj a ici le sens, assez fréquent, de «visiter»).

'*' I V que donne le texte de Pyr., 278 c, a été omis. ''' Pyr., a'j3 c 'l'iwles deux dieux •n.

'*' Notre texte paraît être, depuis s'Ama;, une corruption du passage de Pyr., 2 74ap|»|^( W 1^ '='<^- '»' Autre passage altéré : Pyr. , ^T^ii^P^^ C^J ^ "^ fw J . (10) Pyr., 274 c \ i ( w JI^^'^'P' Est-ce sous l'influence des mots qui précèdent ( tf l'équipage de RêT»),

que notre scribe a écrit 1 ^^ («ramefl) au lieu de î '^^? Pour l'emploi de rdj au lieu de hj , cf. ci-dessus, note 5.

'•" Cette phrase marque la liaison entre les deux chapitres des Pyramides, Pyr., H'jti c et 275 a.

'^^' La phrase se continue à l'inscription 67.

l") La lacune initiale correspond à deux cadrats et la restitution s'impose [^jji^ Jii ^ ^ w* ^^^' '* *"'*^ ^^ la phrase commencée à la fin de l'inscription 66 : ff Pur est le bras de l'Osiris Sishou | dans les champs lalou ". Les mots qui suivent immédiatement sont une corruption de Oanas, 4i 4 ( = Pyr., 975 e) - — i' — ^( W 1 J^^— '®-

"*' Pi/r., 275 c ''^:m^^'~.

"*' stvls-fsw. La leçon de Pyr., 276/ est différente : f ^ P '^ 4= ^ »Shou, fais-le montera. '"' Ici, nous passons à un autre chapitre des Pyramides, Ounas, Sgô-BgG {=Pyr., 266 a-b). '"' Les mots que renfermait la lacune de deux cadrats ne figurent pas au texte des Pyramides, et pas davantage les mois i=^ ' (faut-il lire m sm ?). "*' Dans le texte des Pyramides, hrw nb est placé après m ',hl : » sortant de Yakhit chaque journ.

a) Au registre supérieur, la déesse Nout, coiffée d'un klaft bleu, le corps serré dans une robe étroite, les ailes repliées, est debout dans son sycomore (branches rouges, feuilles vertes); de la main droite, elle tient un plateau chargé d'offrandes; de la main gauche, elle incline un vase 1 d'où s'échappent quatre filets d'eau, qui sont recueillis, dans une petite coupe, par Sishou, sa femme, et l'enfant que chacun d'eux tient sur ses genoux. Les deux époux sont assis sur un siège élevé, leurs pieds reposant sur un escabeau colorié en bleu; ils sont vêtus d'une longue robe blanche qui leur couvre tout le corps, et portent, ainsi que les enfants, au-dessus de la perruque, cette coiffure, fréquente aux XVIIP et XIX' dynasties, composée d'une sorte de cône (peint en vert) que traverse une tige terminée par un bouton"'. La scène, traitée dans un style purement égyptien, est jolie; les couleurs rehaussant la sculpture sont bien conservées.

Devant le visage de chacun des époux est indiqué son nom [inscr. 68^ et 68*"] — d'une part : «le Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou»; — d'autre part : «sa femme, sa très-aimée, Nofritrenpet^).

Au-dessus de ce tableau on a, comme il était naturel, gravé le début du chapitre 5 7 du Livre des Morts^'^^ : l'inscription comprend seize courtes lignes verticales et n'est pas des plus correctes [inscr. 68]. Les cinq premières lignes sont d'ailleurs consacrées à la titulature du défunt, Sishou >¥" • '^', et le texte ne commence qu'aux lignes 5-6 : i "j» 8 ■ '!T^- Le scribe (ou le graveur) était tellement habitué à la formule wr-dlw — qui ne

A Z3UÊC ^V^^^^ \ KJ / 1

revient pas moins de deux cent dix-huit fois dans les inscriptions du Tombeau — qu'au lieu de ^^y^-^-^-v ^j il a donné comme titre à Hapi S^a«««a *(*'.

Ligne 8, après j "l (pour j "]) il faut rétablir le nom propre Sishou, oublié par le graveur, et de même à la ligne ik.

Ligne 1 o , texte légèrement altéré.

Ligne 1 5, a«w^S^ pour *^^ " ma bouche w (cf. inscr. 91, 1. 7, où l'on trouve également l'emploi abusif de la particule du génitif n devant un suffixe : | / — ^'*^^ « ma place » ). — Le texte des lignes 1 5- 1 6 est très abrégé et doit être comparé à la version donnée par Budge, Book ofthe Dead, p. 129, plutôt qu'à celle du papyrus de Turin. — La fin du chapitre a été omise.

b) Au registre moyen, Petosiris rend hommage à son père défunt. Tous deux sont coiffés de la takiéh égyptienne et vêtus du manteau grec à bordure crénelée; ils portent l'an-

*'• Noter en outre que Sishou porte une fausse barbe (peinte en bleu).

'^' La vignette qui décore ce chapitre au papyrus de Turin représente Nout dans son arbre versant de l'eau sur le défunt : c'est le chapitre de tf respirer l'air et de disposer de l'eau {shm m tnjrv) dans l'autre mondes. '*' Cf. ci-dessus , p. j 2 1 .

'*' Même confusion à l'inscription QS^.

neau sacerdotal au doigt; Sishou est en outre chaussé de sandales; il s'appuie sur un long bâton. Une inscription de seize lignes verticales les encadre [inscr. 69] : elle comprend le discours de Petosiris (1. 1-7) et la réponse de Sishou (1. 8-16) :

Discours de Petosiris :

I Son fils puîné, son aimé, maître de tous ses biens, le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, n. im. Il dit : «Combien est beau ce que tu as fait pour ton maître Thot! * (En récompense)'", 11 t'a béni '2' dans toutes tes entreprises; Il t'a exalté [dnwf k) au-dessus de tous tes pairs "'; Il t'a enrichi '*' en toutes bonnes choses. — Puisse''' ta maison être occupée par tes enfants, ^ (sans) qu'ils viennent (jamais) à manquer! Qu'Osiris-Khentamentit te récompense et qu'il te place en présence de ses esprits augustes! Puisses-tu manger le pain dans les champs '\ lalou et être purifié'®' dans les champs du Repos! Que te soit donnée, ^ par les mains de Nout, l'eau ^ qui coule du (Ar) sycomore! Puisses-tu sortir et entrer j à ton gré (?), — vivant à jamais! »

Ligne 3, il faut évidemment rétablir la négation devant t'^) : la proposition

devient alors identique à celle qui, dans l'inscription 91, 1. 7, termine la phrase rdjk s',-j r st-j — n Ir-s ws. La signification de ws n'est cependant pas absolument la même dans les deux cas : à l'inscriptioa 9 1 , s ne peut se rapporter qu'au mot féminin st-j, et c'est donc le suffixe de la 3^ personne féminin singulier : rr qu'elle (ma place) ne soit pas vide». Mais dans la présente inscription , s est le suffixe de la troisième personne du pluriel équivalant à s(n), car c'est forcément au mot msw-k qu'il se rapporte, ce qui nous oblige à traduire : w qu'ils (tes enfants) ne soient pas manquants, qu'ils ne fassent pas défauts.

Sur ce sens de ws cr manquant, faisant défauts, cf. Gardiner, Admonitions, §2,4, qui cite fort à propos ce passage du sarcophage dOunnefer (Piehl, Inscr. hiérogl., I,

pi. xxxviii-xxxix) fii^ifiii)j-.;:::;;i:i-.-"^~^-=~;^ 'i-" '"^

enfants de tes enfants demeurent après toi, sans jamais manquer sur la terre :?'*'.

'" Comme les trois propositions qui suivent mentionnent non pas les services rendus pas Sishou à Thol, mais les faveurs que Sishou a reçues de son dieu, je suppose ici l'omission d'une formule comme : ren récompense, en échange (de ce que lu as faIt)Ti. — Peut-être cependant faudrait-il comprendre : ^ Combien est beau ce qu'a fait pour toi ton maître Thotin, en transposant 1 — v devant ^, et en lisant par conséquent ^' — i,^^

'2' Sishou étant mort, il semble indispensable de traduire par le passé ce verbe et les deux suivants, qui expriment des faits relatifs à sa vie terrestre.

1" Cf. inscr. 81,1. 83, et 90,1.2.

'*' Pour le sens actif de spéj, cf. ci-dessus, p. 90, note 5.

f^) Les phrases qui suivent expriment désormais des souhaits; je les traduirai donc par des optatifs.

'*' Lire probablement jiBi"^.

O .<«.- dans cette phrase a son sens fréquent de «se trouver, êtren.

'*' Cf. IWusée du Caire, Catalogue général, Ahmed bey Kamal, Stèles plolétnaïques , n" 22i5i, 1. 17 : — ^

Lignes 4-5, il faut comprendre (a>*»«a)'^p^/««~a (cf. inscr. 56, i. 8 : a-n^^^^^ •• ZI!v^' f^ V'

On notera le duel \, que nous avons d'ailleurs déjà rencontré à Tinscription 67,

1. 1 : une graphie analogue ^ ^\ se trouve à l'inscription \li8, 1. 5. Pour les autres formes que peut prendre le duel du mot , voir au Vocabulaire.

Ligne y, ^^ cr auprès de tout le monde» est une leçon peu satisfaisante. Je suis

donc tenté de corriger ces mots (comme l'indique ma traduction) en "*" ' «à ton gré,

à ta fantaisie».

Il ne me reste plus qu'à signaler, dans cette première partie de l'inscription 69, l'emploi répété de -^pt» comme complément direct d'une forme verbale personnelle : hé-f h a il te bénit», dnw-J fe «il t'exalte», spé-f h rû t'enrichit», hé h wé-ir «Osiris te récompense», rdj-f 1i «il te place». Voir à ce sujet, l'inscription 61, 1. i6, et mes observations, p. lo/i.

Réponse de Sishou :

' Dit par l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Sishou, fils du Grand des Cinq, maître des sièges, Zedthotefankh , et né de la dame Tatoukem, j. v. : ^ «Combien sont belles tes paroles,

combien choisis tes discours! Mon cœur se complaît à (entendre) ce qui sort de ta bouche (rï-A;)

toutes ces choses (n/ r Iw) (me sont advenues) par l'action (m') de " Thot. J'ai passé des années à '" administrer son temple, sans qu'on trouvât de faute dans ma gestion (Im) : (aussi) je fus l'objet des faveurs du Roi (wsid), et j'acquis l'amour de (ma) ville'"^'. Je causais avec le Roi (^nsw) " seul à seul (?), je lui exposais mes pensées [shr-j") véritables, " sans dire de mensonges. Et voici ce qui m'arriva'^' : '' il me récompensa d'un anneau d"|''or; (le titre de) «préposé (?) à ce pays (?):? y (itn-f) était mentionné (?), 'l^ ainsi que {hn") (le titre de) «scribe royal, comptable de tous les biens '|^ du temple de Khmounou», par ordre de mon maître Thot».

Ce paragraphe de l'inscription 69 est d'une rédaction plus négligée encore que le précédent.

Ligne 9, le passage ^'■'^ 1 © 111*^- — paraît corrompu, et je n'en devine pas le sens.

Les mots qui suivent, >^ -=^-m^^ sont à lire nj r iw (^toutes ces chosesY'^\ comme dans les inscriptions 59, l. 5, 62, l. 5 , et 81, 1. 88. La phrase tout entière nj r ',w m dkwtj est à comparer avec nn r iw m dhwtj de l'inscription 58, l. 1 7 et l. 27. Le sens gérerai paraît

"' m au même sens que hr : cf. inscr. 59, 1. a, ci-dessus, p. 80.

'■•'' Cf. ci-après, inscr. 81, i. 87, et commentaire.

(3' iw (<=») iht hpr nj. — Ou bien : « . . . sans dire de mensonges au sujet (r Iht) de ce qui m'arrivait«.

'*' Pour le démonstratif w/, voir ci-dessus, p. 81.

être : rr Toute la prospe'rite', toutes les faveurs dont j'ai joui sur terre, c'est à Thot que je les dois 77.

Sishou fait ensuite allusion à un honneur spécial que lui conféra le Roi : en récompense de sa fidèle gestion des biens appartenant aux temples, il le gratifia d'un anneau d'or. Cet anneau, sorte de bague chevalière au large chaton, nous le voyons porté par Sishou, et également par Petosiris, à un doigt de la main gauche'"'. C'était en somme une décoration sacerdotale, correspondant aux décorations militaires bien connues, que le roi accordait, pour leur vaillance, à ses officiers'^'.

Il semble que cet anneau portait à l'intérieur une inscription; mais ici, le texte (1. lU) est de nouveau très obscur et probablement altéré '''. L'inscription aurait comporté deux

titres : "^^ ^ . ■ • ■ g i4""'ii • ^^ second titre «scribe royal» est connu; mais comment transcrire, et que signifie le premier? Faut-il comprendre îrj U pn cr préposé à ce pays; fonctionnaire, gardien de ce pays 75? Quant au mot gV , que je ne connais pas, il paraît être le verbe dont ce double titre est le sujet : sg', serait-il une erreur du graveur pour sk, au sens de tt commémorer, mentionner 77? On attendrait d'ailleurs plutôt sphr «inscrire 77, ou mieux hlj «graver?;.

Le Roi — nsw — dont il est question dans ce texte, c'est probablement un des derniers souverains indigènes, un des Pharaons de la XXX* dynastie, sous le règne duquel Sishou dut exercer son sacerdoce (cf. ci-dessus, p. 12).

c) Sur le registre inférieur, ou soubassement, de cette paroi (voir pi. 26), est représenté un troupeau de bovidés longeant un canal ou plutôt un marais. Des oiseaux volettent parmi les plantes aquatiques et l'on voit, sur la droite, deux canards happant des poissons. Le troupeau comprend d'abord une vache noire que tente de saillir un taureau rouge, puis une vache que tette son veau, une autre vache qui lèche son petit, enfin un taureau récalcitrant que tient en laisse un pâtre nu, portant en main un bâton.

La scène est traitée dans le style classique égyptien.

<" On observera que seuls les personnages vêtus de Yhimation portent cet anneau (tableaux accompagnant les inscriptions 58 et 61 (Petosiris), 56 (Thotrekh), 69 et 85 (Sishou et Petosiris), 65 et 106 (Zedlhotefankh et Petosiris). Voir en particulier les planches 37 et 50.

(^' De même le Roi décernait une couronne d'or aux hauts fonctionnaires (Daressy, Annales du Serv. des Antiquités, XVII, p. 92), une coudée en or aux architectes (tombeau de ^^, inédit, au Musée de Turin), etc. Sur les décoratJons égyptiennes, cf. Sethe, Allœgyptische Ordenauszeichnungen , dans AegypI. Zeilschrift, iS, 191 1, p. i43.

'^' On songe naturellement au passage de l'inscription d'Ahmès, I. 2-3 (Sethe, Urkunden, IV, 2, 2) : Sm.^

-— '.^V I .= '^^ . •— ♦ A»-, """«=. Ji < , mais il serait téméraire d'affirmer que notre texte, certaine-

ment altéré, avait quelque ressemblance avec cette phrase. — L interprétation que ] en propose est d ailleurs tout à fait hypothétique.

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