SECTION IL — MUR EST
(Planches 28 à 36.)
A. Registres moyen et supérieur. — Ils sont décorés de scènes représentant les cérémonies des funérailles : d'une part, le convoi funéraire et le sacrifice, — d'autre part les opérations de Vouverlure de la bouche.
Les figures des deux registres se dirigent vers l'extrémité sud de la paroi et viennent aboutir à un tableau occupant toute la hauteur de la muraille, entre la frise et le soubassement : on y voit, sur une estrade, à laquelle donne accès un escalier de quatorze marches, une chapelle funéraire, surmontée d'un pyramidion, qui rappelle curieusement certaines tombes thébaines des XYIIP-XX*" dynasties, et ne ressemble en rien au monument funéraire élevé par Petosiris. La chapelle était coloriée en vert, le pyramidion en rouge, la plate-forme de l'estrade en bleu. Une bande triangulaire jaune, figurant le sable de la montagne, couvre une partie de l'édicule et de l'estrade. Une momie est adossée à la chapelle'*' : c'est celle du père de Petosiris, Sishou, dont les funérailles sont ici représentées. Un sotem, vêtu de la peau de panthère, coiffé d'une perruque bleue, et qui n'est autre que le petit-fils du défunt, Téôs, asperge la momie d'eau lustrale. (Voir les planches 28 et 32, et surtout l'aquarelle que reproduit la planche 31.)
Au pied de l'escalier est sommairement représentée la scène du sacrifice, que n'accompagne aucune légende (pi. 28 et 32). Le taureau gît à terre, la tête déjà coupée, les cuisses liées. Un boucher, vêtu d'un simple pagne, s'apprête à gravir l'escalier, emportant une des pattes de devant de la victime, tandis qu'un de ses camarades est en train de sectionner la seconde patte. Cette scène, bien que sculptée au premier plan du registre moyen ''"'', fait suite, en réalité, aux opérations de l'ouverture de la bouche qui se déroulent au registre supérieur, et elle doit, a fortiori, prendre place logiquement après le cortège funéraire qui est représenté derrière elle. Elle constitue, en fait, le troisième acte des funérailles; étant donné le peu de développement que le décorateur lui a attribué, je n'y reviendrai pas dans la suite, et je passe immédiatement à la description du convoi.
Le convoi funéraire (souvent appelé en égyptien'^' ï l7^e| Ijk v^j occupe, derrière la scène du sacrifice, la presque totalité du registre moyen.
'" Comparer celle légende de la Tombe des Vignes, Recueil de travaux, 22, 1900, p. 85 : 7^^\^^
'*' Cette position s'explique par la nécessité de mettre la scène du sacrifice à proximité immédiate du tableau qui domine les deux registres, et où l'on voit le défunt, adossé à sa chapelle, soumis d'une part, avant l'ouverture de la bouche, aux purifications (reg. supérieur), et recevant d'autre part, une fois l'usage de sa bouche recouvré, les membres de la victime dépecée (reg. moyen).
''' SinuheB, 192; Urkunden, IV, 1200, 6, etc.
En tête s'avancent, les bras tombant le long du corps, trois personnages vêtus de la longue robe blanche des prêtres, et coiffés d'une perruque bleue (pi. 28 et 32), A hauteur des visages est gravée la légende [inscr. 81% (i)] ^J^-i!^!"^!!!^' ^^^signant la fonction remplie par ces personnages; en dépit de l'orthographe étrange du second mot, il faut, je pense, reconnaître en eux les sspw-dhn que l'on rencontre dans divers textes religieux''' : ainsi, en finale des Litanies de Sokaris'^', et surtout dans certaines légendes de cérémonies se déroulant sur les murs du w Festival Hailn de Bubaste*^' et du grand temple de Dendérah '*'. Ce titre est rare, à ma connaissance, sur les monuments funéraires '^'.
Le composé ssp-dhn doit être comparé aux expressions du même type, telles que : hpiwr {^Papyrus Orbiney, i8, 5), ou ssp-h', (Lepsius, Denkmàler, III, 255 i), qui équivalent respectivement à iwr k concevoir 57 et à V*' k combattre»; ssp-dhn a donc approximativement la même valeur que dhn^^\ qui signifie, semble-t-il, non pas rr jouer d'un instrument de musique», mais cr exécuter un chant» accompagné ou non de la percussion des mains '^'; et les ssj)w-dli(nj du Tombeau de Petosiris, que nous voyons s'avancer, sans gestes, les bras ballants, me paraissent jouer le même rôle que les aveugles qui, de nos jours, précèdent, en psalmodiant, les convois funéraires arabes ''''.
Ces trois w chanteurs» sont immédiatement suivis de quatre personnages, vêtus comme eux : le premier conduit un veau, le second porte un haut bouquet, le troisième a sur l'épaule un coffre, et le dernier tient en main un rouleau. Viennent ensuite quatre porteurs d'enseignes : sur les supports, que soutiennent de longues hampes, reposent le chien d'Anubis, deux fois, et une fois l'ibis de Thot et le faucon d'Horus (pi. 29 et 33).
Apparaissent enfin le char funèbre, puis un coffre à canopes surmonté d'un chien couché, et une grande boîte à répondants H , ces deux derniers objets montés sur traîneau et tirés chacun par un prêtre. Le char funèbre (pi. 30 et 34) est particulièrement intéressant : il consiste en un châssis muni de hautes roues dentelées, sur lequel est placée, fixée
'•' Variantes orthographiques, dont les principales sont :^ j ^ ^ et ^ J^ "3^ ^ jf, "" •
'2) BuDGE, Facsimile of Egyptian hieratic papyri in the British Muséum, pi. Vil, col. 21, 1. 5.
(3! Natille, The Festival Hall, pi. I, 6; XI, 6; XIII, 5; XVI, 10.
'*' Mariette, Dendérah, I, 76 et 77.
'5) Peut-être est-il question de ces mêmes personnages dans une légende, incomplète et mutilée, du tombeau d'Amenemhet (Davies-Gardiner, pi. XI, et p. 5i) : Yl, ,^ J^J?^'
'«' A la planche 77 de Dendérah, le mot TaFr^ ^^^ employé seul, évidemment avec le même sens que ;^!^*-' à la planche 76. Aux planches XIII et XVI du Festival Hall, l'ensemble de la scène est surmonté du mot "^21» (chanter), ou "J^^ (chanteurs).
<" Il est vraisemblable que le mot f:^!^! '^^ l'inscription 58, 1. 16, doit se lire th{n)œ (chanteurs). Cf. cidessus, p. 87.
(*' Cf. Annales du Serv. des Antiquités, XX, p. 216-217.
Le Tombeau de Pelotirit , i '* partie. ' 7
130 T.E TOMBEAU DE PETOSIRIS.
à un brancard, une barque qui elle-même supporte le naos funéraire. Ce corbillard, très différent des catafalques montés sur traîneau'*', est d'un type, sinon absolument inédit, du moins tout à fait rare*^'. La barque est en tiges de papyrus, liées à cbaque extrémité de façon à former un bouquet à la proue et à la poupe. Au centre s'élève le naos, dont les côtés sont ouverts, et où l'on voit la momie qui y repose, simplement peinte, non sculptée; une frise d'urœus en couronne le sommet; à droite et à gauche du naos se tiennent Isis et Nephthys, debout, les bras tendus, protégeant le mort. Ce ne sont pas des bœufs qui traînent le char, mais trois prêtres, vêtus d'un pagne à bretelles et coiffés d'une perruque bleue. A leur côté, près du corbillard, est le sotem, l'encensoir en main, marchant à reculons, le visage tourné vers le naos funéraire. Le mot ly est gravé au-dessus de lui; de même, au-dessus de chacun des trois prêtres, est gravé le titre T|, ainsi qu'une courte légende disposée verticalement [inscr. 81^, (2), (3), (4)]- Le premier de ces textes j^ nhfi"««^ 1^1 M/iv P*''^^^ devoir se traduire : «Formule : ah! sois en deuil, sois en deuil '^*, ô roi '''M 57. — Quant aux deux suivants, je ne sais ce qu'ils signiBent'^' (pi. 29- 30 et 33-34).
A l'extrémité gauche du tableau, Petosiris, coiffé de la perruque courte et vêtu de la longue robe sacerdotale, semble présider à la procession qui se déroule devant lui'^l
Passons maintenant au registre supérieur, où est représentée la cérémonie de Vouverture de la bouche, que commente une longue inscription de cent quatorze lignes verticales [inscr. 82] (pi. 28-30 (pour le texte) et 32-34).
Elle peut se diviser en cinq parties :
1° Purification du mort par l'encens, l'eau le natron (1. 1-28); 2° Ouverture de la bouche et des yeux (1. 29-87);
'" Tels, par exemple, que ceux d'Iouîa, Thouiou, Khonsou, Sennedjem, au Musée du Caire : le traîneau de Sennedjem était muni de petites roues qui s'y adaptaient directement, sans l'intermédiaire d'un châssis (cf. Maspero, Guide du Visiteur au Musée du Caire, igiBip. SgS, n° 3797).
'*' Le char funèbre d'un Apis, représenté sur une plaquette de calcaire du Musée du Caire, n'est pas sans analogie avec le corbillard de Sishou (Mariette, Monuments divers, pi. 35). — Cf. aussi Schâfer, Von cigyptischer Kunst, II, pi. 4i, 2 et I, p. ii6.
f" Sur ce sens de hb, cf. Gardiner, Recueil de travaux, 33, 1911, p. 78, et 36, 191 4, p. 20, à propos de Sinuhe B, i42.
(*' Le mot hj nroin est parfois employé familièrement et avec une pointe d'humour, dans certaines légendes de tombeaux : cf. Erman , Reden, Rufe und Lieder auf Gràberbiîdern , p. ia , 43 , 6 ) .
'*' A noter que la troisième formule devait se répéter seize fois ©«n ". De même, les éspw-dhn devaient répéter seize fois les litanies de Sokaris (Budge, Facsimile of Egyptian hieratic papyri , pi. VII, col. 21, 1. 5).
'*' L'inscription 81, qui surmonte le registre moyen, n'a aucun rapport avec la cérémonie des funérailles (voir ci-après).
3° Apport du ha, du cœur, de l'âme et de la momie du dëfunt (1. 38-6 1);
ti° Discours de Petosiris (1. 62-77);
5° Discours des filles du défunt (1. 78-97), puis de ses serviteurs et servantes (1. 98-
iià).
1° Nous avons vu ci-dessus (p. 128) le petit-fils du défunt, Téôs, debout sur lestrade, aspergeant la momie. Derrière lui s'avancent quatre prêtres vêtus de la longue robe blanche et coiffés de la perruque bleue : le premier porte une cassolette ^, et le second un vase rempli de grains de natron, dont le sokm va faire usage au cours des purifications. L'ordre de celles-ci semblerait donc être : eau, encens, natron. Mais le texte n'est pas d'accord avec l'image; il fait précéder de l'encensement les purifications par l'eau et le natron. Le texte suppose en outre que les prêtres ont déjà remis au sotem les objets qu'ils tiennent en mains.
I Le sotetn faisant l'encensement ' à l'Osiris Grand des Cinq, ^ maître des sièges, Sishou, , j. v., et disant : sPur, ^ pur est l'Osiris ^ Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, J j. v. , — - par quatre fois».
* Le fils aîné de ^ son fils puîné dans '" ses fonctions de solem, le Grand des Cinq, maître des sièges, '1' scribe de la trésorerie, (phylarque) de la première classe sacerdotale du temple de (...) et du '' temple de(. . .)'", Téôs, tournant autour (/t') '|^ de l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, 'i" avec quatre vases d'eau, et disant : sPur, '|^ pur est l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou. — par (quatre) fois. Ta purification '* est la purification d'Horus et réciproquement, ta purification est la purification de Thot et réciproquement, y ta purification est la purification de Geb'^' et réciproquement, ta purification est la purification de Sepa '|* et réciproquement. Pur, pur est l'Osiris Grand des Cinq, Sishou, — Y P^i" quatre fois. Prends pour toi ta tète, réunis pour toi tes os '" par-devant Geb. 0 Thot, reconstitue-le '•'' : est au complet Y ce qui lui appartient. Pur, pur est l'Osiris Grand des Cinq, Y maître des sièges, second prophète de Kbnoum-Rê maître d'Hirourt, Sishou, — par quatre fois, w
Y Le sotem tournant autour de l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, ' par quatre fois, avec cinq grains du Midi, (provenant) de Nekheb, qu'il porte à la bouche, qu'il porte aux yeux, Y qu'il porte à une main par deux fois '^', et disant : cr Pur, pur est l'Osiris Grand des Cinq, Y maître des sièges, Sishou. Le parfum'^', le parfum ouvre ta bouche. Y C'est la salive d'Horus, le parfum. C'est la salive de (. . . '*'), Y le parfum. C'est ce qui afi"ermit le cœur des deux seigneurs, le parfum. 57
'" Texte corrompu. Il s'agit très probablement des temples d'Hirourt et de Neferoust.
^'^'' Geb, au lieu de Seth que donnent les textes correspondants (Schiaparelli, // Libro dei Funeraîi, I, p. 3o, versions A et B). La substitution de Geb à Seth est un fait intéressant : «On sait la répulsion que Seth inspira aux derniers Égyptiens, le soia avec lequel ils martelèrent son nom sur les monuments, vers l'époque persane et les premiers temps de la domination grecque : on le supprima souvent de l'Ennéade pour ne pas faire à Osiris l'affront d'y laisser son meurtrierTi (Maspebo, Etudes de Mijthol. et d'Archéol. égypl., II, p. 385). — A Tinscription 80, 1. 18 et 96 (voir ci-après), le nom de Seth est remplacé par l'épithète trie Mauvais?).
'*' C'est-à-dire : qu'il porte à chaque main alternativement.
W — 2pourp2!T• '*' Le nom du dieu a été omis, et à dessein, semble-t-il; les textes correspondants [Libro dei Funeraîi, I,
Noms et titres mis à part, le début de notre inscription est non pas une reproduction, mais plutôt une sorte d'abrégé des formules courantes du rituel funéraire, telles que M. Schiaparelli les a rassemblées dans son Libro dei FuneraW'^K On remarquera, en particulier, qu'il n'y a pas trace ici des formules de la purification avec les quatre vases rouges, et que les deux opérations de la purification avec les grains du Sud, puis avec les grains du Nord ont été confondues. La troisième purification avec des grains d'encens, un nouvel encensement, l'adoration de la statue et le sacrifice du bœuf ont été complètement omis dans notre inscription ^'^K
ù° Les deux derniers des quatre prêtres qui s'avancent derrière Téôs portent, l'un une cuisse de bœuf, l'autre une herminette et l'instrument appelé wrt-hk'.w. C'est avec cette cuisse'^' et ces deux outils de fer que le solem va ouvrir la bouche et les yeux du défunt.
Y Le sotem prenant la cuisse tout d'abord <*', et ouvrant la bouche et les yeux ^ de l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, par'^' quatre fois, ^ en disant : «0 Osiris Grand des Cinq, maître des sièges , Sishou , '' je suis venu pour t'embrasser. Je suis Horus ; je t'ai pressé ^|' ta bouche ; je suis ton fils '^' que tu aimes. »
'l* Le «otem prenant l'herminette en ^ second lieu, et rœr(i)-M'(u>) en troisième lieu, et ouvrant ^^ [la bouche et les yeux] de l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê ^l' maître d'Hirourt, Sishou, j. v., par quatre fois.
Tout ceci n'est qu'un résumé très bref des opérations de l'ouverture de la bouche, qui forment deux longues sections du rituel funéraire {Libro dei Funerali, p. io3-io8 et p. 1 1 1-1 18).
3° A la suite du sotem et de ses quatre assistants, s'avancent quatre autres personnages, vêtus du jupon court se terminant par une queue; ce sont encore des prêtres, mais qui jouent ici les rôles d'Amsit, de Hapi, de Douamoutef et de Kebhsenouf; le premier est coiffé du hlaft et son menton s'orne d'une barbiche ; les trois autres portent des masques d'animaux, cynocéphale, chien et faucon. Leurs bras sont chargés respectivement d'un [ |, d'un cœur, d'un oiseau-âme et d'une momie, qu'ils apportent au défunt.
p. 38, versions A et B) donnent en effet ici le nom de Seth, qui a été supprimé dans notre texte pour la raison indiquée ci-dessus, p. i3i, note 2, sans qu'on prît soin de le remplacer par celui de Geb ou de quelque autre dieu.
''' Libro dei Funerali, I, p. 98, version k = Petosiris, 1-2, 4-5, 7; p. 3o, versions A et B == Petosiris , 12-21; p. 37, version k = Petosiris, 23-24; p. Zio, version k. = Pelosiris , 24-25; p. 38, version k <= Pelosiris , 95-98. ■ '^1 Lihro dei Funerali, p. 49-45; p. 48-49; p. 54-8i; p. 82-98.
''' Cf. Maspero, Etudes de Mythol. et d'Archéol. égypt., I, p. 3o5.
(*' m sp tpj tr tout d'abord , premièrement v , s'oppose à m sp én-nw et m sp hmt-nw, qui suivent.
'^' I V pour V; de même, 1. 37.
'*' L'une des rédactions du rituel {Libro dei Funerali, version A, p. 99) donne ici la variante ï ^. V^ j J wje suis Sethn, que notre inscription a, bien entendu, évitée.
'* Paroles dites par Amsit : «0 Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum- Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, Sishou, '«j. v., fils du Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Zedthotefankh, Y j- v., et né de la dame Tatoukem, j. v., — '\' je t'apporte ton )ta"', afin qu il ne soit pas séparé '' de toi éternellement; puisses-tu reposer avec ton ka, " et qu'il se complaise i'^' •avec toi pour l'éternité ! »
Y Paroles dites par Hapi : r^O Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt (et de celui de) Neferoust, ^ Sishou, j. v., fils du Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète "f Zedthotefankh, j. v., et né de la dame ^ Tatoukem, j. v., — je t'apporte ''* ton cœur dans ton corps!'', afin qu'il ne s'éloigne pas de toi en '' aucun lieu, pour l'éternité; puisses-tu reposer avec ton cœur éternellement ! »
]" Paroles dites par Douamoutef : rÔ Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rè maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, ]' Sishou, j. v., fils du Grand des Cinq, maître des sièges, \' Zedthotefankh, j. v., et né de la dame " T[a]toukem, j. v., — je t'apporte Y ton âme devant toi, pour qu'elle se promène Y dans la place de ton '*' cœur; puisses-tu reposer avec elle pour l'éternité ! »
Y Paroles dites par Kebhsenouf : kO Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt (et de celui de) Neferoust, Y Sishou, j. v. , fils du Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Y Zedthotefankh, j. v., et né de la dame Y Tatoukem, j. v., — je t'apporte 1° ta momie devant toi, afin qu'elle voie Rè, Y toujours; puisse-t-elle se complaire avec toi pour l'éternité ! »
II" Derrière le sotem et les huit prêtres, apparaît enfin Petosiris; il tient en mains un vase à libations et un encensoir; des tables chargées de provisions et de vases sont dressées devant lui. Il est en train d'offrir un sacrifice en l'honneur de son père défunt, en même temps qu'il préside à l'ensemble de la cérémonie.
Y Son fils puîné, son aimé, maître de tous ses biens '^', le Grand des Cinq, Y maître des sièges, grand prêtre, voyant le dieu dans son naos, prophète de l'Ogdoade '^', Y supérieur des prêtres de Sekhmet, chef des prêtres de la troisième classe Y et de la quatrième classe, scribe royal, comptable de tous les biens du temple de Khmounou, Petosiris, n. Y ini., né de la dame Nofritrenpet, j. v., en train de faire des offrandes à Y Osiris, à Rê, à Thot, à Maât, en pain, boisson, bœufs, oies Y et en toutes bonnes choses,
'" Cf. Livre des Morts, chap. 1 28 (Lepsius, pL LU) : J ^ ^ Cli^ V "^^ | ^ '"^'.
(2) I V I I J, cf. I. 61 I V 1 1 "'^ : dans ces deux passages, comprendre mj-f, orthographe de basse époque pour îml-f. Le verbe im'> «se complaire^ est attesté dès l'époque la plus ancienne : Sethe, Pyramidentexte , 1809, i8o3, etc.
l" Cf. Pyramidentexte, 835 c-U'3^P!lI!!^*J'"^^^"'^- On retrouve cette formule dans ie Rituel journalier : MoRET, Le Rituel du culte divin en Egypte, p. 63 et aussi, plus ou moins abrégée, dans certains tombeaux et sur certains cercueils de toutes époques.
<*' Il faut sans doute, dans la phrase m st ib-f, corriger ib-f en Ib-k.
'*) nb n Iht-fnb : par la mort de son frère aîné, Petosiris était devenu l'héritier des biens paternels et le représentant de la famille : c'est à ce titre qu'il assure le culte funéraire de tous les siens. — Cf. inscr. 69, 1. 1, et 81,1. 1.
'6' Noter l'orthographe fîT; J J, et cf. Index des noms de divinités, au Vocabulaire, p. 12.
et disant : «0 Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, *' prophète Sishou, j. v.! Ta bouche est ouverte par Ptah, '" ta bouche est ouverte par Sokaris, avec ce sien ciseau 'i' Y de fer, avec lequel il ouvre la bouche des dieux, Y (afin que) tu parles devant les dieux de Pê et que ton appel soit entendu dans '^ Depê. Ah! ce dieu auguste, Osiris Grand des Cinq, maître des sièges Sishou, j. v., j'ouvre ta bouche, car je suis Ptah; j'ouvre '* la bouche, car je suis' Hennou (Sokaris); je te donne tes deux bras'^* [• • •*
] ''' ouvrant (?) ta bouche avec l'eau '|^ du renouvellement que je t'ai apportée (?), c'est
Geb qui t'ouvre ta bouche''''. Ton cœur est à toi dans la maison des cœurs [tbw); ton cœur est à toi dans 'l* la maison des cœurs [IiUjw)^^^; tu te mêles aux dieux du ciel, tu es exalté plus qu'aucun d'entre eux (r iv im-sn); ton corps est le corps Y de Toum pour l'éternité. Pur, pur est l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt, Sishou, — par quatre fois. ?)
5° Les prêtres, dont nous avons observe' les gestes aux précédents paragraphes, sont suivis d'un cortège comprenant onze personnes. En tête s'avance le « chef-lecteur 55 (hrjhb hrj-tp), vêtu de la longue robe blanche, un rouleau de papyrus en main.
'1' Le chef-lecteur en train de lire [hr rys)'^' dans les livres Y et de faire (/tr îrt) les cérémonies pour l'ouverture de la bouche par-devant ce dieu.
L'officiant est suivi d'abord des quatre filles de Sishou; elles sont coiffées d'une perruque courte et vêtues d'une longue robe collante, soit rouge, soit verte, soutenue par des bretelles. Chacune d'elles est précédée de son nom [inscr. 82^, (1-'^)], à savoir :