XI. — Conclusions
*l^ J'ai agi (de telle sorte que) mon maître Thot(m')a exalté au-dessus de tous (mes) pairs, en récompense de ce que j'ai fait : 'i" H (m')a enrichi en toute sorte de bonnes choses, en argent, en or, en *^ récoltes ''' s'entassant ''*' dans (mes) greniers, en champs, |^ en troupeaux, en vergers de vignes '^), en vergers d'arbres fruitiers de toute espèce, en bateaux sur les eaux, *|' en toutes bonnes choses de (mes) magasins; je fus l'objet des faveurs du souverain [hk') de l'Egypte, et j'acquis lamour de ses courtisans.
J'ai fait ^ tout cela [nj r lu,') '®' pour obtenir (aussi) que ma vie se prolonge dans l'allégresse, que j'aie une bonne sépulture après la vieillesse ' et que je sois enterré dans ce tombeau à côté de mon père et de mon frère aîné. Et puissé-je être l'objet des faveurs du ^ maître de Khmounou et de tous les dieux d'Ount; puisse ma maison Y être occupée par mes enfants et le fils succéder au Y fds! Ah! qu'ils disent (de moi) ceux qui viendront plus tard : k Fidèle à son dieu jusqu'à l'état à'imakhout.
J'ai modifié la traduction que j'avais précédemment donnée (^Annales du Serv. des Antiquités, XXI, p. 242) des lignes 88-87. Je pense en effet que le verbe spsj, a. la ligne 84, a le sens actif rr enrichir»''', comme dans les inscriptions 58, 1. 3 1, 61, 1. 1 4, 69, 1. 2 : il faut admettre que le complément direct de la 1'''' personne a été omis après sps-f, de même qu'il l'a été, certainement, après dnw-f de la ligne 83. Le suffixe y est également à restituer après mjtt^^K On devra donc comprendre : rdj-j nb-j dhwlj dnw-f {wj) r 'mjtt{-j) nb m isiv n Ir-j — sps-f {wj) etc.
Petosiris énumère d'abord les avantages matériels que lui a valus sa piété envers Thot
'" Cf. ^pf (^ pour isj et J j^ pour bw, toujours traités comme des noms masculins.
'-' n faudrait aussi, dans cette hypothèse, ne pas tenir compte du signe du pluriel.
'*' 1 ^ 1 I I ^^''^it ^^ même mot que J M • «t récoltes « de l'inscription 58, 1. i3.
(^' Littéralement : «se succédante.
'*' Cf. ci-dessus, p. 60.
'*' «Tout celan désigne les travaux de Petosiris énumérés dans les précédents paragraphes.
'" Cette traduction a en outre l'avantage de ne pas donner à ""^ de la ligne 83 le sens de ^'.
'*' Le suffixe ;' est, de même, omis aux lignes 85 et 87.
(1. 88-87); il demande ensuite que son bonheur se prolonge jusqu'à sa mort et que, suprême récompense, sa maison prospère après lui.
Ligne 87, iiv (-=») b^w{-j) hr /Jcî Une phrase analogue s'est déjà rencontrée à
l'inscription 69, i. 10, ci-dessus, p. 126 (où l'on remarquera que Sishou désigne le souverain du nom de nsw, tandis que Petosiris l'appelle hk'.). — Comparer, inscr. d'Inni,
1. i/i (Sethe. Urkunden,]\, 58, 7-8) ^^| ,7,;^™«]|i^*|'*^,;^^ J^||-/j^| -inscr. de Béki..> i. .0, ! ^< -f ^^ i-^^Tif ^"Ïei,^!/:*^:' — Stèle de Naples, 1. 8-9 (Sethe, Urkunden, II, 3, 1 6-1 7) ""^ ^^1.= * ?j^^^
Ligne 88, cf. Stèle de Naples, 1. ik (^Urkunden, II, 5, a) a»^>^ ^ (O-* A IKI •
B. Registre infériecr (soubassement). — H est décoré d'une théorie de porteurs et porteuses d'offrandes, seize hommes et douze femmes, se dirigeant vers le fond de la chapelle. r:hes personnages ne sont pas pressés l'un sur l'autre et emmêlés comme dans les tableaux de style thébain; ils sont isolés et espacés ainsi que c'est le cas dans les vieux tableaux memphites, se suivant à la file, juxtaposés, mais non superposés en silhouettes'^^. » Il va sans dire d'ailleurs, selon une autre remarque de Maspero '^', que ces porteurs d'offrandes ne sont plus, comme aux temps anciens, des incarnations d'un domaine particulier : ce sont des personnages anonymes, qui apportent leurs dons aux maîtres décédés. Ils s'avancent, chargés, jusqu'à l'excès, de couronnes, de guirlandes et de bouquets : ils en ont sur la tête, aux mains, dans les bras; les parois sur lesquelles ils se profilent sont également couvertes de fleurs. Près de chacun d'eux marche un animal, généralement tenu en laisse, ayant au cou une guirlande ou un bouquet. Sur les épaules ou dans les bras, ils portent, en outre, qui un quadrupède, qui des volatiles, qui des vases ou des corbeilles, qui des coffrets ou des pièces d'orfèvrerie, certains même un enfant.
Ils se succèdent dans l'ordre suivant (voir pi. 35) :
1. Homme, vêtu d'un pagne; cheveux bouclés; sur ses épaules, un veau et quatre canards vivants; des fleurs à son bras droit, des fleurs encore ou un vase à son bras gauche. A ses côtés, un jeune taureau.
2. Femme, vêtue d'une longue robe recouverte d'un long manteau bleu; cheveux tombants, ceints d'un bandeau et couronnés de fleurs; un veau sur ses épaules. Près d'elle marche un oiseau, qui semble être une grue.
(" Dernière édition par Drioton, Recueil ChampoUion, p. 546-55i.
P! Maspero, Le Musée Égijptien, II, p. 88 (à propos des bas-reliefs de Psammetichos-Nefersam et de Zanofer).
1^' Maspero, Egypte (collection tf Ars Unan), p. 270 (au sujet des mêmes bas-reliefs).
Le Tombeau de Petotirii, i" partie. '9
3. Homme, portant le petit manteau vert^'^: sur ses épaules, un veau et deux canards; des fleurs à chacun de ses bras. Auprès de lui, un taureau, la queue relevée.
U. Femme; robe longue et long manteau; chevelure courte; un bouquet de fleurs dans une main, tandis que, de l'autre main, elle porte une cage sur laquelle s'agitent trois canards; des fleurs pendent à son bras droit, cinq canards tués à son bras gauche.
5. Homme, vêtu d'un pagne; cheveux bouclés; sur ses épaules, un veau et quatre canards vivants; un vase pend à son bras gauche; à son bras droit est passée une corde qui est rattachée a la patte droite d'un taureau marchant auprès de lui.
6 (voir pi. 36, à droite). Femme; robe et long manteau bleu; chevelure longue ceinte d'une couronne; sur sa tête une corbeille tressée, renfermant trois vases et deux pains; à son bras gauche sont suspendus huit poissons disposés sur deux rangs; sur son bras droit est assis un enfant, vêtu d'une courte chemise, la tête enguirlandée, un caneton en main. Un taureau, tenu en laisse, marche auprès d'elle.
y. Homme barbu, vêtu d'un pagne à bretelles; cheveux bouclés; sur sa tête, une corbeille contenant quatre canards; il soutient cette corbeille de la main gauche, tandis que, de la droite, il élève un vase, dont le couvercle est formé d'une corolle épanouie de papyrus et dont le col est orné de deux boutons non éclos; un canard volette entre le vase et la corbeille'"'. A son bras gauche pendent deux canards; à son bras droit est passée une corde retenant un taureau qui s'avance à ses côtés.
8. Femme; robe et long manteau; longs cheveux couronnés; un veau sur ses épaules; le bras droit tient un gros bouquet. Deux grues (?) marchent derrière elle.
9. Homme, vêtu du pagne à bretelles; cheveux bouclés; un veau sur ses épaules, une gerbe de fleurs à son bras droit. Un taureau portant entre les cornes des fleurs de lotus et de papyrus, disposées comme dans l'hiéroglyphe ttttt . s'avance à son côté.
10. Femme; robe jaunâtre, manteau bleu tombant droit aux genoux; cheveux longs couronnés; sur sa tête, qu'elle tourne vers la droite, une corbeille renfermant trois vases; cinq canards tués pendent à son bras gauche; une gerbe de fleurs repose sur son bras droit. Près d'elle, un taureau, la queue dressée.
11. Homme; pagne à bretelles bleues; cheveux bouclés ceints d'une couronne; un veau sur ses épaules; des fleurs sont suspendues à chacun de ses bras. Un veau, tenu en laisse, l'accompagne.
12. Femme, portant le petit manteau vert'^'; cheveux courts bouclés; des fleurs aux bras; un veau sur ses épaules. Un autre veau, portant au cou, non une fleur, mais un canard, marche près d'elle.
'" Il s'agit du «peignoir» décrit ci-dessus, p. 34.
'^' Ou bien ce canard représente-t-il une des deux anses du vase (cf. ci-dessus, p. 107, et pi. 20, en haut, à droite)? Cependant, on ne voit pas trace de l'autre canard, qui aurait formé l'anse droite du vase. >^' Encore le «peignoir^. De même les personnages n°' 21, 28, 2/1, 26.
i3. Homme, vêtu du pagne; sur ses épaules, une sorte de cage rectangulaire, d'où émergent cinq oies; un oison dans sa main droite; un long vase et des fleurs pendent à ses bras. Un taureau, couvert de fleurs, est à ses côtés.
ik. Femme, portant un assez long manteau; cheveux courts bouclés; un veau et un canard sur ses épaules. Des fleurs pendent à son bras gauche; du bras droit, elle tient en laisse un taureau qui l'accompagne.
1 5. Homme, vêtu du pagne; cheveux bouclés; un veau sur ses épaules. Sa main gauche tient élevé un vase en forme de situle; des fleurs pendent à son bras. Près de lui, un taureau.
i6. Homme (peut-être un nègre : chairs coloriées en noir), vêtu d'un petit manteau; cheveux bouclés; des fleurs dans ses deux bras; sur ses épaules, une antilope. Une autre antilope marche à ses côtés.
17. Femme, vêtue d'une robe à bretelles, laissant à nu un sein et recouverte d'un long manteau droit; sur ses épaules, une gazelle; un bouquetin (?) la suit.
18. Homme au manteau bleu; cheveux courts, une boucle à l'oreille droite; un oryx sur ses épaules; des fleurs à son bras droit. Un vase pend à son bras gauche.
19. Femme; longue robe et manteau tombant droit; cheveux courts ceints d'une couronne. Le bras droit tient élevé un vase rouge, entouré de fleurs; le bras gauche allongé tient une sorte de réticule rectangulaire, tressé, jaune et rouge; un objet du même genre, mais colorié en noir, est suspendu au coude droit. La femme pousse devant elle un enfant, vêtu d'une chemise, portant sur sa tête un oiseau.
20. Homme, vêtu d'un long manteau; sur ses épaules un oryx; à son bras gauche pend un vase cordiforme muni d'une anse; à ses côtés s'avance un éléphant de petite taille (1).
2 1 . Femme, portant le petit manteau vert; cheveux courts; sur ses épaules une gazelle; une espèce de réticule rectangulaire pend à son bras droit, une guirlande à son bras gauche. Derrière elle marche une gazelle.
22. Homme, barbu, vêtu d'un manteau bleu assez court, tombant droit; sa main droite maintient un enfant posé à califourchon sur son épaule et portant un volatile; de la main gauche il élève un vase entouré de fleurs. Un bouquet pend à son bras gauche. Un mouton s'avance auprès de lui.
28. Homme, vêtu du petit manteau vert; une gazelle est sur ses épaules; un vase cordiforme pend à son bras gauche. Près de lui, un oryx aux cornes extrêmement longues et droites.
26. Femme, vêtue d'une robe longue recouverte du petit manteau colorié en bleu;
'" Un éléphant est représenté au tombeau de Rekhmarê parmi les tributs que les Syriens amènent en Egypte (cf. ViBEY, Le tombeau de Rekhmara, pi. VU).
cheveux longs ceints d'un bandeau. Sa main gauche levëe tient un coq('\ Une gazelle, tenue en laisse, marche auprès d'elle.
95 (voir pi. 36 , à gauche). Homme, portant le petit manteau vert; cheveux longs ceints d'un bandeau; sur ses épaules, une antilope. Près de lui, tenu en laisse, un bouquetin ou ibex.
96. Homme; — nègre, à la tête crépue, ornée de deux plumes; il est vêtu d'un pagne maintenu par une bretelle. De ses deux bras levés, il tient sur ses épaules un plateau sur lequel reposent, à droite des fruits ou des pains ronds amoncelés, à gauche un k coffret à répondants» H muni d'un double vantail. A ses côtés, un oryx. Derrière lui s'avance un négrillon, coiffé de deux plumes, vêtu d'un pagne, portant un bâton de la main droite et soutenant de la main gauche la laisse de l'oryx.
27. Femme; — négresse aux cheveux crépus, aux lèvres épaisses, un anneau à l'oreille; elle est vêtue d'un manteau tombant droit; sur ses épaules une gazelle. Auprès d'elle marche un animal portant la barbiche des boucs, mais que ses cornes compliquées doivent probablement faire ranger dans la famille des cervidés, — peut-être un daim.
28. Homme; — nègre crépu, vêtu du pagne; il tient d'une main une gerbe de fleurs et de l'autre les pattes d'une antilope qui repose sur ses épaules. Une gazelle marche a ses côtés.
SECTION m. — MUR SUD (CÔTÉ EST).
(Planches 37, 38 et 54.)
A. Le pilastre. — Il est décoré sur sa face et sur ses deux côtés est et ouest.
a) Sur le côté est sont gravées deux lignes verticales, hautes de 2 m. 70 [inscr. 87] :
î rO Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, fils du Grand des Cinq Zedthotefankh , puisses-tu jouir de toutes les offrandes bonnes et pures provenant de [pr hr) i'autel du maître de Khmounou; puisses-tu faire ta nourriture des repas des dieux d'Ount; puisse ton cœur entrer en possession {^shm ib-kl) des offrandes funéraires!»
* rO Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, fils du Grand des Cinq Zedthotefankh, puisse ton âme sortir avec les âmes parfaites; puisses-tu entendre le bruit des louanges de(s) prêtre(s); que te soit donné le pain pour que tu n'aies pas faim, la bière pour que tu n'aies pas soif; et que belle soit ta marche vers Hesrit auprès d'elles (^sc. auprès des âmes parfaites)!», — voilà ce que disent à ton sujet les prêtres.
'" Les poulets sont signalés en Egypte dès le v' siècle : cf. Pahyasis (édition de G. Kinkel, fr. 96) : iroXXis Se voaviias Ôpvts.
Ligne i, le texte porte -I^^V— i ^'.^^. On pourrait, à la rigueur, traduire «t'emparant de toutes (les offrandes) à la cërémonie du pr-hrtw, quoique éhm ne se construise pas régulièrement avec /tr. Je crois préférable de modifier en '*' ', ce qui donne un
sens beaucoup plus satisfaisant : cf. d'ailleurs la phrase de l'inscription 137, 1. 6.
Ligne 2, les derniers mots semblent devoir se lire : m lim^-ntr r-k [In étant employé avec ellipse de dd, Erman, Grammalik^, % 5 01). Tout ce texte serait donc l'expression de vœux formulés par les prêtres en faveur du mort.
6) La face du pilastre (voir pi. 54, — 1) comporte à la partie supérieure un tableau avec légende, puis au-dessous une inscription de six lignes verticales.
1° Sishou, vêtu de la longue robe blanche des prêtres, est dans l'attitude de l'adoration devant trois divinités : Toum, coiffé de la double couronne, — Serki, aux chairs vertes, un poisson bleu sur la tête, — Horus, hiéracocéphale, — tous trois tenant en mains le sceptre 1 et la croix ansée. Un texte de treize (ou quatorze) lignes verticales surmonte la scène [inscr. 88] :
a) Au-dessus du défunt (lignes i-4) — Adoration [rdj t',w) par le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Nes-shou (Sishou), j. v. , fils du Grand des Cinq, Zedthotefankh , j. v.
i) Au-dessus de Toum (lignes 6-7) — Toum, jeune homme dans le ciel, fortifiant son corps au début de chaque mois.
Au-dessus de Serki (lignes 8-10) — Serki, dieu qui réside dans le temple du Scorpion (?), dieu issu de l'œil du soleil (?).
Au-dessus d'Horus (lignes 1 1-1 3) — Horus, qui aime sa place , qui réside dans le temple caché (?)
Lignes, "^"'(Vtî ^ ''^® ns-sw, nom complet de Sishou, rrcelui qui appartient à ShouT? : cf. inscr. \hl, 1. 2 , et voir ci-dessus, chap. i, p. 3.
Ligne 6, M^^.— »- [swrd), par métathèse, pour n*=» V^»* [srwd)^^\ Toum semble être ici assimilé à un dieu lunaire. — Comparer ce texte avec la version (moins correcte) donnée par le sarcophage de Taho'^', dans Maspero, Sarcophages des époques persane etptolémaïque, p. 208, n° 1.
Lignes 8-10, cf. le texte du sarcophage de Taho, ibid., n° 2 : au lieu de X , on y
lit ^ ht-srlf, leçon certainement plus satisfaisante; de même, au lieu de ^^ qui n'a
pas de sens, on y trouve '^'^' W P^^^'^ désigner l'œil du soleil.
Lignes ii-t3, cf. le texte du sarcophage de Taho, ibid., n° 3, qui n'est pas absolu-
»' La même métathèse se rencontre, me dit M. Golénischeff, sur une statuette qui est (ou était) à l'Ermitage de Pelrograd.
l'" Liste de trente-neuf dieux dont nous retrouverons la plupart sur les pilastres et les piliers de notre Tombeau.
9° Inscription de six lignes verticales, hautes de 2 m. 20 [inscr. 89] :
I Offrande royale à Osiris-Khentamentit , dieu grand, adoré dans Khniounou, (pour qu'il accorde au défunt) les offrandes (venant) du pays du Sud, les aliments (venant) du pays du Nord; (qu'il lui accorde aussi) de manger [wnm m) les plantes des habitants de VAkhtt et de boire (leur) eau, de respirer ' le vent du nord, à la tête des dieux de la Douât, de recevoir les offrandes'" (provenant) de (hr) l'autel dans la salle de la Double Justice; que' ceux qui sont dans (? mj^ le circuit du ciel l'accueillent par des applaudissements, comme Orion; qu'il sorte, qu'il entre'-' partout, sans qu'on lui dise ' nulle part : carrière», — (lui) le Grand des Cinq, maître des sièges, ferme dans la pratique de l'équité, n'ayant rien fait (de mal)''' dans sa ville, ni au dehors, abri puissant au jour du malheur'*', docile aux paroles de son Dieu, ' second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, Sishou, vie, paix. Il dit :
«En ce qui concerne tout haut fonctionnaire (sr), tout prêtre, tout prophète, tout officiant, tout homme, qui entrera '*' dans cette nécropole [stll), pour faire des sacrifices ^ aux esprits supérieurs, qui passera auprès de cet escalier, protégera ce tombeau et tout ce qu'il renferme, qui s'abstiendra d'y faire rien de mal, qui prononcera (ddf) mon beau nom auprès des ^ esprits supérieurs qui sont dans cette nécropole, — il vieillira dans (n) sa ville, sa sépulture sera dans l'Amentit. Moi, je suis florissant par ma vertu (M), excellent par mon mérite [h\t = hj',i) : qui (me) fera du bien, il (le) retrouvera plus tard, (car) c'est profitable à qui le fait. Qui honorera (mon) ka, son ha sera honoré : telle est la récompense accordée par un mort {î'h) quand on l'honore'*'. Comme on agira (à mon égard), on sera traité, car moi je suis un mort qui mérite d'être honoré, -n
Ligne 1, la phrase signifie que, grâce à Osiris, le mort ne participera pas seulement aux offrandes qu'on peut trouver en Egypte même, mais aussi à celles qui proviennent de \Akhit{j,hl)^ c'est-à-dire, comme l'a expliqué Kuentz {Bull. Inst. franc. Archéol. or., XVII, 1920, p. 121-190), des pays mystérieux qui sont en marge des frontières orientale et occidentale de la vallée du Nil.
Ligne 3, i ip-îb paraît signifier «ferme, sérieux, attentifs : cf. Mariette, Dendérah,
IV, 9 I V=>-i<=»- «soyez attentifs en portant la Grande 5j. L'expression ip-lb est
aussi une épithète de Thot (Boylan, Thoth, p. 180), qu'on trouve exprimée par un singe tenant un cœur, sur le sarcophage de Panehemisis, 1. 28.
Ligne 5, dd-f an lieu de l'expression habituelle tm-f. De même, à l'inscription 137, 1. 2.
Ligne 6, pour la phrase dwl k(-j) dwl h'-f, cf. inscr, 137, 1. 6.
'" »mî-{^((f recevoir des offrandes» ou simplement « manger» : cf. Mauiette, Dendérah, I, 36 (l. 4o) : x J>-
'^' rj m pour -^ ra '^ A .
''' Le mot .y a été omis après ^^; l'expression est complète à la ligne 5.
'*' Lire lcsn{t). Pour l'expression hrw n ként tfjour du malheur «, cf. Erm\n, Gespràch eines Lebensmûden, p. 21.
'^' Littéralement : «qui entreront». Mais les verbes qui suivent sont au singulier.
'*' Littéralement : tf c'est la récompense du (n) mort qui est honoré».
c) Sur le côté ouest du pilastre sont gravées deux lignes verticales, hautes de 2 m. 70 [inscr. 90] :
I Le Grand des Cinq, maître des sièges, aimé du Roi de Haute-Egypte, favorisé de son dieu, faisant ce qui plaît à son père et à sa mère, bienveillant pour ses frères, délégué de Sa Majesté pour administrer le temple de Thot maître de Khmounou, faisant toutes les choses pour lesquelles Sa Majesté l'a envoyé, — le prophète Sishou, vie, paix.
. ^ Le Grand des Cinq, maître des sièges, favorisé du Roi de Haute-Egypte à cause de sa sagesse {i'>r-J), honoré '" du Roi de Basse-Egypte à cause de sa perfection , aimé du Roi de Haute-Egypte parce qu'il pratique l'équité, cher au cœur du Roi de Basse-Egypte parce qu'il dit la vérité, élevé par le Roi au-dessus de tous ses pairs, — le prophète Sishou, vie, paix.
Tous les termes employés ici pour désigner le souverain, que Sishou servit avec zèle, indiquent sans aucun doute qu'il s'agit, non d'un usurpateur perse, mais d'un véritable Pharaon, probablement un des derniers rois de la XXX" dynastie. Cf. ci-dessus, p. 1 2 et p. 127.
B. Panneau à l'est du pilastre (pi. 37 et 38). — Il comprend trois registres superposés.
a) Au registre supérieur, Sishou, vêtu de la longue robe sacerdotale, adore neuf génies [inscr. 83] :
] Dit par i'Osiris, Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt, et d'Hathor dame de Neferoust, Sishou, j. v. , fils | du Grand des Cinq Zedthotefankh, j. v. : «0 ces dieux, suivants {imjw-hl) de Rê, protégez-moi chaque jour, ^ éternellement, car je suis l'un d'entre vous '^'».
Les neuf génies, auxquels s'adresse sa prière, sont appelés [inscr. 84 (a)] :
Les dieux qui adorent Rê.
Trois d'entre eux sont des génies anthropomorphes, trois autres ont une tête de chacal (ou de loup), les trois derniers une tête de crocodile. Tous sont agenouillés et font le même geste d'adoration que Sishou. Ces génies sont bien connus; ils figurent dans Dumi- CHEN, Der Grabpalast des Patuamenap (^ partie, pi. XXVI), sur le sarcophage de Téôs (Sharpe, Egyptian Inscriptions, II, pi. 12), et déjà sur les murs des hypogées royaux (Lefé- BURE, Le Tombeau de Séli l", IV' partie, pi. XXV-XXVI). Plusieurs de leurs noms sont ici corrompus [inscr. 84 (6)], notamment : le n° 1, qui correspond à t^ ^^ — 1 de Séti 1", le n° 5 à V de Séti P' {Grabpalast ^), le n° 7 à i^-^^^ de Séti I" {Grabpalast I*-), le n" 8 à ^|^2î ^^ ^^^' ^" {Grabpalast, ZZ^W^)'
'" îm'hw est écrit ici, par exception, M^ (exemple unique). '■" Cf. Bergmarn, Panehemisis , \. 3 »— a 1 /»-*£=> .
b) Au registre moyen, Zedthotefankh , le fils aînë de Sishou, rend hommage à son père défunt. Celui-ci, vêtu de ïhtmation à bordure crénelée, le bâton en main, l'anneau sacerdotal au doigt, est assis sur un siège à dossier bas, à pattes de lion; ses pieds, chaussés de sandales, reposent sur un tabouret. Zedthotefankh, portant, comme son père, le manteau grec et l'anneau, est debout, le bras droit tendu. Au-dessus de Sishou sont simplement gravés ses titres, tandis qu'au-dessus de Zedthotefankh se lit l'allocution qu'il adresse au défunt [inscr. 85] :
a) — J Le Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt ' et d'Hathor dame de Neferoust, Sishou, j. v. , ^ fds du Grand des Cinq, maître des sièges, Zedthotefankh, ' j. V., et né de la dame Tatoukem, j. v.
b) — ] Son fds aîné, le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète ^ Zedthotefankh, j. v., né de la dame j Nofritrenpet, j. v. Il dit : «Comme elle est belle ^ cette maison, sans pareille (n injtl-f), faite par'" 9 ton fils puîné, pour faire vivre ton nom, '" le Grand des Cinq, maître des sièges, Petosiris, n. im.\ Ce qu'il a fait, Y ton cœur s'y complaît! Il a parachevé {s'rkf) '* ce tombeau dans l'allégresse; tous les hommes (jui y ont pratiqué '| leur métier, leur cœur [ib-s) était dans la joie, 'i' Puisse ton cœur se complaire '|^ dans ce qu'il a fait pour toi! Que prospère tout autre (homme) qui agira de même!»
On observera avec quelle habileté Petosiris a réussi à tourner à sa propre louange ce discours où il n'est question ni de Zedthotefankh, ni de Sishou. Quelques mots sur la carrière de son frère aîné auraient satisfait davantage notre curiosité.
Derrière Zedthotefankh se tiennent, sur trois rangs superposés, les autres enfants de Sishou (moins Petosiris) [inscr. 86] :