SECTION I. — MUR SUD (PANNEAU CENTRAL
(Planches 52 et 53.)
Le panneau, limité par les deux pilastres, comprend, outre la frise, en partie conservée, trois registres superposés.
A. Registre supérieur. — 11 est décoré de deux scènes parallèles, accolées l'une à l'autre : à gauche (côté est) Sishou, à droite (côté ouest) Zedthotefankh, vêtus l'un et l'autre de la longue robe blanche sacerdotale, adressent leurs hommages à Osiris. Le dieu, coiffé de la couronne atef, le fouet et le crochet en mains, est assis sur un trône placé sur une estrade: derrière lui se tiennent debout Isis (scène de gauche) et Nephthys (scène de droite). Les personnages sont encadrés, de part et d'autre, d'une inscription de dix-sept lignes qui comprend a) un discours du défunt, h) les titres d'Osiris et de la déesse qui l'assiste, ainsi qu'une courte prière.
1° Scène de gauche [inscr. 91] :
a) j Dit par l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt î et d'Hathor dame de Neferoust, phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt et (de celui) de Neferoust, Sishou, j. v., fils du Grand des Cinq, maître des sièges, Zedthotefankh, ^ vie, paix, et né de la dame Tatoukem, j. v. : wJe viens'" à toi, Osiris-Khentamentit, mes deux mains portant Maât : je n'ai pas commis de | péché, j'ai été juste de cœur dans la pratique de l'équité '^', je suis demeuré sous ton obédience étant sur la terre, je n'ai rien fait de mal (^M nh), je n'ai pas nui aux ^ hommes ('nA/u)); il n'y a pas de faute {\w) contre moi devant ^ le collège (des souverains juges). Ah! agis de même à mon égard de façon''' j excellente (?). Fais que mon fils (me succède) à ma place (sfn-y sic), et que
'" ij-n-j : voir ci-après, p. 200, inscr. 95, ma remarque au sujet de la forme en -n.
'^' Même expression, inscr. 137,1. 6 (ci-dessus, p. igi).
<"'.i]^-«-- paraît être le mot qui, le plus souvent, s'écrit -«^^jet *\]\- L'expression est insolite.
celle-ci ne reste pas vide'". ^ Et puissé-je être avec toi, éternellement, car je suis un mort parfait, ^ irréprochable : je suis pur, mon nom (?) est immaculé '*'. r>
h) 'i' Osiris-Khenlamentit, adoré dans Ount, Dieu Y grand, maître d'Abydos, et en toutes ses places. Qu'il fasse que subsiste*'' " le corps du défunt parfait, '|* irréprochable qui est devant '|'' lui. Qu'il fasse que vive son âme à nouveau.
'l^ Isis, grande mère divine, qui cache son frère, '* qui protège son fils, dame du ciel, reine de tous les dieux.
'l' Vimakhou d'Osiris-Khentamentit, Dieu grand, adoré dans Khmounou, le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Sishou, vie, paix, fils du Grand des Cinq, maître des sièges, Zedthotefankh , j. v.
9° Scène de droite [inscr. 92] :
a) ] Dit par lOsiris Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître ' d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt et (de celui) de Neferoust, Zedthotefankh, j. v., ^ fils du Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Sishou, vie, paix, et né de la dame Nofritrenpet, j. v. : «0 mon maître * Osiris-Khentamentit, je viens à toi, (t')invoquant'*'; écoute ce que je dis devant toi : place-^moi parmi tes suivants, car je suis un béni, — ^ un béni'^' de son maître. Je n'ai pas commis de péché J sur la terre, il n'y a pas de faute contre moi. * Je suis un imakhou; n'impute aucune mauvaise action | à mon compte, jamais. Je suis un serviteur qui suit son maître. »
i) '|° Osiris-Khentamentit, vénéré dans Hesrit, Dieu grand, Y maître de Mendès, et en toutes ses places. Qu'il fasse que subsiste le corps '' du défunt parfait, Y irréprochable qui est devant 'i" lui. Qu'il fasse que vive son âme à nouveau.
'l^ Nephthys, qui protège son frère, qui 'f défend le fatigué de cœur (Osiris).
Y Vimakhou d'Osiris, maître de Mendès, Dieu grand, vénéré dans Hesrit, le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Zedthotefankh, vie, paix, fils du Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Sishou, j. v.
B. Registre moyen. — Le centre du registre est décoré d'un énorme scarabée dressé sur un serehh ^; il est coiffé de la couronne atef, surmontée du disque solaire et posée sur des cornes de bélier ornées d'urœus. Deu.x déesses l'entourent, éployant leurs ailes en signe de protection et tenant le sceptre 1 que traverse le sceau d'éternité (3j : à droite, Nekhbet à tête de vautour, coiffée de la couronne blanche; à gauche, Bouto à tête de serpent, coiffée de la couronne rouge (voir l'aquarelle que reproduit notre planche 53). Derrière Nekhbet et derrière Bouto se tient Isis, accompagnée soit de l'oiseau-âme, soit d'un vautour, debout sur un serehh; dans un cas, elle est coiffée de la voile qui se gonfle au vent.
'" Pour celte phrase, voir ci-dessus, p. i ab.
'^' n dw rn-j; ou bien, supprimant n, on pourrait comprendre n (Jw r-j «i\ n'y a pas de mal contre moln.
(3) mm 9^ gy jjgy ^g ||||||||| ■ ^^^^^^ confusloQ entre mnk et mn devait être assez commune : on la trouve par exemple au tombeau de Nebamen, Sethe, Urkunden, IV, 1 5o, 5 [mnh rnj au lieu de mn rn-j).
'"' li semble que dans la phrase sdm-k njs dd-n-j m blh-k, il faille intervertir l'ordre des premier et deuxième mois, et rapprocher sdm-k de dd-n-j.
'*' Peut-être faut-il comprendre : ffun béni (fils d'un)béni de son maîtrer : cf. inscr. 102, 1. G.
Quatre légendes encadrent les figures; trois d'entre elles sont d'une interprétation difficile, et il est vraisemblable que le texte en est fortement altéré :
Au-dessus de Nekhbet [inscr. 93] :
Dit par Moût, la blanche de Nekhen : «Je resplendis (" (?); c'est moi (?) celle qui apparaît (?) en toi, ô mon aimé, mon héritier'''')».
Au-dessus d'Isis et de l'oiseau-âme [inscr. 94] :
J Dit par Isis, souveraine'^' des hommes, mère divine, qui protège son fils : «Je suis la reine, * je viens
[ink lœ?) vers tous les districts, dans la sollicitude de mon cœur (?). J'^accours (?) "j' La vie t'est
renouvelée au moyen de l'or qui sort de ^ tes membres. Ma face se réjouit. C'est moi qui suis ton guide *(vers) le monde inférieur, (à toi) qui apparais'*' comme J un jeune homme, ô (mon) fds (?)'*)».
Dans ces deux textes, dont la traduction est des plus hypothétiques, j'ai cru reconnaître (non sans hésitation), en dehors de înk ( et ), trois formes du pronom absolu de la i" personne du féminin :
i" <2 J, inscr. 93, 1. 3 : ce pronom est inconnu, mais on peut le supposer formé
sur le modèle des pronoms de la a" personne J V-^pt^, J V^^pti |jf j(j\i,)|/(; et de
la 3^ personne J V»^-^ wi + (ytiD)-fy, I I n/H-(y) + s, qu'on rencontre à Dendérab (JcNKER, Grammalik, § 56). Comparer le copte nxok, ntom, ntoc Nous aurions donc de même une première personne (avec suffixe féminin J j *nt + [jw)-\-j^'^K
2° J, inscr. 9/i, 1. i, serait le pronom absolu de la i" personne twj ( *)^), mais avec déterminatif féminin J substitué à S^''l
3° J, inscr. 94, 1. 2-3, nwj (ou inwj), pronom que l'on rencontre parfois à Den-
dérab, avec déterminatif soit masculin soit féminin. Gf Junkeb, Grammatik, § 55, qui cite,
'" «|- sans déterminatif : ce verbe avec déterminatif -^ signifie «• mettre au monde; avec déterminatif o ffilluminer, éclairer^, peut-être r resplendira, sens que j'ai adopté dans ma traduction, mais qui n'a rien de sûr.
'*' tw'w-t (fmon hérifierw; t suffixe de la i" pers. fém. sing. (cf. Junker, Grammalik, S ù8, 4).
"' nblj rhjt au lieu de nbt rhjl.
'■' Transposer s=. devant ^= et lire : If-tj m hum. . ., =■ étant la désinence du pseudo-participe.
1^) (tiP* '"*'{/ peut-être pour [fjO'^ mslw (métw), mot ancien signifiant «fds». Cf. Erman-Grapow, Aegypt. Handwôrtb., p. 'ji.
'*' Une autre explication consisterait à décomposer ^^ « J en n(/ (relatil)-f «y (pronom absolu, avec déterminatif féminin) : pour l'emploi de ntj et d'un pronom absolu comme sujet d'une phrase nominale, cf. Sethe, Nominalsatz , S 9. Mais la construction exigerait ensuite un infinitif avec hr, ou un pseudo-participe, qu'on ne saurait, en toute hypothèse, reconnaître dans * J, quelle que soit d'ailleurs la valeur exacte de ce groupe de signes.
'" La forme "^ J est connue, mais comme seconde personne du féminin.
à côté des formes du pronom nwj avec dëterminatif masculin, les exemples de Dendérah, IV, /.a,' J eti, 6o6,JJ.
Mais tout cela est très incertain, et il se peut que le texte soit incorrectement gravé.
Au-dessus de Bouto [inscr. 95] :
Dit par Bouto {w',dt-p-dp) : «J'apparais sur la tige de papyrus; j'écarte de toi"* les ennemis».
Les deux verbes sont à la forme en -n, forme fréquente dans les apostrophes et discours quelque peu solennels, et qu'il convient, dans nos langues modernes, de rendre par le présent (cf. Junker, Grammatik, S i 3i). Au lieu de J suffixe, on a gravé deux fois ^^^ (de
même, inscr. 93, 1. 2-3, *T**}^)- Dans ces légendes, pronoms absolus et suffixes semblent donc traités avec la plus grande fantaisie.
Au-dessus d'Isis et de Toiseau-âme [inscr. 96] :
I Dit par Isis, dame de la couronne du Nord f^' : J «Le vent du nord à (ton) nez. . . '^ je (?) fais respirer (ta) gorge [srk ihtj)
Je ne comprends pas la fin du texte : chacun des mots s'explique aisément, mais ils ne donnent, réunis, aucun sens satisfaisant. Si l'on compare la première partie de l'inscription aux formules analogues qu'on trouve sur maints sarcophages de cette époque'^', on y constate d'évidentes lacunes, d'où l'on peut conclure que la seconde partie de l'inscription a été elle aussi abrégée au point que ce qui en reste est inintelligible.
C. Registre inférieur. — Au centre est gravée une énigmatique inscription, que j'ai reproduite sous son aspect original : peut-être y est-il question d'une offrande faite à Thot,
offrande appelée îrt-hr «l'œil d'Horus», m rn-s p{w)j n db't (?) «en ce sien nom de ;7.
Le sens de cette expression, comme aussi bien la signification de l'inscription entière, m'échappent complètement [inscr. 97].
Ce texte est encadré de deux groupes ornementaux a f S ^u delà desquels se déroulent
deux scènes identiques : un prêtre de ka, portant sur la tête l'hiéroglyphe de son titre |I| , tient d'une main un plateau d'offrandes, et de l'autre un vase dont il répand l'eau sur les mains d'un oiseau-âme, coiffé du cône que traverse une fleur'*' et debout sur un serekh. L'oiseau-âme représente le défunt, à gauche Sishou, à droite Zedthotefankh.
*" Le verbe shr se construit soit avec r (construction normale), inscr. 7d, I. 3 , soit avec hr, ici et inscr. 145, L 5-6.
'^' Le mot est écrit ici '$"-^^5 au ''eu de "^^^ (mhws).
''' Par exemple sur le sarcophage d'Imhotep, au Musée du Caire (inédit, je crois); sur le sarcophage de Petosiris, au Musée de Marseille (Maspero, Recueil de travaux, 87, 1916, p. 7) etc.
'*' Sishou et sa femme portent la même coiffure sur le tableau décorant le registre supérieur du panneau nordest, inscr. 68.
La scène de gauche est accompagnée de deux inscriptions : auprès de l'oiseau-âme [inscr.
98(fl)J:
Le Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt, Sishou, fils du Grand des Cinq, Zedthotefankh.
Sous la main du prêtre de ka [inscr. 98 (i)] :
Ton eau est à toi, ta libation est à toi.
La scène de droite comporte deux inscriptions semblablement disposées : auprès de l'oiseau-âme [inscr. 99 (a)] :
Le Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt, Zed[thotefankh, fils du Grand des Cinq], Sishou.
Sous la main du prêtre de ka [inscr. 99 (t)] :
Ton eau est à toi, ta libation est à toi, ton pain est à toi.