‹ Le tombeau de PetosirisChapitre 9 sur 103 · SECTION I. — LE PORTAIL · texte numérisé non relu

SECTION I. — LE PORTAIL

(Planche 6.)

L'élégant portail qui s'ouvre au milieu de la façade est, comme toutes les autres parties de l'édifice, couvert d'inscriptions.

Les montants extérieurs en comportent chacun deux. Ce sont d'abord , gravées horizontalement sur le bandeau, au-dessous de la gorge, des prières à Horakhti, le soleil levant (du côté est), et à Toum, le soleil couchant (du côté ouest). La première [inscr. 3] est une imprécation h l'adresse de ceux qui viendraient troubler le repos des morts :

I 0 Horakhti [Hr-lhtj), dieu grand, qui se lève [wbn) dans Bakhout" et qui accroît sa forme'*' par son rayonnement, ' ne te montre pas favorable''' à celui qui commettrait une mauvaise action dans ce tombeau.

La seconde [inscr. 1] est d'une interprétation difficile, le texte en étant certainement incomplet; c'est, semble-t-il, un vœu en faveur de l'âme :

] 0 Toum, dieu grand, qui se couche'*'. . . ' ... .fais prospérer (sw'/i?) Tâme. ....

Après l'appel aux dieux, l'appel aux vivants, — humble requête qui se répète textuellement en deux inscriptions gravées verticalement sur le fût des deux montants, comme si l'on avait voulu forcer l'attention du visiteur, et obliger celui-ci à ne pas franchir le seuil du tombeau sans s'être bien pénétré des termes de cet appel [inscr. 2 et 4] :

I Dit par le Grand des Cinq, maître des sièges, prophète de l'Ogdoade, Petosiris, «. im. : aO tous prophètes, tous prêtres, tous scribes, tous savants (rA-SAt'*') qui entrez dans cette nécropole (st5t) et qui

'" B'.hw, la montagne de l'Est où naît le soleil.

'*' c^ ^ pour T j J w',h kj : c'est une épilhète de la lune (Brugsch, Wôrtb., V, 953, 897, SgS) et également de Thot (cf. Boylan, Thoth, p. 65), qui peut bien s'appliquer au soleil. Si l'on préfère lire «->^ wA* ks [hU] «celui qui se dégage de ses liens n, on peut songer à une comparaison entre le soleil levant et le mort qui ressuscite et sort du tombeau, après s'être libéré de ses bandelettes (cf. Sethe, Pyramidentexte , 2008-2009).

(3) I Aj.^ pour I V'^'»^, impératif négatif. Littéralement : cae fais pas de choses avantageuses^.

'*' htp opposé à wbn de la précédente inscription (on attendrait ici hip m mlnw).

'*' Le mot est traduit par iepoypaiJLiuxTsis dans le Décret de Campe, 1. 1 4. Peut-être désigne-t-il , par extension , ceux qui officient dans une cérémonie funéraire (cf. Gardiner, Admonitions, S 2, ih).

voyez î ce tombeau, ah! prononcez mon beau nom et dites : offrande funéraire en pain, bière, bœufs, oies et en toutes bonnes choses, pour le ka du maître de ce tombeau 77.

Le seuil franchi, on retrouve, à Tintérieur même du portail, des prières analogues : deux lignes gravées horizontalement sur le bandeau de la feuillure de gauche, au-dessous de la gorge'*' [inscr. 7] :

J 0 vivants qui êtes sur terre et venez dans ce cimetière, ainsi que tous ceux qui viennent pour demander des grâces * aux'*' esprits supérieurs, ah! prononcez mon beau nom, et Thot (^) vous bénira.

Et en face, deux lignes gravées horizontalement sur le bandeau de la feuillure de droite [inscr. 5] :

I 0 tous prophètes, tous prêtres qui entrez pour faire des sacrifices dans ^ le temple des esprits supérieurs, pensez à mon ka^^\ quand sont récitées les litanies'*'.

Deux autres textes, rédigés de façon identique, sont gravés verticalement au-dessous du bandeau et complètent la série des inscriptions du portail [inscr. 6 et 8J :

I (Quiconque) va et vient pour déposer'-^' des offrandes dans cette nécropole, quiconque entre dans le temple des esprits supérieurs pour y faire des sacrifices, en son temps, — prononcez mon beau nom ' a côté de ces dieux, inclinez vers moi vos deux bras dans (la cérémonie de) «une offrande que donne le roi», car je suis un homme qui mérite qu'on lui fasse des sacrifices'*'.

ffLe temple des esprits supérieurs 77 — hl-ntr nlj h',w-',w : cette expression se rencontre aux inscriptions 6, 1. 1; 8, 1. 1; 82, 1. 90; 125, 1. 9. J'ai proposé jadis ''' d'y voir le nom d'un monument indépendant des tombeaux, d'un temple situé dans la nécropole, où se seraient arrêtés les visiteurs pour déposer des offrandes et implorer des grâces. Mais peutêtre est-ce simplement une désignation de la tombe : kw-',w équivaudrait à kw-il^rw, et l'expression tout entière serait synonyme de ht-k. Comparer la phrase de l'inscription de Miramar, 1. 1 (Wreszinski, Aegypt. Inschriflen... in Wien, p. 1 10) f^O vous tous qui venez

>5^5i — ~\^'7'^~ — ~~ dans {)^ = r) la nécropole du k des kw, (dans) le lieu sacré du grand des grands 57.

'" L'inscription est visible sur la planche 58, — 1, côté gauche.

'*' nh Ihî hjt, comparer inscr. 125, 1. 9, dhhlhtm'^.

"' éh', kl-j : cf. Musée du Caire, Lange-Schâfer, Catalogue général , n° aoSSg, I, 21 stj'tj-fj rn-j.

'*' hknw est le nom dont sont désignées, par exemple, les Litanies du Soleil. Dans les litanies, les noms du dieu sont appelés, invoqués, par conséquent commémorés, d'où l'emploi de sh'>.

(5) ,;3 pour w',h.

>" Littéralement : «un homme de faire des sacrifices à lui n ir n-f-n. Cf. ci-après, le commentaire de l'inscriplion 56,1. 2 , pour les formules de ce genre.

'" Annales du Serv. des Antiquités, XXI, p. 225.

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