ÉLIE FOUT^ÈS
QÂU TOËTE.
■ autier, doux enchanteur à la parole fière, Habile à susciter les contours précieux Des apparitions qui flottaient dans tes yeux , Tu ris avec bonté ton œuvre de lumière.
Le royal talisman , le prompt évocateur , Le Verbe arma ta bouche abondante en images ; Mieux que l'anneau mystique et la verge des Mages La parole servit ton vouloir créateur.
La parole est divine et contient toutes choses. Heureux qui, pour fixer son rêve intérieur, Employa sans faillir la forme et la lueur Dans le cristal des sons fatalement encloses !
Heureux qui fit couler , à flots , de son pressoir , Comme un vin d'Engaddi , les mots dont on s'enivre , Et qui , pour célébrer le triomphe de vivre , De rhythmes parfumés remplit son encensoir.
Heureux qui , comme Adam , entre les quatre fleuves , Sut nommer par leur nom les choses qu'il sut voir, Et de qui l'écriture est un puissant miroir Fidèle à les garder immortellement neuves !
Car après que cet homme a fini ses travaux, Et que les belles mains de la Tristesse calme Ont posé fermement la couronne et la palme Sur sa bière livrée aux lents et noirs chevaux ,
Il vit épars en nous sur la terre chérie; Son essence, à nos yeux charmés, en songes clairs, En chastes visions, dans la douceur des airs Flotte, et l'heure présente en est toute fleurie.
Il se mêle, subtil, au jour que nous voyons Et vient nous affranchir du temps et de l'espace ; Un frisson glorieux saisit nos cœurs où passe Son âme dispersée en ses créations.
Son souffle sibyllin autour de nous fait naître Un astre enchanté, plein de suaves couleurs, De parfums, de regards, de sourires, de pleurs, Et multiplie en nous la joie immense d'être.
Que pour nous l'univers se baigne tout entier Des effluves charmants de la pensée humaine ! Que sur tous les chemins où le destin nous mène Tes apparitions se lèvent, ô Gautier !
7o LE TOMBEAU
LE éMc^GICIE^d
Fier et beau comme un fils d'Hellas, terre des Dieux, Secouant au soleil sa large chevelure, Jeune, et l'âme superbe encor plus que l'allure, Quand II voulut vous rendre à la splendeur des cieux,
Arts livrés aux corbeaux, dont le bec odieux N'avait rien épargné de la chaude nature Et du sang qui te fait une pourpre, ô Peinture, Avec la chair vermeille, enchantement des yeux,
« Va! cria dans l'aurore un génie, et réclame Au Giorgione, à Rubens,~au Lorrain, à Goya, Leur palette où la vie intense flamboya! »
Or, 11 saisit la plume au flot noir : mais la flamme Jaillit de l'encre... et, Maître aux doigts ensorceleurs, En assemblant des mots II créait des couleurs !
FÉLIX fRoA^K
qave immocBjoÂLis
tMOHirURUS TE SqALUTqAT
tin heiliger Schauer erfasst mich, durchdringt mich, Wenn deiner ich, Dichterfiïrst, auch nur gedenke ; Bewunderung reizt mich, Begeisterung zwingt mich, Dir gleich einem Gotte zu bringen Geschenke.
Doch was kann ich bieten dem Geist ohne Tadel, Dem schon sein Jahrhundert die Palme geboten } Und wass dem Poeten voll Reinheit und Adel, Der nur als Unsterblicher kam zu den Todten }
So viel als der sterbensbereiteste Fechter, Dem Cassar, dess Blick auf ihn wirkt noch verderblicher. Als die Lanze des Gegners, der Menge Gelaschter : Eh 'ich verscheide, den Gruss dir, Unsterblicher.
ESMéMoA^dUEL GLaASE'R.