‹ Le tombeau de Théophile GautierChapitre 8 sur 14 · C» F. 'DE · texte numérisé non relu

C» F. 'DE

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Ly'autres de son- génie ont parle dignement^ Trop jeune et trop obscur pour l'avoir pu connaître, Je ne sais rien de lui, que l'œuvre et que le maître. Ceux qui, parents, amis, pleurent en ce moment, Savent ses dons de cv^ur. Je dirai seulement Quelle image de lui vient toujours m'apparaître; D'abord, c'est au théâtre, aux soirs où tout Paris Va d'un auteur nouveau savoir quel est le prix, Ou grossir des sixtes le long martyrologe.

Lui, tranquille, accoudé sur le bord de sa loge,- Écoutant tout passer sam paraître surpris, Aux efforts malheureux distribuait l'éloge. Et puis, où je le vois encor, c'est à Neuilly, Dans son chalet bâti dans un coin de campagne. C'est là qu'il vivait seul, comme un lion vieilli Paresseux à quitter le haut de sa montagne Là qu'il s'était adjoint l'étude pour compagne, Et que tout jeune auteur était bien accueilli. Et moi, je m'en souviens, voilà bien des années, J'allai, dans ce doux nid, aujourd'hui plein de deuil, De mes premiers essais lui porter le recueil. O soleil de, printemps époques fortunées Beau jour! Que de gaîtés s'en allaient égrenées Des lèvres du causeur qui me reçut au seuil Nous parlâmes de l'art et de l'acteur Rouvière, Des beaux soirs d'Henïani, du journalisme affreux, Et combien en ces temps l'artiste est malheureux, Esprit libre forcé de marcher dans l'ornière. Sa conversation me revient tout entière, Aujourd'hui que j'apprends son trépas douloureux. Soldats du romantisme et de dix-huit-cent-trente, Bons preux, après la lutte et les combats ardus, Vous voici dans la mort presque tous descendus! Dormez en paix! -Votre âme en vos oeuvres errante Dira sans fin, trompette héroïque et vibrante, Des chants qui, pour vos fils, ne seront pas perdus Lorsque, las de carnage et vaincu par le nombre, Le paladin Roland tombait a Roncevaux, Le cor, chantre et témoin de ses nobles travaux, Refusait d'escorter son âme en la nuit sombre. Et le pâtre des monts entend toujours dans l'ombre Ses chants mêlés aux cris effarés des chevaux.

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