LE TON DE LA PRÉDICATIOX
datant environ de 1652, et dans le manuscrit, de beaucoup antérieur, qui nous a fourni la plupart des extraits cités sur ce chef de l'appareil scientifique, sont présentés comme types. (1) Loin d'être exceptionnels, ils reflètent la multitude des sermons de même époque, recueillis par les tachygraphes ou même Hvrés par leurs auteurs à l'impression.
Nous en retrouverons un choix, varié en étudiant le second élément signalé comme note saillante de cette éloquence du temps, les préoccupations de controverse contre le protestantisme.
(1) Voici encore par exemple le début d'un Panégyrique de Saint Louis par Cohon, évoque de Ninies, que la Gazette du 29 août 1643 signale comme prêché devant la Reine à la Maison professe des Jésuites. (Cf. Hist. crit. de la Prédication de Bourdaloue, p. 32^). Le ms. fr. 9637 nous a gardé le texte de ce sermon : « [1643. [n festo 5" Ludouici Gall[iae] régis. La Reyne régente y estant. En TEglise de la Maison professe des Jesuistes.] Dedi inaureni super os tuuni k circulos in auribus tuis, kcoronam decoris in capite tuo. Ezech. 16.] Madame, L'experiance nous faict voir que pour polir vn diamant il faut vn diamant, L'artifice des hommes n'y peut rien sans cela, et la nature Ta voulu afin que ceste pierre pretieuse ne tirast son esclat ny sa beauté que d'elle mesme. Merueilleux auantage que je trouue commun aux saincts qui ne cherchans pas leur gloire en la bouche des hommes la tirent de leur vie, et de leurs propres actions comme le diamant tire ses feux, & ses rayons de sa propre substance, sy bien. Madame que paroissant icy pour exposer à V. M. les merueilles de S^ Louj^s je n'ay besoin que de Luy mesme, et de ses propres ornemans pour en faire un portraict de tous poincts agréable. Pour donner prix à ce tableau, il suffit qu'il ressemble, et pour le faire ressembler, si hors de ce grand saint j'avois à rechercher une parfaite idée de ce qu'il a esté, sans crainte de mesconte, je prendrois les vertus de V. M. qui fait une image des siennes vivante <^ naturelle. Mais n'ayant pas pour ce chef d'œuure des couleurs assez vives ny la main assez bonne, il faut que je me tienne à mon Original, et que pour le tirer au vif, je prenne mes mesures & mes jours sur luy mesme, le cherchant dans le ciel aux pieds de J. Christ, & de sa S*^ mère qu'il faut auant tout saluer luy, disant comme l'Ange: Ave, &c. » C'est là un exemple à joindre aux divers spécimens de compliments et d'exordes déjà cités plus haut, p. 8 et suiv.
AVANT BOURDALOUË 101
L'histoire de la controverse catholique contre le protestantisme est tout entière à écrire (1), sujet si vaste que, de longtemps, des monographies restreintes et patientes pourront seules le préparer. Elle mériterait cependant de tenter un historien, pour peu qu'il ne redoute pas les longs labeurs. Outre les traités de controverse proprement dits, souvent du reste publiés à la suite ou à l'occasion de ce discussions » orales en règle, il y aurait à examiner la « littérature » presque infinie des Sermons ou disputes, conférences contradictoires ou autres œuvres du même genre. Si ce travail existait quelque part, on y pourrait recueillir des exemples montrant à quel point la prédication courante, dans les soixante premières années du dix-septième siècle, restait liée intimement à ce genre spécial de la controverse, demeuré en usage plus longtemps qu'on ne le suppose d'ordinaire. Les extraits abondants
(1) Je n'ai rencontré dans aucune encyclopédie catholique, protestante ou neutre, un article ex professa sur la controverse, ni même les rudiments d'une histoire de ce genre. On trouve bien quelques conseils théoriques dans les ouvrages de prédication, où l'on transcrit surtout les sages avis de saint François de Sales prémunissant contre l'esprit contentieux et la dispute stérile. Ainsi, dans le Diclionnaire cVéloquence sacrée de Migne (Paris, 1851, p. 201 etsuiv.), l'excellent article extrait du livre de l'abbé Vêtu : Les vrais principes sur la prédication (3vol. in-8°, Paris, 1841;, contient de judicieuses remarques sur l'écueil du genre et des exemples lires de la pratique des saints et des missionnaires expérimentés, comme le P. Eudes. Mais on aimerait à rencontrer quelque part une ébauche historique.
qu'il est facile de citer suffiraient à notre démonstration, mais rien d'ailleurs ne sera plus capable d'expliquer cette sorte de survivance de la controverse dans les sermons ordinaires, .que la preuve authentique de la persistance de l'institution à l'état de genre distinct. Or, il faut bien l'avouer, le sous-titre de la Liste des Prédicateurs, annonçant l'indication des avents ou carêmes dans les diverses paroisses ou communautés, et ajoutant : « ensemble les lieux où Von prêche les Controverses » (1), ne reste nullement lettre morte. Le simple relevé de ces annonces officielles de sermons de controverse a son éloquence. Les quelques mentions qui en seront détachées ici (2) rendront moins surprenantes les citations des orateurs du temps attestant les fréquentes digressions et apostrophes directes aux réformés, restées en usage jusqu'au temps de Bourdaloue.
Le second des éléments plus saillants remarqués dans les sermons au début du siècle, tendant à
(1) C'est seulement à l'avent de 1G87 qu'on cesse pour la première fois de trouver au sous-titre de la Liste la formule : « ensemble les lieux où l'on prêche les controverses. » Est-ce pour indiquer le fait accompli, et signifier que la « réunion y est faite ?
(2) Cette liste sera publiée à l'appendice A. Elle ne peut guère nous révéler que les prédications postérieures à 1646, et nous l'avons suivie jusqu'en 1720. On sait que cette espèce de catalogue des avents et carêmes, prêches dans les diverses paroisses et communautés de Paris, ne commença guère à paraître que vers Tannée 1634; encore ne fut-ce point très régulièrement et la collection n'en existe d'une façon suivie que pour les années l()i6 à 1789. Il est fâcheux que ce genre de renseignements nous manque pour les premières années du siècle, car il abonde en précieuses indications pour l'histoire de la prédication. Cf. Histoire critique de la Prédication de Bourdaloue, p. 2" et suiv.,et Bulletin trimestriel des anciens élèves de Saint-Sulpice, 15 nov. 1901, p. 554.
AVANT BOUUDALOUE 103
mêler la controverse contre les protestants à l'exposition de la doctrine ou même aux questions de morale, n'est donc point difficile à surprendre. Les manifestations en sont nombreuses, si nombreuses même qu'il ne faut pas trop songer à procéder par citations de longue haleine.. Mieux vaut indiquer l'état d'esprit et les habitudes de ce temps par quelques faits significatifs.
Ce n'est pas seulement aux approches de 1686, ni dans les années postérieures à cette prétendue réunion en masse, dont Louis XIV croyait sanctionner les résultats en révoquant l'édit de Nantes, que se multiplièrent les instructions adressées directement aux protestants. Au temps même qui vit éclore l'institution des Listes de prédicateurs^ cette préoccupation est évidente (1).
(l) A l'année 1644, on lit par exemple, dans la Liste du carême, p. 5 : ^^ Au Temple, L'on Preschera les Controverses tous les dimanches après Vespres, par diuers Ecclésiastiques. » Avent de 1645 (p. 2).
H Les controverses. I. Monsieur le P. Veron Docteur en Théologie k Curé de Charenton, après vne longue maladie de seize mois, qui l'a contrainct d'interrompre ses Prédications ordinaires de Controuerses en IWbbaye de S. Germain des Prez, k puis à S. Sulpice, les a recommencées Dimanche dernier à S. Sulpice k les continuëi-a d'oresnauant dans l'Eglise de la Commanderie de S. lean de Latran, lieu de sa demeure, prés S. Benoist, où il commencera le premier Dimanche de l'Aduent après les Vespres.
2. Monsieur Ferrier Prestre de la Communauté de S. Sulpice, et Vicaire de ladite Parroisse preschera pareillement les Controverses après Vespres. » (Cf. Bulletin trimestriel des anciens élèves de S. Sulpice, nov. 1901, p. 557)
A l'aventde 16i'6 (p. 4). «En la Maison des nouueaux Catholiques, dans l'Isle N. Dame. Monsieur l'Abbé de Cerisy y preschera les Samedis de l'Auent, à deux heures de relevée. Et Monsieur Vachet Prestre Séculier, y preschera les Controuerses les Dimanches k Pestes après Vespres. (p. 8) en l'université, a la Commanderie de S. lean de Latran. Monsieur le P. Veron, Docteur en Théologie, k Curé de Cha-
La Liste signale un bon nombre de prédicateurs ayant pour objet direct de convaincre les dissidents. Le nom de l'ancien jésuite Pierre Véron, devenu curé de Charenton, et par position même autant que par ses aptitudes, voué à ce genre de prédication «contentieuse», est assez connu pour mériter d'être allégué en exemple. Il faut y joindre aussi celui de l'un de ses principaux successeurs en ce genre de ministère, le P. Alexis du Bue, de l'ordre des Théatins, qui, de la place Royale où il prêcha longtemps, fut ensuite mandé à Rome, afin d'y poursuivre, sous les yeux du Souverain Pontife, le cours de ses succès en ce genre de conférences (1).
Notons encore parmi les « controversistes de profession » : M. Serre (2), successeur de François Véron, dans la cure de Charenton, M. de Saint- Michel (3), M. la Forest (4), M. Charles (5), etc..
renton, continuera ses Prédications de Controuerses. » Même mention au carôme de 1647, puis à l'avent de la même année, ce détail nouveau : «Monsieur le Père Veron, Lecteur & Prédicateur du Roy pour les Controverses & Docteur en Théologie, continuera ses exercices des Controuerses les Dimanches «&: Festes en François après Vespres. Et les Jeudis en latin pour les seuls Théologiens, à deux heures après midy. »
(1) C. 1686 (p. 9) « A sainte Anne la Royale des Pères Théatins. Le R. Père Dom Alexis du Bue Député de Nosseigneurs du Clergé pour prescher la Controverse, continuera les Dimanches c<: Festes, de convaincre Se détruire les Religionaires. »
(2) Avent 168U : « Aux Xouvelles Catholiques, rue neuve Sainte Anne prés la porte de Richelieu. . . Il y aura des Conférences de Controverse tous les Vendredis à 2. heures & demie, par Monsieur Serre Docteur en Théologie Curé de Charenton.... »
(3) Voir plus bas, p. 108, note 1 de la p. 107.
(4) Ainsi à Tavent de 1652 : x A S. lulien le Pauure, Place Maubert. Monsieur de la Forest, Prêtre Sz Docteur, Conseiller, & Aumosnier de Sa Majesté, 8c. son Prédicateur ordinaire pour les Controverses, qui se feront tous les Dimanches k les Festes après Vespres. »
(5) Cf. plus bas, p. 118.
bref maints noms parfaitement inconnus aujourd'hui, et honorés alors, la plupart du temps, du titre officiel de « Prédicateur du Roi ou prédicateur du Clergé pour les Conférences de controverses. »
Il y avait du reste des églises et chapelles en quelque sorte spécialement affectées à ce genre de conférences, parfois contradictoires, où « Messieurs de la Religion » étaient invités à présenter leurs objections (1). Ainsi, la chapelle des Noiwelles- Catholiques, naturellement, était le lieu ordinaire des conférences du Curé de Charenton, Véron, puis Serre (2) ; ainsi la Chapelle Saint-Pierre, dans l'enclos de l'Abbaye Saint-Antoine des Champs (3) ;
(1) A. 1665 (p. 3) ^( A Sainte Geneviefve des Ardens. Monsieur Cauvet Docteur de Sorbonne preschera l'Advent, & commencera de faire les Controuerses le second Dimanche de lanuier à l'issue des Vespres, en continuant les Dimanches suiuans jusqu'au Caresme, & le sieur Lanvau soutiendra sous luy. » — C. 1665 (p. 6) «A saint Bon, proche saint Mederic. Monsieur Chasrel [sic, lisez Charles) Ecclésiastique de Paris fera la Controverse tous les Dimanches & Festes de l'année entre deux & trois après midy : comme aussi tous les Mercredis à pareille heure la Conférence pour Messieurs les Ecclésiastiques. Ceux de la Relig. P. R. pourront librement proposer leurs difficultez, & faire publiquement leurs objections auec modestie. » — Avent 1683, Aux saints hmocents « Le R. P. Petit, Cordelier du grand Conuent. Monsieur Charles Prestre, fera les Controuerses en la mesme Eglise tous les Dimanches & Festes à l'issue des Vespres, Messieurs de la Religion R. P. pourront proposer leurs objections publiquement. Cf. plus bas, note 3 et p. 107, note 1.
(2) V. plus haut, p. 104, note 2, et plus bas, p. 108, note 1 de la p. 107.
(3) « Carême 1682. En VEglise des Religieuses de saint Ayitoine des Champs. Le Révérend Père Dietz, lesuite. Et à la Chapelle S. Pierre dans l'enclos de ladite Abbaye, Monsieur Delpeche continuera la Controverse; il exhorte en esprit de charité Messieurs de la Religion P. R. d'y venir se détromper de leurs créances 8c s'instruire de la vérité qu'ils doivent suivre.» — Avent 1682 (^i^îV/j. Monsieur « Delpeche examinera le Catéchisme 8c confession de foy des Prétendus Reformez,
ainsi encore Saint-Sulpice ; la Liste y annonce durant de longues années, après le nom du prédicateur de la station : « Monsieur de Couz, Docteur en Théologie & Vicaire de ladite Paroisse fera les Controverses, & le Sieur de Beaumais dit le Mercier soutiendra sous luy à la manière accoutumée (1). » Parfois la « spécialité » du prédicateur, surtout si c'était un religieux, attachait en quelque sorte à la chapelle de son couvent la série de ses prédications, comme pour le P. Alexis de Bue (2) : « A Sainte Anne Royale des Pères Théatins. » Par contre, en d'autres occasions, le spécialiste lui-même transportait, dans les diverses églises où il était accueilli, son genre de conférences, quitte à se faire suivre de son auditoire. Par exemple, un Carme réformé, le P. Athanase de Saint-Charles, figure en différentes paroisses (3).
& réfutera la doctrine qui s'y trouue opposée à la créance Catholique.)) — Carême 1683 f'iftirfj. « Monsieur Delpeclie continuera tous les Dimanches & Festes de Tannée de réfuter la Confession de Foy des Prétendus Reformez, touchant les articles qui ne sont point orthodoxes, etc. » Cf. la Lute^ à l'appendice A.
(1) Cf. Bulletin trimestriel dp s Aucieus élèves de Saint-Sulpice, 15 nov. 1901, p. 560, années 1673 et suiv. La controverse, en 1665, au carême, soutenue déjà par le sieur Beaumais, y est présidée par M. de Thiersonière, Docteur de Sorbonne. Ibid. p. 559.
(2) C'est vers Tépoque de la Révocation de TEdit de Nantes que le P. Alexis du Bue, avec un titre officiel de la part du Clergé de France (Cf. plus haut, p. 104, note 1) prêcha surtout la controverse ; Cf. Appendice A, années 1685 et suiv., mais il était connu comme prédicateur depuis plus de temps. C'est ainsi qu'on lit à la. Gazette, au 26 décembre 1671 : « Le 23 Elles LL. AA. Royales : Monsieur et la nouvelle duchesse d'Orléans, (seconde Palatine) allèrent en l'Eglise des Théatins de Sainte Anne la Royale : où Elles entendirent la Prédication du Père Alexis du Bue, dont Elles témoignèrent estre très satisfaites. » Cf. Mémoires de Le Gendre, p. 22.
(3) Voy. la Liste aux années 1676 et suiv. (A. 1676, p. 11) : En l'Eglise saint Medard. Le R. P. Athanase de Saint Charles,
On voit aussi dans Isi Liste, à certaines occasions, l'annonce du sujet, la réfutation d'un livre en vogue (1), comme le Catéchisme ou les Contro-
Roligieux Carme des Billettes preschera tous les jours, k fera la Controverse à neuf heures précises les Lundis, Mercredis & Vendredis, par l'ordre de Monseigneur l'Archevesques tant pour convaincre les Religionaires que pour instruire les nouveaux Catholiques. » — A. 1678 ^< En l Eglise des Religieux de Premontré, rue Haute feuille.... id.... proscherasur les matières de Controverse tous les Jeudis à trois heures après midy. » — C. 1679. (( Aux Religieuses Bernardines du Sang Précieux [id.) Il y preschera aussi sur les matières de controverses, touchant la realité du précieux corps & sang de Nostre Seigneur lesus-Christ, tous les Vendredis à trois heures
après midy etc. »
(1) A. 1666 (p. 5) i( A saincte Oppor/wne. Monsieur Gosset, Docteur en Théologie & Chefcier-Curé du même lieu : Et Monsieur Charles qui faisoit cy-deuant les Controuerses à S. Bon, les fera doresnavant à Sainte Opportune les Festes & Dimanches après Vêpres ; où ensuite de quelques Discours généraux de Religion, il donnera vne exacte k solide réfutation de V Abrégé des Controverses du sieur Ministre Drelincourt, dont il examinera sans intermission vn article à chaque fois. Messieurs de la Religion P. R. auront la liberté de parler s'il leur plaist. » — C. 1667 (p. 6) u Ibid. Et M*" Charles continuera les Dimanches k les Festes après Vespres, l'examen de la Réponse du ministre Claude au livre de la perpétuité. Messieurs de la Religion P. Reformée pourront y venir objecter s'il leur plaist. » — A. 1667 (p. 3) « En VArchevesché, dans la grande Chapelle., Monsieur l'Abbé des Isles Docteur en Droict Canon, Lecteur k Prédicateur du Roy, k du Clergé de France pour les Controverses, a commencé vn cours entier de Controverses en forme de Leçons, en faveur des Ecclésiastiques du Diocèse, k continuera tous les Mercredis à deux heures après midy. » [Ibid p. 6) «A sainte Opportune. Monsieur l'Abbé du Plessis Besançon, Docteur en Théologie : Et Monsieur l'Abbé des Isles continuera ses Dissertations sur l'examen des falsifications des Bibles Hérétiques, tous les Dimanches à trois heures, il sera permis de lui faire des objections publiques à l'ordinaire, de deux Dimanches l'vn. » [Ibid. p.8)« Amo? Religieuses s. Antoine des Champs... Monsieur de S. Michel, Prestre, Conseiller k Aumônier du Roy, continuera les Controverses dans la Chapelle de S. Pierre en l'enclos de l'Abbaye S. Antoine des Champs, où il réfutera V Abrégé des Controverses du Ministre Charles Drelincour,
verses de Drelincourt, tout ce qui, en un mot, pouvait être une attraction pour l'auditoire à convoquer, notamment lorsqu'il s'agit de le convier à entendre quelque ancien ministre converti (1).
k fera voir que tous ceux de la Religion P. R. mourant hors de la communion de l'Eglise Romaine, seront éternellement diuTinez, le tout par leur propres Liures, il leur st3ra permis d'objecter. » — C. 1691 (p. 5) « Aux saints Innocents . . . Monsieur Serre, Doct. en Theol. Curé de Charenton preschera le premier Dimanche après Pasques, dit de Quasimodo la Morale pratique des 'principales Veritez Catholiques qui ont été contestées par les Protestants, il continuera le mesme sujet les Dimanches suivans, par Tordre de Monseigneur l'Archevesque, en faveur des Nouveaux Catholiques. )> — On voit dans les procès verbaux des visites pastorales de Bossuet qu'il s'occupa dans plusieurs paroisses protestantes de son diocèse de réfuter Drélincourt. Ainsi, à Claye le 19 avril 1686 « mondit seigneur a prêché et expliqué le sacrement de confirmation, en a montré l'usage dès le temps des Apôtres par le Livre des Actes, a refuté la doctrine contenue au Catéchisme de Drélincourt sur cette matière. » {Revue Bossuet, 25 oct. 1900, p. 237; E. Gri&elle, De munere pastorali J.-B. Bossuet, p. 51, note 1. — Sur Drélincourt, né à Sedan le 14 juillet 1595, mort à Paris le 3 nov. 1669, voy. Haag. France protestante, t. IV, p. 310 et 2*^ éd., t. 'V, p. 484. Abrégé des controverses ou Sommaire des erreurs de C Eglise romaine avec leur réfutation par des textes exprès de la Bible de Louvain, avec une dédicace à MM. de l'Eglise Romaine. Genève, P. Chouet, 1628, in-12; 1630, in-8 ; 1661 (10« dernière revue par l'auteur ; 20*' éd. Charenton, 1674. — Catéchisme ou Instruction familière sur les principaux points de la religion chrétienne, en faveur de sa famille (avec dédicace à ses enfants). La plus ancienne édition retrouvée est de 1662, Saumur, in-8 ; Niort, 1676, 15*^ éd. Charenton, 1680, Genève, 1721 , etc. Ses biographes l'appellent <( l'écrivain du X'VII« siècle le plus populaire parmi les protestants de France. » (Haag, l. c. p. 310). « Avec les armes qu'il leur a fournies, écrit Bayle, ceux mêmes qui n'avoient aucune étude tenoient tête aux moines et aux curés et prêtoient hardiement le collet aux missionnaires. »
(1) Au carême de 1651 fp. 99) on lit : a Au Collège de Bourgogne, vis à vis les Cordeliers. Monsieur Roland, cy deuant Ministre de la Religion Prétendue, &■ à présent Prestre & Prédicateur de la Foy ancienne, Catholique & Apostolique, preschera en Anglois les Dimanches k Festes, à deux heures.
Les entreprises proprement dites de controverse, si l'on peut parler de la sorte, se rencontrent dans riiistoire du XVIP siècle (1), à plus forte raison si l'on remonte en arrière, au temps du colloque de Poissy et des multiples joutes dont il était Timage ou qu'il prétendait clore.
On trouve dans les Mémoires du P. Batterel (2) sur l'Oratoire une foule de détails curieux sur le projet conçu par Richelieu (3) et auquel il voulait employer le P. Du Laurens, ancien ministre converti, depuis prêtre de l'Oratoire (4).
Où il fera voir les mauuais artifices des Ministres, par lesquels ils entretiennent nos Frères errans dans la haine de l'Eglise Catholique, k du vray chemin de salut. »
(1) Nous voyons signalée la prédication de la controverse, comme ministère distinct, dans bon nombre de notices biographiques d'autrefois. Voyez, par exemple, celle de Moreri, l'auteur du Dictionnaire liislorique, où j'ai relevé ce détail : <' Après avoir pris les ordres sacrés, il prêcha la controverse à Lvon pendant cinq ans... » Bévue Bourdaloue, 1" oct. 1903, p. 601'.
(2) Batterel, publié par M. l'abbé Ingold. Paris, Picard, 1903, t. Il, p. 515 et suivantes.
(3) Richelieu, étudiant en théologie, avec l'aide du fameux Richard Smith, avait essayé de faire sa carrière dans la controverse. « Il (Richard Smith) s'appliqua même à étudier les controverses pour combattre les hérétiques en son pays, quand il y retournerait, et il s'était tellement exercé dans cette étude qu'il y devint assez habile ; ce qui engagea l'abbé Duplessis, depuis cardinal de Richelieu, à le prendre dans sa maison dans le temps qu'il étudiait en Sorbonne avec lui les controvei'ses, afin de servir l'Eglise par cette science, à l'imitation du cardinal du Perron qui s'éleva à la pourpre par cette voie et devint si utile à la religion. Comme cet abbé avait de l'esprit et encore plus d'ambition, il prit la résolution d'étudier l'histoire ecclésiastique avec les controverses sous Richard Smith, qui lui ouvrit le chemin dans l'une et dans l'autre science qu'il savait également bien et lui en découvrit les principes. » (Rapin, Histoire du Jansénisme, éd. Domenech. Paris, Gaume [18(31], in-8).
(4) Le Père Louis Du Laurens, entré en 1649, mort à Paris le 11 juillet 1671 «était de Montpellier et fut ministre des
Rien d'instructif sur ce sujet comme les notes qu'a transcrites son biographe et qu'il nous présente ainsi :
Nous avons encore de lai au secrétariat un mémoire manuscrit d'une trentaine de pages in-4° où il rend compte de son projet, non celui qu'il dressa pour le cardinal de Richelieu, puisqu'il en parle comme d'un homme mort, mais celui qu'il tit pour le cardinal de Mazarin ou pour MM. de Marca et de Gondrin que Simon dit qu'il tâcha d'y faire entrer. Il y propose d'abord six moyens pour rendre cette conférence utile à la réunion : 1° ne traiter que des points essentiels ; 2° n'employer ni la voie de l'argumentation et des syllogismes,ni la citation des Pères, ni l'Écriture dans les langues orien-
huguenots, mais il quitta jeune ce parti-là et vint à Paris, où il se fit bientôt connaître du cardinal de Richelieu. » V. Simon, Lettres critiques, I, lettre 1. Bordes, Mémoires manuscrits. Cette Éminence cherchait alors des gens propres pour l'exécution d'un grand projet qu'il formait pour ramener tous les hérétiques. C'était de confondre lui-môme leurs principaux ministres dans des conférences publiques, à la tête d'un corps de docteurs d'élite, et faisant luire secrètement l'espérance de bien des grâces sur tous ceux qui rendraient les armes de bonne grâce. 11 faisait préparer pour cela un corps de controverse sur la matière des sacrements.
Du Laurens fut chargé seul d'un ouvrage qui demandait le secours des théologiens. Aussi en écrivit-il à son Éminence afin qu'elle lui donnât pour adjoint un docteur de Sorbonne, un jésuite et un Père de l'Oratoire. Le cardinal lui répondit, et la réponse que Simon dit avoir vue, était conçue en ces termes : « Les docteurs de Sorbonne étaient bons pour les hérétiques du temps passé; je ne veux point me servir des jésuites dans cette affaire (*), pour ce qui est des Pères de
(*) La raison de ce refus nous est donnée dans une autre lettre de Richard Simon, lequel tient ces détails du P. du Laurens lui-même. « II ne voulut point y emploïer de Docteurs, écrit-il, parce qu'ils sont plus exercés dans les questions qui se traitent dans les Ecoles que dans l'Etude de l'Ecriture Sainte. Il ne voulut point aussi se servir de jésuites, parce que son dessein étoit d'accorder aux Ministres dans la conférence qu'il devoit avoir avec eux plusieurs choses qu'un Jésuite n'auroit pas pu leur accorder facilement. Par exemple, il étoit dans la résolution de ne les point obliger à recevoir le mot de Transsubstantiation, contre lequel les Protestants se sont toujours récriés. Il devoit se contenter de celui de changement réel, ou de quelque autre semblable, qui signifiât la même chose. » Lettres choisies de Monsieur Simon, lettre 2, p. 10, t. I.
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taies, mais s'en tenir à la seule Bible de Genève pour abrég-er et s'accommoder à leurs préjugés par condescendance ; 3° renoncer parle même motif à l'avantage que l'I^^glise serait en droit de tirer de l'usage de la tradition ; 4° n'employer que le texte de l'Ecriture expliquée par elle-même, par ce qui précède et qui suit, et en comparant les différents textes expliqués selon le sens littéral. «C'est une étude, ajoute-t-il, que j'ai faite selon le désir et par l'ordre de feu M. le cardinal de Richelieu. L'éclaircissement de tous les passages, soit de ceux que les Huguenots produisent, y est tout entier, tout littéral et en plus grande vigueur que les Huguenots pourraient demander. Cet ouvrage est divisé en deux volumes in-folio, et j'en ferai part à ceux qui voudront entreprendre
l'Oratoire ils sont trop mystagogiques. Travaillez seul. » Ce cardinal espérait sans doute de suppléerpar son adresse et sa politique à ce qui pourrait manquer à la perfection des mémoires que Du Laurens lui adressait. Ils étaient enfin convenus entre eux, après avoir débattu la chose près de trois mois, qu'ils ne prendraient pour règle de la dispute qu'ils projetaient, que le texte même de l'Écriture et la version française de Calvin : en quoi l'avis de Du Laurens l'emporta sur celui de son Eminence qui voulait d'abord qu'on argumentât par la tradition. Mais la mort du cardinal, arrivée en 1642, rompit tous ces heureux projets.
Alors Du Laurens, qui perdait en lui un accès facile à toutes les grâces, voulut s'en faire un auprès du duc d'Orléans, et comme il prêchait avec réputation dans Paris, il brigua cette môme année l'emploi de prédicateur de Monsieur, vaquant parla nomination de M. de Lingendes à l'évôché de Mâcon. Dans le placet qu'il présenta à ce prince, il dit qu'il est fort connu et porté par M. le comte d'Alais, par M. de Vaugelas et Voiture et par plusieurs seigneurs qu'il nomme de la maison de Monsieur. Il ne put cependant obtenir ce titre, dont il n'eût pas manqué de se faire honneur à la tête de ses ouvrages, s'il en avait été revêtu. (Placet de du Laurens à Monsieur panni les manuscrits de Bouthillier.)
Quand il fut chez nous (vers 1649), comme il ne perdait pas de vue son premier projet de conférences de controverse, il en parla plusieurs fois au cardinal Mazarin qui s'en défendit toujours, ainsi que des instances que lui fit sur cela M. de Marca, à qui le P. du Laurens avait communiqué son dessein qu'il approuvait fort. (Simon, t. I, let. 1.) Il en avait aussi conféré avec M. de Gondrin, archevêque de Sens (Batterel, p. 516-518).
cette affaire. Ils y trouveront ce qu'ils n'auront point la peine de chercher. » 5" Garder un grand secret pour surprendre les adversaires qui ne s'imagineront jamais que l'Église veuille agir contre eux par cette méthode qui leur est propre. « Feu M. le cardinal de Richelieu parlait d'abord de ce dessein et même en détail, mais après qu'on lui eût donné avis que cela pouvait nuire et que les ministres s'en prévaudraient, s'ils venaient à le savoir avant le temps de l'exécution, il se montra plus retenu. » Le 6^ moyen qu'il donne est de se bien préparer et il emploie le reste du mémoire à développer tout ce qu'il juge nécessaire pour cela, et il propose des avis trèsj judicieux. En voici quelques-uns : pour ne s'engager point dans la multitude presque infinie des matières controversées, ce qui jetterait dans des disputes interminables, il voudrait tout réduire à deux points : l'infaillibilité de l'Église et la nécessité de reconnaître la tradition ; y ajouter seulement, en faveur du peuple huguenot, prévenu étrangement par ses ministres contre notre culte extérieur, une controverse sur la nécessité d'un sacrifice extérieur dans l'Eglise chrétienne, sur la réalité substantielle du corps de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, sur le culte des saints et la prière pour les morts, 4 points suffisants pour justifier la messe dans leurs esprits. Six personnes choisies de part et d'autre agiteront chacun de ces articles après l'avoir étudié à fond en particulier. D'abord le cardinal de Richelieu voulait parler seul, puis ayant mieux considéré de quel poids il se chargerait, il résolut de s'associer des prélats. Il conviendrait de préparer le peuple huguenot au succès de la conférence par un exposé succinct et fidèle que l'on répandrait dans tout le royaume, de la vraie doctrine de l'Eglise que les ministres ne cessent de défigurer et de peindre de fausses couleurs qui la rendent méconnaissable. «J'ai un ouvrage tout fait et prêt à être mis sous la presse de soixante calomnies notables qu'ils nous imputent. Je le donnerai au public si l'on le juge à propos, avec tous les raisonnements nécessaires. Il serait aussi à propos que dans toutes les villes du royaume, on examinât, dans le clergé séculier et régulier, ceux qui sont ou qui peuvent le plus aisément se mettre au fait de la controverse, et qu'on les exhortât au nom du roi et des évéques, d'en faire une étude particulière, afin de se trouver en état de désabuser
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après la conférence ceux des hiig-aenots de leur ville qui auroient encore des difficultés. Pleine liberté à eux de tenir un synode national pour nommer les dix qui viendraient plaider leur cause à la conférence, leur laisser choisir qui ils voudraient. Ne point tenter de gagner par aucunes offres les députés qu'ils auraient choisis. Quelque secrète que fût la chose, il est difficile qu'on ne la sût. Les autres ministres par jalousie ou par un faux zèle, le publieraient partout et les peuples ne deviendraient que plus opiniâtres dans leurs erreurs. Le cardinal de Richelieu avait d'abord ce dessein. Il ne faisait pas difficulté de s'en expliquer; il envoya môme un homme à Sedan pour pratiquer Du Moulin, lequel se moqua des offres qu'on lui fit. Mais comme il connut après les inconvénients de ce procédé, il n'y pensa plus. 11 règle ensuite tout ce qui doit être observé durant la tenue de la conférence et après, afin que l'ordre, l'équité, la paix, la sûreté y régnent entièrement, et qu'un heureux changement en soit le fruit permanent. Mais je ne saurais le suivre dans ce détail, n'ayant encore extrait que la moitié de son mémoire, où tout est écrit d'une manière si sensée, si raisonnable, si pleine de l'esprit de paix, de condescendance et de charité qu'on sent bien que ce saint prêtre était animé de ce môme esprit et qu'il ne voulait faire triompher la vérité que par les armes de la charité.
Malgré la longueur de la citation, on regrette que Batterel se soit lassé trop tôt de nous faire connaître plus à fond ce mémoire, qui jette une vive lumière sur l'état d'esprit et les préoccupations régnantes alors. Qui sait, en effet, si ces pages, malgré les indices conservés par l'historien (1), se retrouveront quelque jour?
(1) « M. Bruzen de la Martinière, éditeur des Lettres de M. Simon, imprimées en 1730, dit qu'il a vu le mémoire de cette conférence dressé par Du Laurens, entre les mains de M. Simon. Il ajoute savoir du même Simon que Du Laurens, avant de mourir, remit tous les écrits qu'il avait composés pour cette conférence entre les mains de M. de Péréfixe, archevêque de Paris. Ils étaient en deux portefeuilles de couleur
Par toute sa carrière, du reste, le P. Du Laurens appartient à notre sujet, et ses divers sermons, soit avant, soit après son entrée à l'Oratoire, confirment par leur titre même l'existence, à cette époque, des idées de controverse (1).
violette [Journal des Savants, 4 août 1742, in-4, p. 501) » et non 591. — A la page 517, le journal rend compte des Éloges de quelques auteurs français : ... A la fin de ï Histoire du maréchal de Toyras, écrite par Baudier, et imprimée chez Cramoisy, en iG44, in-folio, rimprimeur a inséré son oraison funèbre, faite incontinent après la mort de ce maréchal par le sieur du Laurens, prédicateur du roi. « Homme, dit-il, de doctrine et de piété singulières. Elle vaut mieux, à mon sens, que tous ses sermons. Le cardinal de Richelieu, qui se servit utilement de lui| pour son grand dessein de la réunion, laissa en mourant d'excellents manuscrits du P. du Laurens, à M. Labbé de] Beaumont, depuis précepteur du roi et archevêque, de Paris,] sous le nom de M. de Pérétixe, « et on les voit encore dans la] bibliothèque de l'archevêque de Sens, son neveu, M. de lai Hoguette », dit le P. Bordes, en 1703, dans son Supplément aul traité dogmatique et historique des édits (p. 524). Il ajoute que] le clergé accorda à ce Père une gratification de 800 livres. Il a peut-être voulu dire une pension. » [Ibid., p. 526).
(1) « Le Catalogue de la Bibliothèque du roi annonce de lui cet ouvrage : Réponse au livre de du Moulin intitulé (Oppositions de la parole de Dieu à la doctrine de l'Église romaine). Paris, 1625, in-8; mais en même temps, que ce livre ne se trouve point dans ladite Bibliothèque...
Quatre sermons pour le Vendredi saint. 1° Les Juifs envieux et enragés ; 2° La Vierge compatissante et zélée ; 3° /. C. mourant et souffrant; 4" Le Chrétien affligé et pénitent. Par le P. du Laurens, Prêtre de l'Oratoire. Paris, chez Cramoisy, 1651, in-8.
Il prêcha les deux premiers à S. Jean en Grève, en 1635, et les deux derniers, à S. Gervais, n'étant pas encore des nôtres. Ces sermons sont pleins de feu et hérissés de figures, mais figures de déclamateur ; ce ne sont qu'apostrophes, descriptions et dialogisme, reste de la mauvaise élégance du temps passé. Il ne laisse point d'y avoir quelques assez bonnes tirades.
Dispute touchant le schisme et la séparation que Luther et Calvin ont faite de VÉglise romaine. Entre M. Jean Mestrezat, ministre de Charenton, et Louis du Laurens, Prédicateur et Prêtre de l'Oratoire. Paris, chez Edme Martin, 1655, in-fol.
Voyez le témoignage que rendit de lui le savant M. du Bous-
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Aussi ne faut-il point s'étonner de voir se multiplier alors et les traités de controverse et les leçons publiques à l'usage des ecclésiastiques, qui ont pullulé durant tout le siècle. On ne peut en attendre ici la bibliographie, môme sommaire (1).
quoi, à l'Assemblée de 1655, p. 988. (Bordes, Supplément au Trailé des édits, p. 419.)
Après une longue épitre au clergé de France, qui me paraît un chef-d'œuvre, tant pour le style pur, naturel, noble, et bien plus châtié que dans le corps de l'ouvrage, que pour l'ordre et la précision, la solidité des choses qu'elle contient, car c'est proprement un discours sur le schisme où il en explique les causes, les progrès, les suites funestes, et les applique à celui des protestants, l'auteur dit, dans une assez courte préface, que cette dispute n'est que l'accessoire d'une autre plus vaste que Mestrezat et lui ont eue touchant l'Eucharistie, au sujet d'un petit livre de ce ministre. De la manière dont J. C. nous est donné tant en VÉvangile qu'en l'Eucharistie, lequel livre un gentilhomme nommé M. Meudan désira de lui, il y a assez longtemps, qu'il vit, et que le trouvant plein d'erreurs sur la foi, et s'étant cru obligi? de faire dessus des observations qui furent communiquées à ce ministre, cela attira insensiblement des réponses et des répliques de part et d'autre, qui sont allées si loin qu'il y en a pour un ouvrage de 300 feuilles...
Huit sermons de VEucharistie sur ces paroles : Vere Bominus est in loco isto et ego nesciebam. Gen. 26, 16, prononcés durant l'Octave du Saint Sacrement, en l'Eglise Saint-Gervais, par Louis du Laurens, prédicateur et prêtre de l'Oratoire. Paris, chez Dupuis, 1662, in-8.
Le Triomphe de VÉglise romaine contre ceux de la Religion prétendue réformée, par six démonstrations qui font voir clairement combien il est impossible de se sauver dans leur communion. Dédié à MM. les ministres de Charenton. Paris, chez Claude Thiboust, 1667, in-16.
Il n'a mis son nom qu'à lafindeTépître dédicatoire.» [Ibid., p. 534). Sur Du Laurens, Cf. Haag. France Protestante, t. IV, p. 392.
(1) On a vu plus haut certaines annonces de la Liste relatives à ces cours de controverses (Voyez p. 102 et suiv.) Les exemples cités par l'abbé Vôtu dans l'article Controverses, rappelé plus haut, p. lOr, montrent à quel point les saints qui voulaient, comme saint François de Sales, qu'on évitât les disputes avec les hérétiques, tenaient néanmoins à ce que les missionnaires
Qu'il suffise, pour placer un second exemple, d'une date postérieure, à côté du projet tiré des papiers de
fussent prêts toujours à défendre la foi, et se rendissent capables dentrer en lice, ce qui ne se pouvait qu'à force d'exercices préparatoires : « Quoique saint Vincent de Paul ne fût pas d'avis que ses missionnaires s'enn;-ageassent aux contentions et disputes contre les hérétiques, il leur recommandait pourtant d'apprendre soigneusement tout ce qui appartient à la théologie polémique et aux controverses, pour être toujours prêts, selon la maxime du prince des apôtres, à rendre raison de leur foi, à soutenir la vérité, et à convaincre de fausseté les erreurs contraires ; conférant à l'amiable avec les hérétiques et répondant doucement à leurs objections, plutôt pour les convertir que pour les confondre; et de tout temps il les a obligés de faire des conférences et une étude particulière sur ce sujet. Voici ce qu'il écrivait dès Tannée 1626 de la ville de Beauvais où il était alors, à celui auquel il avait laissé en son absence, la conduite du collège des Bons-Enfants, à Paris : « Gomment se porte la compagnie ? lui dit-il ; chacun est-il en bonne disposition et bien content ? les petits règlements s'observent-ils? étudie-t-on et s'exerce-t-on sur les controverses ? observez-vous l'ordre prescrit? Je vous supplie, Monsieur, qu'on travaille sérieusement et qu'on tâche de bien posséder le petit Bécan, il ne se peut dire combien ce petit livret est utile à cette fin. . . >' (Migne, Bict. de la Chaire, p. 208).
Le Becanus loué ici par saint Vincent de Paul est le Compendium Manualis Controversiarum huiiis temporis de fuie et religioiie, paru à Mayence, en 1623, et extrait du grand Manuel de controverses en cinq livres, dédié à Ferdinand II. (Cf. Sommervogel, Biblioth. de la Compagnie de Jésus, t. I, col. 1107.) Martin Becanus ou Verbeek ou Van der Beek (1561- 1624) enseigna 22 ans à Wurzbourg. Son abrégé fut réédité jusqu'en 1765.
Parmi les nombreux traités imprimés un peu partout aux approches de la Révocation, je signalerai une » impression de Poitiers » chez Jean Fleuriau, précisément de l'année 1686 : « Le I Missionnaire j Conlroversiste, / ou / Cours entier / de controverses, Bans lequel j Tous les Points de la Foy Catholiuue. Apostolique & Romaine, combattus par les / Calvinistes, sont pleinement prouuez par / l'Ecriture Sainte, les Conciles, les Pères / Grecs & Latins, & par les Ministres de la J Religion Prétendue Reformée. / Composé par le R. P. F. ISIDORE de Niort, Pre- / dicateur Capucin, Exprovincial de la Province / de Touraine, Definiteur, & Gardien / du Conuent de Poitiers. A Poitiers, / Par Jean Fleuriau, Imprimeur ordinaire du / Ro}^ k de Monseigneur l'Evêque. / M.DC.XXXVI. / Avec
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Du Laurens, de citer le début et le plan d'un ouvrage resté apparemment manuscrit, et composé par ce
Approbation Se Privilège du Roy. in-12 de 578 pages. — L'auteur qui dédie son ouvrage « A Monseigneur Hardouin Fortin de la Hoguette evesque de Poittiers nommé à l'archevêché de Sens », explique ainsi ses raisons : « Le lieu de ma naissance et les emplois ausquels l'obéissance m'a appliqué, ne m'ont pas permis de balancer dans le choix que j'avois à faire d'une personne, à laquelle je dédiasse cet Ouvrage. Je suis né Poitevin, j'y ay pris l'Habit de notre Sainte Religion, j'y ay fait profession : J'ay prêché plusieurs Avens, Carêmes &: Octaves dans le Poitou; j'y ay combattu l'Heresie dans ses Synodes, ses Colloques, Se dans les Prêches particuliers de ses Ministres pendant la meilleure partie de ma vie. Mes Supérieurs m'ont ordonné de mettre en ordre ce que j'avois prêché confusément, & suivant l'occurence des matières que les Predicans Calvinistes m'avoient données ; J'y ay obéi avec soumission. . . » Le P. Isidore déduit longuement les motifs qu'il a de présenter son ouvrage sous les auspices de l'ancien évoque de Poitiers nommé à Sens, demandant « la liberté de Le suivre par tout, et toujours par ses respects ». Nous ne savons si le nouvel archevêque, héritier par son oncle Péréfixe, des papiers de Du Laurens (Cf. plus haut, p. 113') attacha grande importance à ce traité, approuvé du reste dès le 16 avril 1084 par son grand Vicaire Rabereul, et le 24 décembre 1685 par son promoteur, le curé de Notre-Dame la Petite, qui signe C. Manevy; L'approbation de Courcier, censeur officiel, celui que Le Gendre (Mémoires, p. 59) accuse de ne point lire les livres qu'il doit revêtir du visa, est du 15 janvier 1685. Elle est suivie d'un grand nombre d'autres, puis de l'extrait du privilège daté de Versailles, 24 janvier 1685, concédé directement au P. Isidore, pour six années à partir du 3 janvier 1686, jour d'achèvement de la première impression. Rien ne nous renseigne sur la fortune de ce livre ni sur le succès que s'en put promettre le concessionnaire du privilège. Son dessein du moins nous est nettement exprimé dans sa préface : c Voicy un Ouvrage que le commandement de mes Supérieurs tire de mes mains : Ils ont crû que la longueur du temps que j'avois employé par obéissance dans les missions de Poitou, Angoumois, Xaintonge,Perigort & autres Provinces, Se mes fréquentes assistances aux Prêches, Synodes Se Colloques des Calvinistes, où j'ay combattu leur Doctrine, m'auroient obligé à faire beaucoup de collections des Saints Pères de l'Eglise, Se des plus Sçavans Autheurs qui ont écrit de ces matières ; ainsi ils m'ont obligé de mettre en ordre ce que j'en avois confusément parmi mes écrits... J'ay deu rapportant la sainte Ecriture suivre ponctuellement la Version