‹ Le ton de la predication avant BourdaloueChapitre 23 sur 33 · AVANT 1U)1'1{|)AI.()U · texte numérisé non relu

AVANT 1U)1'1{|)AI.()U

dans son Eucharistie, employé trois ou quatre pages pour montrer qu'un passag'e de saint Augustin cité par Bède n'en estoit peut-estre pas, et dans son (sic) Réplique qu'il faisoit en mesme temps, il reconnoist qu'il se trouve dans saint Fulgence comme de saint Augustin.

Jacques David (sic) (\) du Perron est mort fort chrestiennement. M. Coefï'eteau, qui n'a esté que nommé à l'évesché de Marseille, Ta assisté à la mort. Il le prioit de l'entretenir de Dieu; il luy disoit que les sciences sèchent le cerveau (2).

Mgr du Perron estoit fils d'un ministre de S' Lô. Son père fut chassé de Franco ; il mena avec luy son fils aagé de dix ansqui estudioit en rethorique. Le Mareschal de Matignon le prit en affection. Il soustint dans son acte de philosophie tout Aristote (3). Estant cardinal, il traduisit le premier livre de Virgile,, et [on voit] (4) quelques vers de Philis dans ses œuvres.

Laissons de côté ces « vers à Philis », anecdote peu sûre, réfutée plus haut (5), pour rapprocher du témoignage de Coeffeteau un autre renseignement anonvme sur les derniers sentiments du cardinal.

(p. 281 '^ Nicole contester la critique assez subjective et les arguments par lesquels Aubertin prétendait réfuter cette attribution à S. Cyprien du livre cité par du Perron.

(1) Il faut lire: .lacqucs Davy du Perron.

(2) Ce témoignage peut avoir été reçu directement ou par des intermédiaires assez rapprochés. Comparez-y les détails qui suivent cet extrait, relatifs à la mort et aux derniers sentiments du cardinal.

(3) Sur la précocité et les talents étonnants du jeune homme, voir Féret, p. 1-2. Il faisait honneur à son premier maître : « Son [)ère, Julien Davy du Perron, homme versé en toute sorte de bonne littérature, peut-être mémo ministre protestant, fut son premier et même son unique maitre » (Féret, l. c, p 2).

(4) Le manuscrit porte, et envoya : c'est sans doute une mauvaise transcription des notes originales, portant peut-être la mauvaise orîhographe on voye. — Vraisemblablement le scribe qui releva ce volume reproduisait des notes hâtives prises par son maitre.

(5) Voir plus haut, p. 25S'.

Cardinal du perron

Dit en mourant qu'il mouroit serviteur de DuplessisMornay. Il respondit à un evesque qui disoit que l'Eglise faisoit une grande perte en sa personne qu'elle ne s'appuyoit point sur un bras de chair, qu'il eust bien voulu n'avoir iamais connu la Cour et s'estre retiré à la campagne avec trois mille livres de rente.

Deux paroles de Dirois (1) et un mot de Ni-

(1) Dirois est des plus souvent nommés dans le recueil, et l'on ferait facilement un Ana, original du reste, parfois étrangement hardi, des choses dites par lui sur tout sujet. Le Vasseur et Nicole le jugent fort téméraire. Son portrait est tracé en ces termes : « M. Dirois a beaucoup d'imagination, beaucoup de veue : parce qu'il médite trop, il n'a pas de stile. Il peut donner de bons mémoires. » (Le Vasseur).

<( M. Nicole dit que M. Dirois est tout plein de petits principes qui ne s'accordent pas avec saint Augustin, et qui ne sont pas liés ensemble pour en faire un système, qu'il est relasché sur la morale, que M. Manicier, M. Flessel, M. Dirois sont hardis, que M. Dirois ne tient pas la realité, disant que Jesus-Christ est dans l'Eucharistie par opération comme l'àme est dans le corps. Mais cette opération suppose la realité. Nous ne sommes asseurés, dit M. Dirois, de la réalité des Sacrements que par la tradition : les paroles de l'Escriture ne sont pas si formelles. »

Un bon nombre des pensées signées Dirois, comme les dernières citées ici, motivent amplement le verdict de témérité excessive porté contre lui. Sur le docteur François Dirois, (1620-1690) et ses deux fières, Pierre et Etienne, il faut lire la Tiotice résumée par M. H. Chérot, à propos d'une lettre de l'abbé de Marillac à Dirois, où Bourdaloue est nomuié, dans la Revue Bourdaloue du l^'" avril 1903 : Une consultation de Bourdaloue en 1689, p. 237-248. Cf. Sainte-Beuve, Port-Royal, 4« édit., t. IV, p. 569. On connaît le mémoire contre la décision de l'Immaculée Conception qu'il écrivit à Rome, en 1672, comme théologien du cardinal d'Estrées, pour empêcher de donner suite à une demande de la reine-mère pour la proclamation de ce dogme. Il était ami de Richard Simon et de Launoy. Voir sa notice, Moreri, 1759, t. V, p. 18 L Manessier le jugeait aussi assez sévèrement, à travers de grands éloges. On lit, en effet, au manuscrit (fol. 209) : « M. Diroir. II parle aisément. Il a l'esprit beau. Les esprits prompts ne sont pas tout à fait justes )' (Manissier).

cole (1) compléteront ce que renferme notre manuscrit de spécial à du Perron.

Cardinal du perron

Ne sçavoit pas si bien les choses qu'on les sçait à présent. On peut réfuter son Perroniana. Dirois (fol. 353).

Le Cardinal Perron avoit beaucoup d'esprit. C'est dommage qu'il n'ayt mieux estudié et qu'il n'ayt esté pieux.

Dirois (f°391i.

Du Perron estoit sçavant, mais il y a peu de choses à apprendre dans ses livres, Nicole (f'' 387).

Ces réflexions témoignent d'une médiocre estime pour ce que pouvait fournir de connaissances la lecture des controverses du cardinal. Dans un paragraphe plus général sur les controversistes, où semble être rapporté le jugement de l'abbé Charles, le « professionnel », signalé dans la Liste (2), du Perron sera nommé encore en bon rang et Bellarmin ne vient qu'en seconde ligne. Notons aussi la remarque du docteur Boileau aux yeux de qui, sans doute, Duplessis-Mornay n'était pas un adversaire digne de du Perron.

CONTROVERSISTF.S

Le cardinal du Perron est le plus habile, Coeffeteau ensuitte, qui escrit encore mieux que du Perron.

M. Charles, Controversiste.

(1) Des détails anonymes sont fournis aussi par notre manuscrit sur Nicole et sa famille : « M. Nicole de Vendrok est fils d'un père qui est chambrier d'evcsque, c'est à dire pour la justice et les droits de l'Evesque. Son père a bien de Tesprit : il fait bien des harangues et des vers; il a une lille aussi qui a bien de l'esprit. Pour Monsieur Nicole le président, il s'en faut bien qu'il n'ayt autant de jugement. Monsieur Nicole Vendrok escrit sur le champ avec grande facilité » (fol. 188).

(2) Voir plus haut, p. 104' et 107*.

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