G4 LE TON 1)K I.A PRÉDICATION
Le cardinal du Perron n"a pas eu de grands adversaires, c'est donimag'o. Boesleau docteur.
Bellarmin après, II est plus entendu. Monsieur le curé de saint Jean (li dit que si Ton entendoit bien ses solutions, elles sont fort bonnes et qu'on a tort de dire que ses obiections sont plus fortes que ses solutions. Son livre des Sacrements in génère est bien meilleur que celui de Euckarislia (2) (f« lOi).
Terminons cette première série d'extraits par le long résumé d'une conversation du fameux ^lanessier sur la controverse, envisagée, semble-t-il, principalement au point de vue qui préoccupe le jansénisme, celui de la réprobation.
(1) Il s'agit peut-ùtre de Saint-Jean en Grève. Le curé de cette paroisse serait-il un même personnage avec M. Charles, le controversiste ? Ce M. de Saint-Jean serait d'autant plus intéressant à connaître qu'on l'invoque plus d'une fois en témoignage dans notre manuscrit. Cf. plus bas, p. 283. 11 figure, en tous cas, dans cette appréciation des curés de Paris jugés par Dirois d'après l'attitude adoptée par eux sur Riiuel (VAlet. « Curés de Paris, Rituel d'Alet. M. de Saint Jean a donné quelques bénéfices pour la Chancellerie de l'Université. Il fait plaisir quand il ne harangue point, pas grand orateur T\y grand poète. i Dirois i.
Monsieur Carron, curé de saint Pierre aux Beuls a de l'esprit. M. de Gobillon, curé de saint Laurens, en a aussy, est poli. Les autres ont condamné le rituel d'Alet sur ce qu'il a dit que la fin du mariage n'estoit point le remède de la concupiscence, si ce n'est une fin subordonnée » (f"317).
Ajoutons à ces noms celui de M. Rolland, favorablement apprécié par le môme critique, pour le service rendu au P. Desmares dont il fit Tauditoire à Saint-Roch. Serait-il le même que le ministre converti dont nous avons rencontré une mention dans la Lhle aux années 1651 et suivantes ? (Voir plus haut, p. 108' et 203). v< M. Rolland. Il a fait prescher le père Des mares aux Augustins à Saint Roch. Il a attiré son monde et fait le bien qu'il peut, il est fort honneste lionime.
(Dirois) (^ 155) ».
(2) Nous verrons plus bas, p. 283. la suite de ce témoignage dérivant sur les auteurs protestants.
AVANT liOriJDAI.oUl-: 2()î)
Des Controvfrses
Il ne les faut point aug-menter, mais diminuer. Il ne faut point imputer aux hérétiques ce qu'ils ont de commun avec les catholiques, quoyque cela ne soit pas bien fondé.
Soto avoit soustenu la réprobation après le péché originel, mais ensuitte dans ses derniers ouvrages il trouve tant de difficulté dans le sentiment de saint Augustin qu'il avoiie que si c'estoit à recommencer il tiendroit le sentiment de la réprobation négative. Dieu remet le péché originel, comment donc damne t'il des gens pour le péché originel qu'il a remis, si ce n'est qu'on responde qu'il les tire du péché originel pour un temps seulement et puis qu'il les y laisse ?
On impute beaucoup de choses à Calvin : primo, Calvin nie formellement que Dieu soit auteur du péché ; secundo, advoue que la liberté ne consiste pas dans l'indifférence, niais que, n'estant que la volonté, elle ne mérite pas d'estre appelée libre arbitre.
3° Il a des expressions très dures.
4*^ Il appelle les papes qui ne suivent pas l'Evangile Antechrists.
5*» On auroit bien de la peine de prouver le purgatoire par saint Augustin dans son Enchiridion, forlasse verum est. On ne parle pas ainsi d'un point de foy.
G° Le Concile de Dordrek tient le sentiment de la réprobation absolue trop rude; il dit que leurs gens sont partagés : les uns la tiennent dans le péché originel, les autres comme S' Thomas.
Bellarmin dit sur la justice imputative : si les hérétiques tiennent que nos bonnes actions estant imparfaittes nous avons besoin que Dieu nous pardonne en vue de Jésus Christ et qu'il nous impute ses mérites, que ce sentiment seroit bon.
Bellarmin dit que les hérétiques se trompent en certains
points. Maistresat (sic){\) en advoue quelques uns, et dit qu'il
faudroit aussi que leurs adversaires demeurassent d'accord
de leurs fautes.
M. Manicier (f° 208).
(1) Sur Mestrezat, un des violents adversaires des catholiques, voir plus haut, p. 114' et plus bas, p. 28 V.