SOCINIENS
Il y en a beaucoup en Franco, mais on n'y ose parler de cette religion. (Gonriberville).
Le Socin est fort rare.
Monsieur Manissier dit à un ecclcsiastii^ue qui lisoit fort les Sociniens qu'il prît garde que cela ne l'affoiblit. En effet il en fut affoibli : il le remit dans la bonne voye.
Le monde peut estre finira par le Socinisme qui n'est qu'un Arianisme raffiné et plus subtil, un pelagianisme.
M'' Arnaud dit que c'est l'heresie la plus dangereuse, et le P. des Marets dit que c'est une bénédiction de Dieu que les Arriens ne se soient pas avisés de toutes les raisons de Socin. Il pose pour maxime que tout ce qui a este contesté ne peut estre de foy. {f° 49).
Nous sommes loin d'avoir achevé le dépouillement du curieux volume de «^Mélanges», très inégaux de valeur, mais toujours instructifs, dont sont tirés ces extraits (1).
Puiser de même dans les Noiwelles ecclésiastiques
(\) Témoin le folio 78 qai complète les jugements sur les ministres protestants en vogue : « D aillé, Le Faucheur, Claude ». D'aillé estoit le plus habile homme de France pour un ministre. Il est mort en 1G70. Son fils est menacé du mal caduc. D'Aillé monstre qu'il ne faut pas imputer à un homme les conséquences qu'on tire de sa religion. Par exemple, Saint Hillaire semble dire que Jésus-Christ ne sentoit point les douleurs; quelques pères, que les âmes viennent par propagation. On ne peut pas inférer : d'où ils tenoient que Jesus-Christ n'avoit point d'ame ou que l'ame estoit mortelle.
M. Charle controversiste estime le Faucheur qui a traitté la matière de l'Eucharistie, non historiquement comme Aubertin, mais il a ramassé toutes les preuves ensemble, le ministre Claude l'a imité. Faucheur presse bien plus par cette méthode, car l'histoire est tousjours languissante. Il tient contre Claude qua le concile de Crecy a condamné Amalarius.
Chamier est un brouillon.
Cocus est rare, il est bon, c'est un critique.
Mestresat a peu escrit.
AVANT BorUDALOrM 285
qui prirent naissance à peu j)rès à la date où s'achevait ce recueil, serait également plein d'intérêt pour l'histoire de la controverse protestante et des efïorts déployés dans la chaire chrétienne en vue de la conversion des hérétiques (1). Apportons seulement une pièce justificative, en plein accord avec le sujet qui nous occupe. Voici de quelle manière le rédacteur des Nouvelles du mois d'août 1689, annonce un document, qui a toute chance d'être authentique, la formule de rétractation des calvinistes français retournés à la religion que la révocation de TEdit de Nantes leur avait fait abjurer :
On voit un acte de serment par lequel les malconvertis retournent à leurs erreurs : on le tient certain.
Acte de serment relaps fait par les malconvertis pour se ranger dans leur premier party heretique.
« Nous soussignez, souhaittant de reparer autant qu'il sera possible le scandale que nous avons donné à l'Eglise de Dieu par notre foiblesse passée, nous voulons estre relevés de la malheureuse signature ({ue la violence nous a arrachée, déclarons aujourdhuy de bonne foy et sans y estre forcés que nous n'avons jamais aprouvé et que nous n'aprouverons jamais les sentimens de l'Eglise romaine dans laquelle on nous a contraint d'entrer par force et violence, que la doctrine de l'Eglise qu'on apelle reformée est celle que nous prétendons estre entièrement conforme à la parole de Dieu, qu'elle a toujours esté et sera la nôtre, que nous protestons contre ce que nous avons pu faire, dire ou penser jusqu'icy contre la déclaration présente, comme contre toutes les suittes funestes de foiblesse et d'erreur que la violence et la persécution a fait naître en nous, que nous détestons toutes les lasches complaisances que nous avons eues pour une religion dans laquelle nous ne croyions pas faire nostre salut, que nous formons la résolution de glorifier Dieu hautement dans la suitte, priant Dieu de tout nostre cœur qu'il luy plaise nous donner la force
(1) Voir plus haut, p. 22i et suiv.