‹ Le Ton de Paris, ou, Les amans de bonne compagnieChapitre 35 sur 44 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Mirville, 3f me de Kell, Campana, l'Abbé.

(Mirville et M^^ de Kell se parlent tout bas dans un coin.)

L'Abbé.

Ma foi, c'est la plus jolie peinture qu'il soit possible de voir, c'est charmant : n'en parlez pas, je vous en prie, Monsieur Campana. Cela pourroit me faire tort; et je vous assure que ce n'est pas pour moi, et que c'est une commissio'n.

Campana.

Vous pouvez compter que je n'en parlerai à personne dans le monde, et que nous autres, c'est notre intérêt d'être des confesseurs, et que ce seroit de moi donner un mauvais caractère, si je n'étois pas discret.

Mirmlle.

Vous voyez, Madame, que je n'ai pas tant de torts que vous le pensiez : si vous croyez tout ce qu'on vous dit, vous aurez fort à faire dans ce pays-ci.

Mme DE Kell.

Je voudrois bien avoir tort. Vous m'avez causé plus de peine que vous ne méritez. Madame de Gléon, Madame de Sénanges, tout cela n'est pas clair.

Mirville.

Ne pensez donc pas que je prenne toutes les femmes ni tous les ridicules que le public me donne. Nous partirons ensemble.

Mme de Kell.

Comment ?

MlR\lLLE.

Rien n'est plus simple, vous me mènerez; Mademoiselle Eléonore, votre

femme de chambre ira dans ma chaise, et j'y monterai moi-même la poste avant

Strasbourg.

Mme DE KeLL.

Cela n'est pas trop sage.

Le Laquais (de m. Campana.) Le carrosse de Madame la Baronne est revenu.

M"^e DE KELL.

C'est bon.

La Violette (coureur du Marquis.)

Voilà une lettre qu'on vient d'apporter à l'hôtel tout à l'heure, Monsieur le Marquis.

MiRVILLE (lit.)

« Je serai seule jusqu'à sept heures, à ce que j'espère, venez le plus tôt que » vous pourrez, je vous attends, vous verrez si je vous aime. «

L'Abbé.

Voilà vingt louis, Monsieur Campana, mais le secret, je vous prie.

Mme DE KELL,

Je vous verrai avant dix heures.

MiRVILLE.

Sans doute, adieu Monsieur Campana.

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