PECHE
En dehors de ces industries, je citerai les pêcheurs, dont le nombre est relativement restreint... La majeure partie
des barques sont faites, faute de bois, au moyen de lattes de bambou très artistement entrelacées, et enduites de vernis fait avec des huiles de dipterocarpus^ qui viennent du Haut Tong-King avec les pièces de charpente.
(Souvenirs du Tong-King y par le D"^ Harmand; 1873.)
La proximité de la mer est aussi une source de richesse pour les habitants, qui, tout le long des côtes, se livrent à la poche avec ardeur. A Test de la province, on trouve de nombreuses tortues caret renommées pour la beauté de leur écaille. A Gua-Bang, on pèche la sardine. Au dire des habitants, on y péchait aussi autrefois des perles fort recherchées.
{Notice sur le Thanh-Hoa, province du Tong-King, par un missionnaire français de la Société des missions étrangères, 1875.)
Les poissons abondent aussi au Ton^-King, soit dans les fleuves, soit dans les rivières ou les étangs. Les Tongkinois ont une véritable passion pour la pisciculture, et il n'y a si petite habitation qui n*ait son étang particulier, soigné avec
méthode et avec soin Il y a, pour aviver les étangs dont
je parle, des marchands de fretin qui parcourent chaque année le pays en tout sens, et qui ont le talent de conserver vivante, pendant deux, trois et quatre jours de marche, leur petite fortune....
Sur la côte, aux sixième et septième mois lunaires, jusqu'aux huitième et neuvième, on voit arriver chaque année des bancs de sardines, de petites chevrettes, de cà-bo, de cà-trong, ... de harengs et de morues, que les pêcheurs prennent à pleines barques pour en faire l'objet d'un grand commerce. Les grandes espèces sont desséchées au soleil ou même rôties au feu.
. . . Les pêcheurs font donc une partie considérable de la population; il y en a qui habitent la mer avec toute leur famille.... Les pêcheurs de la côte ont le droit de posséder une terre, et ils forment des communes ayant un territoire comme les gens de Tintérieur.
{Aperçu sur la géographie, etc,^ du royaume d'Annam, document officiel publié par le Counner de Saigon, 1875-76.)
Il existe encore, au point de vue de ralimentation, une autre ressource sérieuse : le golfe du Tonkin est un des golfes les plus poissonneux du monde...
{Discours de V amiral Jaurès^ rapporteur des crédits du Tonkin, au Sénat, 1884.)
Tout le long de la côte et aux entrées des fleuves, la pêche et la fabrication du sel sont en honneur.
{Le Tonkin^ par A. Gouin, résident de France à Nam- Dinh, mars 1885.)
Le Thaï-Binh se jette à la mer par 6 embouchures.
Tout autour du navire et aussi loin que la vue peut s'étendre, on aperçoit des pêciieries qui sont d'interminables rangées de gros piquets solidement enfoncés et servant à tendre de longues perches en filet, établis seulement pendant le reflux.
Je ne crois pas qu'il manque aux Annamites un seul des engins de pêche usités dans le pays d'Occident, et ils en possèdent que je n*ai jamais vus ailleurs. Parmi les filets à la main, le plus usité est l'épervier.
Les rivières plus fréquentées par les jonques sont plus que les autres encombrées de pêcheries qui s'étalent d'un bord à l'autre.
Les Annamites pratiquent la pêche des huîtres de rivière.
{Le Tonkin^ par A. Gouin, communication à la Société de Géographie, 1886.)
Je vous ai, dans les premiers temps de mon arrivée au Tonkin, entretenu de la variété de poissons vivant dans les rivières du Delta. Cette variété n*est pas moindre dans la rivière Noire.
{Lettre de M. BalansUy savant en mission au Tonkin, datée de Fu-Pha, 1887.)
Sur ses côtes et dans ses rivières, le poisson abonde. Des pêcheries admirablement installées et exploitées par des cantons entiers, emploient des milliers d'hommes et font vivre une population nombreuse.
{^08 premières années au Tonkin, par Paulin Vial, 4889-90.)
Cours d'eau et ports. — Arroyos. — Routes
et chemins de fer.