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ARROYOS

On appelle ainsi les canaux naturels et infiniment nombreux qui sillonnent en tous sens les terres basses du Delta, reliant les unes aux autres les diverses embouchures du fleuve Rouge et des petites rivières de la côte. Ce sont, pour les Tonkinois, les voies de communication les plus usitées ; elles facilitent l'exploitation des rizières, et ne nécessitent pour ainsi dire aucun entretien.

Le Tonkin est sillonné de toutes parts, par une multitude d'arroyos et de fleuves qui procurent aux exploitations agricoles une grande fertilité.

{Le Tongkin et la voie commerciale du fleuve Rouge^ par M. E.Millot; 1882.)

La partie du delta la plus voisine de la mer est plate, basse et fertile. La crue annuelle des rivières ne s*y fait que peu sentir; pour cette raison, les digues qui bordent le fleuve sont peu élevées, et sont destinées à protéger le pays seulement contre les grandes marées. A mesure qu'on s'avance dans rintcrieur, les digues de protection s'élèvent et s'élargissent... Des travaux de consolidation peu coûteux dans ce pays où la main-d'œuvre est à bon marché, pourront modifier favorablement la profondeur des voies de communication, et en faciliter la navigation. U ne faut pas oublier, en effet, que les Annamites, qui n'emploient que des jonques d'un assez faible tirant d*eau, n'avaient pas le même

intérêt que nous à augmenter la profondeur de leurs rivières, et ne s^y sont par conséquent pas appliqués.

Les innombrables rivières qui arrosent les deltas font communiquer entre eux, d*une façon suffisamment commode, les points les plus disséminés sur le territoire. Il n*est pas un coin du pays tonkinois auquel, ou à proximité duquel, on ne puisse arriver par un arroyo.

(Le Tonkin, par M. A. Gouin, lieutenant de vaisseau, Résident à Nam-Dinb, tS84.)

... Particularité singulière du Tonkin. De la frontière de l*Annam jusqu'à la frontière de la Chine, ses arroyos communiquant les uns avec les autres, continués dans le sud par les lagunes, dans le nord par des bras de mer bien abrités du large, forment une grande voie de navigation intérieure tout le long de la côte d'un bout àPaulre du pays. C'est là un privilège très précieux. Les barques du fleuve, les jonques, les chaloupes peuvent descendre du delta jusqu'aux provinces du sud, ou remonter dans le nord jusqu'à la frontière de Chine.

{La question des Ports du Tonkin, par J. Renaud, ingénieur hydrographe, 1887.)

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