LE 10KÉADOK
ros, s'est rendu coupable d'une grave infraction envers la discipline en méconnaissant l'autorité d'un chef supérieur;
< Attendu que rien ne saurait dégager un défenseur des droits du peuple et de la sainte Bartuleiria des serments d'obéissance qu'il a prêtés ;
c Attendu enfin que ledit Diego Tudilla, par son opiniâtre résistance a failli entraîner une collision sanglante entre les serviteurs de notre cause commune;
« Il est condamné à la dégradation complète, il sera exposé pendant trois heures au milieu de la cour principale
LE TORÉA DOK. l'l\
en sarreau de prisonnier, et passera ensuite quize jours consécutifs à la prison dure. Au bout de ce temps, il servira comme simple soldat à tel poste que lui désignera le général. »
La sévérité d'Vunqué envers son propre frère fit si bon effet parmi les insurgés que nul ne songea plus à prendre fait et cause pour Zorrastron.
La sentence était exécutoire sur-lechamp; mais Diego prenant la parole réclama du général l'autorisation de ne subir sa peine qu'après avoir réglé ses affaires:
— Seigneur général, dit-il, la sentence qui me frappe ne m'enlève en rien mes droits sur les prisonniers qui m'appartiennent ; j'ai passé la nuit à la poursuite des ennemis communs; en ne demandant pour toute grâce qu'un sursis de quelques heures, je ne crois pas abuser de votre clémence.
— Bartuleiros, dit alors Pablo, si nous
accordons un sursis à l'un des deux coupables, l'autre y a un droit égal.
— Je ne veux pas attendre, cria Zorrastron furieux.
Mais la masse des insurgés ayant paru
favorable à la demande du toréador, le général ne tint aucun compte de l'interruption du féroce capitaine , qui fut
> laissé libre en apparence, mais gardé à
vue dans les cours extérieures jusqu'à l'instant du supplice, c'est-à-dire jusqu'à midi.
Diego Tudilla ne perdit pas de temps ; on fui avait déjà remis la clé des fers de don Alvaro Barros. Il se tourna vers Zaléa qui , le bras en écharpe , s'était constamment tenue près de lui durant toute la procédure, pleine d'espoir d'abord et puis de terreur quand elle entendit le juge prononcer le terrible moi coupable.
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— Soldat ou capitaine, murmura t-elle, en respirant enfin lorsque le terrible Yunqué eut fini, — grand d'Espa-
gne ou toréador, mon maître sera toujours mon bien-aimé. Quand il sera dans la prison dure, Zaléa ira l'y trouver; les gardes et les verroux ne m'arrêteront pas !
Le matador l'interrompit sans l'avoir entendue :
— Où est don Alvaro Barros? dit-il d'un ton menaçant.
— Mon Dieu ! s'écria la bohémienne, encore une querelle ! Oh ! renoncez de grâce...
— Réponds, Zaléa, ou je m'adresse à un autre.
— Il est là ! dit la jeune fille résignée , en montrant de la main la porte gardée d'une chambre contiguë.
— Et Mariquita? demanda encore le toréador.
— Elle est avec lui, seigneur.
— Démonio ! Ht le toréador, en courant vers la porte de la chambre où Zaléa pénétra en même temps que lui.
Un affreux spectacle frappa leurs regards quand ils entrèrent.