ACTE IV, SCENE IV
Je ne te connais pas... je ne te connais pas... c'est ta faute : tu ne parles jamais.
VALEXTIXE
Tu n'entends pas mon silence ! En ce moment même, il se passe autour de toi, chez toi, des choses tragiques .et tu n'en es même pas effleuré.
LAMliERT
QueHes choses tragiques ? Voilà encore que tu fais du roman.
VALEXTIXE
Ça n'est pas du roman, c'est la vie.
LAMBERT
Tais-toi donc : je la connais mieux que toi, la vie.
VALEXTIXE
Tu crois la connaître, mais tu en ignores tout un côté qui, pour certains, est Tessentiel.
LAMBERT
.Qjioi... quel côté ? Pourquoi prends-tu des
airs de victime ? De quoi te plains-tu ? Tu n'es pas heureuse ? Que veux-tu dire ?
Je veux dire qu'une femme a des sentiments, des aspirations, un besoin d'idéal !
LAMBERT
J'avoue ne pas comprendre. Explique-toi, dis-moi des choses claires, positives, si tu veux que je te réponde et non des mots dénués de tout sens ; mais je te préviens que je n'aurai pas la patience d'écouter des divagations.
VALENTINE
J'ai bien eu la patience, moi, de taire pendant neuf ans mes désillusions de corps et d^âme ; oui, le lendemain même du mariage, j'aurais voulu crier mon désespoir et ma révolte et mon dégoût de ses brutalités.
LAMBERT
Alors, tu as attendu neuf ans pour me dire ça ! Et c'est aujourd'hui que tu viens te plaindre d'avoir été méconnue, incomprise? Tu me