ACTE IV, SCÈNE IV
parles de tes aspirations, des brutalités du mariage. Pourquoi m'as-tu épousé ? ,
VALENTINE
Est-ce que je savais ?
LAMBERT
Tu savais très bien, et le temps est passé où les jeunes filles arrivaient au mariage naïves et ignorant tout. Que viens-tu me parler de ton besoin d'idéal ! Je ne suis pas un héros de roman, c'est entendu, mais tu savais qui j'étais quand j'ai demandé ta main... Je ne me suis pas fait passer pour un poète ou pour un officier de cavalerie ; et, pendant que je te faisais la cour, je te défie de me citer une" seule conversation où je t'aie parlé de littérature ou de voyage en Italie ! Le mariage n est pas une aventure passionnelle, ma chère amie... Je me suis marié pour fonder une famille, pour avoir des enfants. Si tu y cherchais autre chose, j'en suis bien fâché'j mais, encore une fois, il ne fallait pas m'épouser.
VALENTINE
Sans doute, mais j'habitais une ville de province où les partis étaient rares ; tu étais un parti convenable ; nos fortunes s'équilibraient ; ma dot te permettait d'acheter la maison de ton père et ce fut le point de départ de notre union !
LAMliERT
Oui. . . Le mariage est aussi une association . . . Il n'y a pas à s'en cacher, lorsque les choses se passent loyalement de part et d'autre. Tes parents savaient que ta dot me servait à payer la papeterie et j'ai temi à ce que toi-même fusses mise au courant.
VALENTINE
Ah ! C'était le mariage de raison dans toute sa folie, le mariage de convenance dans tout son cynisme !
LAMBERT
C'était un mariage comme il s'en fait cent mille et dont les femmes se contentent.