SCENE IV Les mêmes, HOUFFIËU
RouFFiEu (entrant par la petite porte de droite). Bonjour, camarades.
PoULOT
Bonjour, Rouffieu.
ROUFFIEU
Madame Ménessier n'est pas encore revenue du marché ?
PoULOT
Non. Et Ménessier manque toujours à Tappel.
ROIÎFFIEU
J'avais peur d'être en relard. Testud est allé aussi vendre un veau ce matin... nous avons besoin d'argent pour les impositions; mais je suis sans crainte, on les. paiera... Ça te fait sourire, Colloûges?
COLLONGES
Oui, vous êtes vis-à-vis de la société que vous avez répudiée, dans la situation d'un divorcé condamné à payer une pension alimentaire à son ancienne femme. Vous avez toutes les charges du mariage.
Dis plutôt toutes les charges du divorce. L'essentiel est de ne plus avoir la femme. Nos relations avec la société, nous les avons réduites à un minimum. Indique-nous un moyen de rendre nos rapports encore moins fréquents...
CoLLONGES
Oh! moi, mon opinion tu la connais: on ne plante pas un clou dans une planche pourrie. 11 faut d'abord changer la planche. Vous prétendez me prouver que j'ai tort... je ne demande pas mieux que de me tromper, et même je joins loyalement mes efforts aux vôtres pour enfoncer le clou et qu'il tienne ; que puis-je faire de plus ?
ROUFFIEU
Oui, tu es un camarade dévoué... mais ton penchant à tout critiquer découragerait des gens moins convaincus que nous. Enfin, voyons, est-ce que nous ne vivons pas dans la joie, la sécurité, l'harmonie ?
POULOT
Hé! ah! voilà la voiture 'qui revient du marché avec madame Beau, madame Menessier, Testud et... attendez donc !... Mais oui, c'est Menessier. Eh bien, il est frais, le client!., madame Menessier fait signe qu'on aille Taider à décharger la bagnole... Venez-vous, père Nu-Tête...
(Us sortent. On aperçoit la voiture arrêtée devant la porte.)