SCÈNE X
COLLONGES, VERDIER, puis ROUFFIEU, puis BOUGOIN POULOT, TESTUD, le PÈRE NU-TÊTE
CoLLONGES
Donnez-vous la peine de vous asseoir.
(Il se remet à dessiner,)
Verdier
Je parie que vous vous demandez ce que je viens faire ici? (Geste vague de CoUonges,) Je sais qu'on y est porté à voir en moi un ennemi. Eh ! bien, c'est justement ce que je ne veux pas et je viens pour dissiper ce malentendu.
Collonges Ah!
Verdier
Je n'y vais pas par quatre chemins, moi... J'aime à prendre le taureau par les cornes. Carré de la base, franc du collier, c'est Verdier ! Et pas Verdier l'imprimeur, le patron... Verdier, l'ancien typo, l'ouvrier comme vous, votre camarade, quoi ! je ne renie pas mes origines, moi, nom de Dieu !
COLLONGES
Voilà des origines qui ont de la chance.
Verdier
Je veux savoir ce que l'on a à me reprocher et je viens vous le demander... carrément.
CoLLONGES
Toujours.
Verdier
Si des gens, comme nous, des voisins, ne s'entendent pas entre eux, il ne faut plus parler do fraternité. (Silence de Collonges.J Vous dites?
Collonges Rien. Je n'en parle pas.
Verdier (im peu décontenancé).
Vous avez une belle vue; cette pièce-là est très
gaie... c'est Tancienne grange transformée en réfectoire sans doute ?
COLLONGES
Nous n'avons pas de réfectoire... ni de tambour pour appeler au repas, comme à la caserne. On mange chacun chez soi et à son heure.
Verdier
Je vous demande pardon... je croyais... Et êtesvous satisfait de votre exploflation?
CoLLONGES
Merci, ça marche aussi bien que possible.
Verdier
Oui, oui, j'ai vu tout ça en venant... c'est bien dirigé, bien compris. Ah! ça fait une différence avec ce que c'était au temps du fermier qui vous a précédés. Combien vous a-t-elie rapporté la ferme, l'année dernière?
COLLONGES
Je ne sais pas. Tenez voilà notre camarade Rouffieu qui vous renseignera beaucoup mieux que moi.
Rouffieu (qui est entré).
Bonjour, monsieur Verdier. Qu'y a-l-il pour votre service ?
Verdier
Bonjour, monsieur Rouffieu vous avez peutêtre déjà entendu parler de moi?
Rouffieu Oui... oui...
Verdier
Il faut d'abord que vous sachiez que vous avez en moi un ami... tenez-le pour certain. Je trouve votre tentative très intéressante, très digne d'être encouragée. Bref! ce n'est pas moi qui vous mettrai des bâtons dans les roues, au contraire. Ainsi, tenez, à Villiers, on ne vous voit pas d'un très bon œil.
Rouffieu On est trop bon de s'occuper de nous.
Verdier
Eh ! bien, moi, à chaque instant, sans que vous vous en doutiez, je sers de tampon entre vous et la municipalité.
Rouffieu
Vous êtes bien aimable, mais nous sommes en règle avec la mairie : nous payons nos impôts.
Je VOUS en félicite.
ROUFFIEU
Il n'y a pas de quoi.
Verdier
Mais il n'y a pas qu'à payer des impôts... quelle que soit votre indépendance, que j'admire, vous devez satisfaire à certaines exigences sans lesquelles il n'y a pas de... c'est-à-dire dont le respect est une garantie... enfin, vous me comprenez.
Rouffieu Parfaitement... et alors?
Verdier
Alors, à chaque instant on peut vous prendre en défaut.
Rouffieu Oh ! à chaque instant.
Verdier Mais oui. Tenez : vous avez des enfants, ici.
Rouffieu
Oui.
Verdier En âge d'aller à Técole ?
Ou de ne pas y aller.
Verdier
Ahî pardon, c'est là que je vous attendais : voua faites partie de la commune de Viiliers, vous êtes domiciliés ici depuis dix-huit mois ; vous devenu envoyer vos enfants à Técole communale.
ROUFFIEU
Nous devons... nous devons...
Verdier
Mais parfaitement... la loi du 28 mars 1882 sur Tobligation scolaire est formelle. Vous n'en tenez aucun compte et pourtant on ne vous a pas inquiétés, parce que j'ai voulu qu'on vous laisse tranquilles... j'ai servi de tampon. Ah! j'en ai subi des assauts à cause de vos mioches !
ROUFFIEU
Vous ne serez plus tamponné à cause d'eux, monsieur Verdier : depuis trois semaines nous avons une institutrice... comme les riches. (Cependant Pouiot, Testud, Boiigoin et le père Nu^
134 LA CLAIRIËRE
Tête sont entrés. Bougoin s'approche de Collonges gui leur fait signe de se taire et d'écouter.)
Verdier
Il n'y a donc pas très longtemps que vous êtes en règle, malgré vous... (Il rit.) D'ailleurs, ce que je vous en dis, c'est l'histoire d'en causer. Maintenant, parlons peu, mais perlons bien. Les élections ont lieu dans deux mois... vous n'ôtes pas inscrits sur les listes.
ROUFFIEU
Non.
Verdier
Il faudrait pourtant y penser, mes enfants, si vous voulez voter.
CoLLONGEs (à demi-voix).
Nous y voilà !
ROUFFIEU
C'est pour ça que vous êtes venu ?
Pot LOT
Vous êtes le fourrier.
Verdier Le fourrier?
LA CLAmiÈKfi 135
POULOT
Oui, VOUS savez bien, pendant les manœuvres, le fourrier part en avant pour préparer \t logement ; il passe dans les cantonnements et il écrit sur les portes : tant d^ hommes y tant de chevaux. Vous voudriez écrire lur les murs de la colonie : dix électeurs.
C'est très drôle.
ROIFFIEU
C'est très drôle, mais ça n'est pas exact, parce que personne ici n'a l'intention de voter.
Verdier
Alors vous ne remplissez pas vos devoirs de citoyen.
COLLONGES
Oh! nous sommes reconnus d'inutilité publique !
ROUFFIEU
Nous n'avons pas de goût pour les jeux de hasard. Peu nous importe que ce soit le rouge ou le noir qui passe, c'est toujours la banque qui gagne et jamais nous autres.
Verdier
Ça dépend des candidats... Je serais bien étonné si le nôtre n'était pas tout à fait dans vos idées.
ROCFFIEU
Je serais encore plus étonné, si nos idées étaient tout à fait dans votre candidat.
Verdier
Pourtant, je vous assure qu'il est aussi avancé que possible.
POULOT
N'en parlez pas comme d'un perdreau.
BOUGOIN
Vous nous mettez Teau à la bouche.
PoULOT
Qui est-ce donc ce gibier Jà? .
Verdier
C'est monsieur Loiselet, le député sortant de la circonscription.
BoufioiN S'il est sortant, faut pas le retenir
Verdier
Nous le retenons au contraire, parce qu'il a rendu les plus grands services au pays.
POULOT
Loiselet a rendu des services au pays? C'est la première fois que j'entends ce nom-là... et toi, Délicat?
BotGOlN
Loiselet ? Connais pas c't'oîseau-là ! Et toi, Testud?
Testud
J'en ai point ouï parler.
Au pays, je veux dire à la circonscription, à ses électeurs... vous me comprenez bien ; on n'a qu'à s'adresser à lui pour obtenir ce qu'on veut.
COLLONGES
C'est un bon commissionnaire.
BOUGOIN
Vous devriez bien lui demander un bureau de tabac pour ma sœur... une malheureuse victime...
Verdier
Du Deux-Décembre ?
138 LA CUIlllÈRE
BoUiiOlN
Non, du huit octobre. Klle n'arrive jamais à payer ce terme-là... Alors, tous les ans, régulièrement, elle est expulsée.
(Rires.)
Vkrdieu
Vous n'êtes pas sérieux. Loiselet possède toutes les qualités d un véritable serviteur de la démocratie ; d'ailleurs, il est Torgane du Comité Républicain-radical-socialiste indépendant.
POULOT
Y en a plus?
Voilà bien des étiquettes pour un seul produit.
Verdier
Abondance de biens ne nuit pas. Quatre étiquettes valent mieux qu'une : elles résument les progrès réalisés par les précédentes législatures.
COLLONGES
C'est comme les raisons sociales sur lesquelles on met : Médailles à toutes les expositions.
(Aires.)
LA CLAIRIÈKE 139
Verdier
Quels blagueurs vous faites? Ah ! je ne savais pas à quoi je m'exposais en venant ici.
COLLOKGES
Vous êtes encore un tampon.
Verdier Heureusement que je comprends la plaisanterie.
BOUGOIN
Enfin, qu'est-ce qu'il offre pour rentrer, votre député sortant?
Verdier
La journée de huit heures, Tinstruction intégrale à tous les degrés, la création de caisse de retraites pour la vieillesse... (Il tire un papier de$a poche, et après une seconde d hésitation le remet à 7V5/uc^.j D'ailleurs, tenez ! le voilà son programme ; lisez-le mon ami, vous verrez qu'il ne laisse rien à désirer.
Collonges Que son exécution.
Rouffieu
Est-ce qu'il promet aussi la suppression de la misère,de la prostitution,des armées permanentes.
Testud Des impôts!...
COLLONGES
Ou bien la recherche de la paternité?
BOUGOIN
Ou bien tout simplement le pain gratuit et obligatoire.
POCLOT
Hein! père Nu-Tête, c'est ça qui ne serait pas ordinaire ?
Le père Nu-Tête
On ne verra jamais ça... on ne verra jamais ça...
Verdier
Évidemment, on ne le verra pas. . . tout de suite ; mais on ne le verra jamais, s'il n'y a que des gens comme vous qui ne veulent pas voter et qui ne savent pas se servir de la seule arme qu'ils aient... le bulletin de vote.
RODFFIED
Le bulletin de vote du père François.
COLLONGES
Le coup du père François !
ROUFFIEU
Oui, nous la connaissons: Aux urnes, citoyens!,.. Depuis trente ans les promesses de vos députés abreuvent nos sillons, qu'en est-il résulté ?
La peau !
La nôtre!
POULOT BoUGOIiN
Verdiek
Il ne faut pas non plus être injuste ; à vous entendre, ma parole d'honneur, on dirait que Ton n'a rien fait pour le peuple depuis trente ans..*
POULOL
Ou la vie d'un député !
Mais avant de reprocher aux législateurs leur impuissance, donnez-vous donc la peine de regarder. Votre camarade dont je devine le bon sens fil a désigné Testud) sera le premier à reconnaître que jamais le peuple n'a été mieux nourri, mieux vôtu, mieux logé...
iAt U CLAIRIKHE
ROUFFIEU
Mieux enterré !
Verdier
Sinon mieux, du moins plus tard. Des statistiques rétablissent : la science a prolongé ladurée moyenne de la vie humaine.
Testcd Ça, c'est vrai !
CoLLONriES
Au profit de qui ?
Verdier
Enfin, tout ça, c'est quelque chose pourtant. Si ça ne vous suffit pas, raison de plus pour voter. Quand vous aurez conquis les pouvoirs publics^ vous imposerez vos réformes.
RoiTFlEU
Si nous vous disions la première, dans cinq minutes vous ne seriez plus ici.
Dites toujours pour voir.
Eh ! bien, devenant les maîtres, au lieu derem-
placer sur la monnaie une effigie par une autre, figurez-vous que nous supprimions la monnaie...
Verdier [riant).
Ah ! comme on voit bien que vous n'en avez
pas !
COLLONGES
Vous n'êtes pas gentil. C'est comme si l'on vous répondait, quand vous célébrez les bienfaits du suffrage universel qui rabaisse à son niveau toute idée un peu élevée : Ah ! comme on voit bien que vous n'en avez pas !
Verdier Ce n'est pas la même chose.
Rouffieu
Ah ! que vous nous connaissez mal, monsieur Verdier, si vous croyez, vous aussi, que nous convoitons votre argent en partage. Dormez dessus tant que vous voudrez, nous ne sommes pas jaloux des cauchemars que donne ce mauvais oreiller ; le nôtre sera meilleur, le jour où tout le monde travaillant pour rien, chacun jouira de tout pour rien.
Parbleu ! j'étais bien sûr que nous finirions par
144 U CUIRIÈRE
nous entendre. Vous êtes des travailleurs, voilà Tessentiel. Moi, j'aime les travailleurs.
CoLLOiNGEs {à mi-voix).
Comme la voiture aime le cheval.
SCÈiNE XI Les mêmes LE DOCTEUR ALLEYRAS
ROUFFIEU
Ah î vous arrivez à propos, docteur. Monsieur Verdier est en train de nous faire ses offres de services électoraux.
Le docteur Ah! bah!
COLLOKGES
Monsieur Verdier nous soumettait une carte d'échantillons, je veux dire un programme qui a beaucoup de chances de succès... ailleurs qu'ici.
Le DOCTEUR
Mon cher monsieur Verdier, j'ai bien peur que vous ne fassiez pas vos frais à la colonie.
Verdier {(fun ton pincé).
Ce n'est pas comme vous, vous les faites, vos frais ?
Le docteur Comment l'entendez-vous?
Verdier
Je veux dire que vous ne comptez ici que des amis.
Le docteur J'en suis très fier.
Verdier
Vous avez lieu de l'être, car ils ne vous demandent que des soins et vous leur prodiguez des conseils... par-dessus le marché.
Le docteur {riant).
C'est vous qui me reprochez de cumuler ! (// se dirige vers le père Nu-Tête). Bonjour, père Nu- Tète c'est vous que je viens voir, vous n'avez pas
l'air de vous en douter montrez-moi donc cette
jambe ? (Le Père Nn-Tète retrousse son pantalon.) Parfait ! Parfait ! J'ai presque le regret de constater votre guérison complète.
146 ÏA CLAIRIÈRE
COLLO.NGES
Pourquoi donc, monsieur AUeyras? Vous aussi, vous croyez que le rétablissement du père Nu- Tôtesera le signal de son départ? Détrompez-vous: il est des nôtres, il reste avec nous.
POULOT
Ça manquait justement d'ancêtres ici.
ROUFFIEU
Oui, Poulot dit bien... à chacun ses portraits de famille ; le nôtre est descendu de son cadre, voilà tout.
Le docteur
Décidément, vous êtes de braves gens que j'aime bien. Que dites-vous de ça, monsieur Verdier?
Verdier
Je dis, je dis que si, au lieu de tomber près de la Clairière, votre protégé avait eu la force de se traîner jusqu'à Villiers, il y aurait trouvé un hôpital et les mômes soins qu'ici.
Le docteur
Avec celte différence que, guéri, le père Nu- Tête aurait été misa la porte de l'hôpital et réduit au vagabondage. Alors, il n'avait plus qu'à solliciter des gendarmes un abri à la prison voisine,
tandis qu'il va pouvoir vivre ici en famille et jouir d'un repos bien mérité.
Verdier
Allons donc ! Vous nous jugez bien plus inhumains que nous ne le sommes. Si la situation de ce brave homme est digne d'intérêt, je lui aurais facilement obtenu un secours... au besoin même, j'aurais fait une petite collecte.
COLLONGES
L'aumône, oui. Prenez garde d'encourager la mendicité : elle est interdite dans ce département.
Verdier
Il ne faut pas non plus se payer de mots ; nous faisons beaucoup pour les malheureux. Nos bureaux de bienfaisance dans certaines communes ne trouvent pas l'emploi des fonds à leur disposition, faute de pauvres à secourir.
CoLLONGES
Ils y mettent de la mauvaise volonté.
Verdier
Croyez-moi: à l'heure actuelle, les œuvres de prévoyance, de protection et de sauvetage répondent à peu près à tous les besoins, nous prenons l'enfant au berceau pour ainsi dire...
(Hélène apparaît à ce momeiit avec les eyifants.)
COLLONGES
C'est une façon de parler.
Verdier
Et nous ne Tabandonnons plus ; nous avons conscience de notre devoir.
Connaître son devoir et le remplir, monsieur Verdier, tout est là.
Verdier (apercevant Hélène).
Ah! voici votre protégée; on a peut-être encore besoin de vos conseils... je vous laisse.
Le docteur (allant vers Hélène).
Bonjour, mademoiselle, vous vous plaisez toujours ici?
Hélène
Oui, je suis heureuse, c'est grâce à vous, je ne l'oublie pas.
(Ils continuent à causer à voix basse, pendant que Verdier cherche des contenances.)
Verdier (à Rouffieu).
Voilà tous vos enfants ?
ROUFFIEU
Oui
Verdier
A qui celui là?
(Il désigne le plus petit.)
ROUFFIEU
C'est à moi.
Comment t'appelles-tu, mon petit ?
Le petit Rouffiec
Emile Rouffieu.
Verdier
Tiens, voilà deux sous pour facheter des bonbons. Tu n'en veux pas ?
RODFFIEU
Il ne les prendra pas, monsieur Verdier. Ici, on apprend aux enfants que l'argent ne fait pas le malheur mais qu'il y contribue.
Verdier
Alors c'est différent. (Il va pour remettre le décime dans sa poche, mais le jeune Testud vient
150 LA GUIRIÈRE
se planter devant lui et lui tend la main.) En voilà pourtant un qui n'a pas l'air d'être de cet avis ! (Comment t'appelles-tu, mon petit ami ?
Le petit Testtjd Testud, Joseph.
RouFFiKu (prenant par la main sa petite fille).
Pendant que vous êtes là, monsieur AUeyras, je vous demanderai d'examiner ma gamine qui tousse toujours un peu.
Le docteur
Bon, voyons! (Il preJidV enfant sur ses genoux, lui fait tirer la langue^ l'ausculte.)
Verdier (dans le groupe des communistes).
Eh! bien, mes chers amis, je ne regrette pas ma visite; vous m'avez beaucoup intéressé,., vous ne voulez pas de mon député, je le remporte, n*en parlons plus. Nous n'avons pas tout à fait les mêmes idées, mais ça n'empêche pas d'être de braves gens et de s'estimer. (A Testud.) Si jamais vous avez besoin de moi, vous savez où me trouver, n'est-ce pas?
Testdd Ben sûr, monsieur Verdier, ben sûr.
LA CLxVmiÈRE 151
Verdier (apercevant le buste au-dessus de la porte).
Ah! ah! c'est Mouvay... vous avez son buste ici... Vous lui devez bien ça.
POULOT
Vous savez, monsieur Verdier, si le cœur vous en dit d'avoir votre ciboulot en plâtre, pas ici, mais dans une autre colonie que vous aiderez h fonder, vous savez, faut pas vous gêner.
Verdier
Je ne dis pas non... nous verrons; mais Mouvay n'avait pas d'enfants... moi, j'ai un grand fils. (Il sort.)
CoLLONGES (en guise d'adieu).
Et peut-être même un petit-fils !
PoDLOT (accompagne Verdier en chantant à pleine voix).
Va t'en d'ici, de cet asile Tu ternirais la pureté l
Le docteur
Allons, tranquillisez-vous, Rouffieu, je vous enverrai tantôt ce qu'il faut pour votre gamine ; ce n'est pas bien grave.
ROUFFIEU
Merci, monsieur AUeyras. Il faudra pourtant que nous nous acquittions...
Le docteur
Ne parlons pas de ça ! Quand, ce que je ne souhaite pas, Tun d'entre vous sera malade, vous m'appellerez, j'espère bien. Et lorsque vous estimerez que mes soins représentent le prix d'un vêtement, eh ! bien, vous m'habillerez.
POULOT
Ah ! monsieur le docteur, vous devriez bien être des nôtres.
Le docteur Moi, mais je suis déjà membre adhérent.
ROUFFIEU
Il n'y eu a pas assez comme vous.
COLLONGES
Et il y en a trop comme l'autre. Il n'a pas dû partir enchanté de vous, le tampon !
BOUGOIN
Il est parti, c'est le principal.
Le docteur
Allons au revoir, mes amis.
(Cependant, Hélène a installé les etifants autour de la grande table et leur a distribué des cahiers.)
ROUFFIEU
Allons, camarades, laissons la place libre à mademoiselle Souricet qui va faire travailler les enfants.
(Hélène fait: chutl et ayant effacé les mots tracés sur le tableau noir, écrit: « Le loup et F agneau », tandis que le rideau tombe.)