ACTE II, SCENE II
VERSANXES
Cest vrai, je vous demande pardon... j'aurais dû vous épargner au moins cela ; mais cette femme m'agace... surtout depuis que je vous ai vue liier soir... souffrante et si pâle, depuis que votre mari m'a dit que, tous ces jours-ci, il vous trouvait en larmes.
VALENTIXE
11 a dit cela ?
VERS.WXES
Oui, et pour qu'il s'en soit aperçu, lui ! il faut que ce soit bien vrai. Enfin, depuis hier soir, depuis que j'ai tenu dans ma main votre main glacée, je ne vis plus, je suis inquiet et alors, j'ai été injuste tout à Tlieure. Il faut me pardonner. Voyons, pourquoi pleurez-vous ?. Pourquoi ne vous confiez-vous pas à moi qui vous aime infiniment ? Je suis donc si loin de votre cœur ?
VALENTINE, dans un élan.
Ah ! vous n'en avez jamais été plus près au contraire, et toute ma pensée est à vous.
gô LE TORRENT
VERSANNES
Hélas ! La pensée n*est pas tout en amour, il faut aussi la présence réelle... mais oui, puisque c'est par un autre que j'apprends que vous pleurez ! Et, hier encore, croyez-vous, que ça ne soit pas le plus horrible supplice de vous voir vous en aller malade et de ne pouvoir vous suivre ? Oui, c'est pour tout ça, voyez-vous, que l'existence que nous menons est insupportable et lourde, et tous les jours s'alourdit de la séparation et de l'absence.
VALENTINE
J'avais prévu tout cela... Combien de fois vous l'ai-je dit ? Pourquoi ne m'avez-vous pas écoutée ? Hélas ! Je me l'étais dit aussi à moi-même. Pourquoi ne me suis-je pas écoutée?
VERSANNr:S, la regardant.
Voyons, qu'y a-t-il ? Parlez, je vous en supplie... Ne me laissez pas dans cette angoisse.
VALENTINE
J'ai à vous confier une chose très grave,