ACTE II, SCENE VI
tresses et c est votre maîtresse, au contraire, qui devient votre véritable femme : c'est à elle que vous devez protection, c'est elle que vous devez suivre, puisque c'est elle qui vous permet de fonder la famille, pour laquelle le mariage en somme fut institué. Ça peut sembler paradoxal au premier abord et c'est pourtant très logique.
VERSxXNXES
Alors, si je vous comprends bien, vous me conseillez maintenant de la quitter ?
MORINS
Écoutez, Julien, répondez-moi gravement : vous aimez M""^ Lambert ?
VERSANNES
Oui^ je Taime et je ne puis concevoir la vie sans elle.
MORlNS
Alors, partez avec elle. Oui, si vous aimez cette femme, si sa présence vous réchauffe et si votre âme est transie quand elle s'éloigne,
si rien que de toucher sa main, tout votre être frémit de volupté et si lorsqu'elle dit simplement : « il fait beau aujourd'hui », vos yeux se remplissent de larmes ; en un mot, si vous laimez, alors, mon ami, il faut la suivre, car on ne rencontre qu*une fois la femme qui vous aime et qu'on aime. Et songez à ce bonheur que les destins l'aient mise sur votre route. Ah ! Il y a si peu d'hommes qui trouvent leur véritable compagne et ceux qui, l'ayant trouvée, ont pu l'abandonner, ceux-là, voyez-vous, ne s'en consolent jamais et toute leur vie s'assombrit de vains regrets. On aime plusieurs fois, c'est vrai, et chaque fois d'une manière différente ; mais on n'aime qu'une seule fois d'une façon immortelle , divine presque... une seule fois, on peut être un dieu !
VliRSANNliS
Oui, oui, c'est ainsi que je Taime !
MORINS
Alors, partez avec elle, parce que la première liberté que nous devons conquérir, c'est