‹ Le torrentChapitre 84 sur 176 · ACTE III. SCKNK II · texte numérisé non relu

ACTE III. SCKNK II

moi qui accomplis en ce moment un devoir qui m'est particulièrement pénible, croyez-le bien. Ai-je besoin de vous dire combien votre aveu m'a impressionné douloureusement, moi qui vous connais depuis si longtemps ? Je vous ai mariée, j'ai baptisé vos enfants et je vous croyais une épouse fidèle, une tendre mère ; je me plaisais à vous parer de toutes les vertus chrétiennes. Comprenez donc bien comment je vous parle ma pauvre et chère enfant... je suis votre vieil ami.

VALEXTINK

Oui, je sais ; mais c'est égal...

L'AIVnÉ HLOQUIN

Et croyez-vous que je vous conseillerais une infamie ? Non, il faut considérer ce rapprochement comme une expiation... oui, comme une expiation de la faute très grave que vous avez commise. Si vous aimez mieux, c'est un sacrifice que je vous demande, c'est le sacrifice de votre bonheur et de votre fierté, puisque vous renoncerez à votre passion cou-

pable et que vous vous humilierez à vos propres yeux.

VALENÏINE

Je ne pourrai pns... non, je ne pourrai pas. Oh ! je sais bien que la plupart des femmes, en pareil cas, acceptent cyniquement le sacrifice dont vous me parlez et, pour ça, elles ne prennent conseil que d'elles-mêmes et n'ont pas besoin de consulter un prêtre. Aussi, n'est-ce pas ça que j'étais venue vous demander ; ce n'est pas un pareil conseil que j'attendais de vous... et, vous devez vous tromper, la religion n'exige pas ça.

L'ABBÉ BLOQUIN

Alors, qu'attendiez- vous de moi? Vous êtes venue trouver un prêtre, c'est vrai, mais est-ce un prêtre qui peut vous délier du serment que vous avez fait devant lui, c'est-àdire devant Dieu ? Croyez -vous donc que j'allais vous conseiller le divorce ? Vous savez bien que l'Église n'admet pas que le sacrement de mariage soit détruit et il est écrit que l'homme ne séparera jamais ce que Dieu a joint.

Page 1