ACTE III, SCENE II
V^VLENTINE
Oui, rÉglise préfère que la femme se prostitue dans le mariage même... car, en somme, c'est ça que vous me proposez sous couleur de sacrifice. Pieux mensonge! Mais, quand vous m'avcz mariée, quand j'ai prononcé devant vous un serment éternel et sacré, vous qui me connaissiez, saviez-vous quel mariage je faisais? Je me rappelle : comme ami, vous avez approuvé ce mariage qui saiisfiisait les conditions mondaines et, comme prêtre, vous l'avez béni, sans vous inquiéter si les conditions humaines étaient remplies. A présent, vous fiiies bon marché de mon amour, de mon bonheur, de mes pudeurs, de mes répugnances, et peu vous importe que je sois mal mariée et jusqu'à la m.ort même malheureuse, pourvu que je ne m'échappe pas du sacrement et d;; rÉglise ! Pour vous, tout est là.
L^VBBÉ BLOQUIN
Ne me parlez pas ainsi. Vous savez bien que je ne suis pas un mauvais homme, que
je déteste l'hypocrisie et que je suis accessible à toutes les pitiés. Hélas! nous voyons tous les jours le mariage se dissoudre dans le divorce; nous voyons les ménages désemparés, la famille dispersée, les enfants partagés entre le père et la mère, désapprenant d'aimer et de respecter Tun ou l'autre, et trop souvent les deux : nous voyons les conséquences funestes des lois des hommes et vous voudriez que nous, les hommes de Dieu, nous les approuvions, nous les sanctionnions ? Non, non, nous ne le pouvons pas. Or, si vous partez avec votre complice, c'est le divorce non seulement dans votre maison, mais encore dans la sienne; c'est un scandale épouvantable; c'est vous, ma fille, une chrétienne repoussée du sein de l'Église, ce sont vos enfants, vos enfants que vous ne reverrez plus et qui ont encore besoin de vous et qui maudiront plus tard leur mcre qui les aura abandonnés.
VALKNTINK
Ah ! ne dites pas ça ! ne dites pas ça, c'est aftVeux 1