‹ Le tour de LémanChapitre 49 sur 53 · IOU · texte numérisé non relu

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isacon nouira mie, o gai .

ijUacun noire mie, o gai î

isacon non i ra nue :

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uiui un noire Duc .

Proféti» trè ti

Profitons tous

Dé sli dzor de flta ;

De ce jour de fête ;

Du lo plie peti,

Depuis le plus petit,

A l'abbé in téta !

Jusqu'à l'abbé qui est en tète !

Noutron vin y fau gôta,

Notre vin il faut goûter,

Et no porta my riondà,

Et nous pourrons mieux ronder,

You!

You!

Tsacon noutra mie, 6 gai !

Chacun notre mie, ô gai !

Tsacon noutra mie!

Chacun notre mie!

J'ai traduit fidèlement cette ronde villageoise touta-fait authentique et sans aucune prétention à la forme poétique, comme tu le vois, cher Émile.

Les peuples anciens ont laissé des traces de leur occupation du pays : on y trouve des noms celtiques, des noms évidemment grecs, tels que Céphyse et Amphyon, une processsion mythologique et païenne, enfin des voies romaines, des pierres milliaires, des autels votifs, des piscines, des antiquités et des tours-fortes du moyen-àge.

1 1 MttAralnMnl : <TÏM**I bntitir lutte \ \o\wn^ (attlaixir, r«/wii e.

Bochat discute longuement l'étymologic du nom de Léman sans s'occuper de ce fabuleux Lémanus, fils de Priam, que quelques antiquaires amènent au milieu des Alpes.

Il fait remarquer que Atpw signifie en grec lac, étang, marais, que Limne est aussi celtique et a la même signification, mais que rien ne prouve que cet idiome ne dérive point en partie du grec.

Il ajoute que les Flamands emploient le mot de Léem pour marais ou étendue d'eau.

Il est donc très probable que le nom de Léman a une origine grecque ou celtique.

Il faisait un temps doux et calme, propice à une navigation de plaisir, le Pays-de-Gavot dessinait avec netteté par delà les eaux assoupies ses hauts coteaux chargés de châtaigniers; je me suis pris à regretter celte rive tout en me promenant sur la grande place, et j'ai éprouvé subitement un vif désir de la revoir, — un de ces désirs que I on pourrait presque appeler besoin. — Plusieurs bateliers étaient là, épiant des étrangers disposés à faire une promenade sur le lac, et ils mont offert leurs canots.

4e pouvais revoir Evian, Lugrin la petite Marie si accorte et qui prépare si bien les brisohns... c'était une tentation irrésistible, j'allais y succomber quand le

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rameur veveysan m*a demandt» quinze francs pour cetie courte traversée. — Aussitôt j'ai dû y renoncei* n'élani pas assez riche pour me passer une fantaisie si coûteuse. A bientôt, mon ami. je coucherai ce soir à Lausanne.

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Mon tour est lini, j'ai revu la capitale du canton, il ne me reste plus, ami, qu'à t'envoyer mes sensations sur quatre lieues de vignobles, sur la contrée que Ton nomme La Vaux.

Ce rideau uniforme de pampres, ces gradins de terre végétale étages les uns sur les autres jusqu'au faîte du Jorat nu et généralement monotone, ces petits murs grisâtres qui rayent tout le flanc de la montagne et soutiennent le sol qui tend sans cesse à s'ébouler et à entraîner les ceps gâtent le paysage.

Je comprends l'ennui qu'ils inspirent à Obcrmann. Il parait que celte terre, si fertile, a été apportée en bateau de la Savoie et étendue sur le roc, base de tout le versant.

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Pourtant il y a encore quelque poésie autour de cette prose agricole : l'onde bleue clapote ou se brise sur des blocs noirâtres semés à peu de distance du rivage, tombés des cimes. Chillon surgit au loin avec son entourage d'Alpes au coloris violacé, brumeux ou empourpré, et en suivant de l'œil la courbe que décrit le bord du réservoir lémanique, on distingue Vévey, Clarens, Monlreux, Le Boveret, Sainl-Gingolph, Meillerie, et " leur couronne dont les fleurons sont des pics dentelés, des dômes énormes, des obélisques gigantesques.

Quand le temps est à l'orage, quand le vent du midi soulève et lait onduler toute la surface de l'eau, quand des vapeurs ternes voilent le montueux horizon, le lac, vu dans sa longueur, du côté de Genève, rappelle les perspectives de la pleine mer.

Le premier village qui se présente, au sortir de Vévey, est celui de Saint-Saphorin, dans un site escarpé, peu favorable aux véhicules, et à rentrée duquel le ruisseau écumeux du Foreslay descend en sautillant parmi les roches, et apporte au Léman les eaux de son mystérieux frère et tributaire de la montagne : le petit lac de Bret, que l'on ne visite guère et qui se cache en des vallons dominés par la tour de Gourze (1 ).

[I) fcl uon pua de litture m un employé pur erreur «laits la Vie lettre du llhin . je ne sais trop s'il faut attribuer la construction de eelte tour au\ Honores, aux Sarrasins ou aux Humains — Le lae «le Bret est un charmant \i\ier d'une lien»- «le tour, ovale, M>U-

la vaux. 493

On cullivàit autrefois l'olivier à Saint-Saphorin (Sjiin l- Symphorien), et le seigneur percevait la dime des olives.

Un peu plus loin on passe sous Chexbres, assez haut perché, et l'on côtoie le vieux château épiseopal de décolles, bâti sur un quartier de granit qui sort de l'eau, et rappelle un peu par sa situation celle de Chillon.

Puis on marche au pied des meilleurs plants de La Vaux, ceux du Désaley, d'Epesse et de Marsens.

Kn 5G3, disent les annales de ces bords, le village d'Kpesse fut déplacé par suite de grands cataclysmes géologiques résultant de l'éboulement du mont Taurelune; il glissa doucement avec les terrains qui le supportaient sans que, — chose phénoménale! — aucune habitation fût renversée, sans qu'aucun habitant fut blessé ou tué. En mémoire de cette glissade inouïe on institua une fête religieuse qui subsista pendant plus de neuf siècles. Aujourd'hui les terrains continuent de s'airaiser, mais insensiblement, et sans la vigilance de la population on pourrait redouter de grands malheurs.

En continuant de suivre la route j'ai atteint la petite cité de Cully, au fond d'un golfe; on y cultive la vigne de toute antiquité, c'était le Coclium, Culiacum ou Collium des Romains, et I on y a découvert des vestiges d'un

taire, à la base du Mont-Pc Ici in ; l'eau |»arail stagnante et moi te, elle creuse incessamment le sol au-dessous île ses bords dont l'approche n'est pas sans dangers; «les joncs élèvent leurs aigrettes brunes et des piaules aquatiques font un veit réseau a cette nappe Iran quille et peu visitée.

4îM LA VAUX.

temple d«? Biicchus et une inscription votive à ce Dieu, laquelle est ainsi conçue :

Libéra patri cocliemi.

(iUlly a produit un faiseur de vers nommé Abraham <;hamprenaud, qui vivait dans le siècle dernier, et un homme prodigieux dont l'histoire, l'entreprise héroïque et la dramatique tin séduisent ma friandise littéraire: je me propose à traiter à loisir ce beau sujet (1).

Pour terminer ma relation de voyage, il me reste à dire qu'à Villette, en dessous de Grandvaux et des enclos de vignes, on trouve une très vieille église paroissiale du style roman, avec une flèche grise et lézardée qur l'on n'a pas encore songé à replâtrer; et que Lutry, — où je t'ai déjà conduit dans mes promenades aux environs de Lausanne, — s'annonce par la tour de Bertholo, reste d'un château fondé par la reine Berthe ou par Berthold de Neufchàtel, évèque de Lausanne. La première de ces opinions est celle que les historiens adoptent de préférence , car Bertholo dépendait ' du prieuré de Payerne que la reine combla toujours de bienfaits et où l'on voit encore son tombeau.

I) Un 1 1 s ■ niiiiiir.il a cité élevé par souscription à uavel, personnage si populaire en Suisse et si peu comiu eu France ; il se voit sous les allées d'arbres de la place d'arme», au bord du lac.

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