‹ Le tour du Mexique [microforme]Chapitre 27 sur 44 · LE TOUR MEXIQUE · texte numérisé non relu

LE TOUR MEXIQUE

“ monarque tenait sa brillante cour et recevait à “sa table les seigneurs de l'empire. Chaque jour “ des coureurs, qui se relayaient de six en six lieues, “apportaient pour le festin du prince la marée “ fraiche de la côte, ot les fruits de la terre chaude, Il “ne reste rien du Palais aztèque, le château prési- ‘ dentiel qui le remplace aujourd'hui a été bâti par le ‘ vice-roi, Don Matias de Galvaez en 1783, Maximi- “ lien et l'impératrice Charlotte avaient mis la main “ à l'œuvre, Pour en faire un Alcazar Comme celui de “ Séville, ou plutôt un nouvel Alhambra en style de “la Renaissance, Les escaliers monumentaux, les “ belvédères, les Vasques, les groupes sculptés, les “ bronzes, que les Augustes époux y ont laissés, “témoignent de leur goût pour les arts, et aussi, “hélas ! de la durée illusoire qu'ils avaient rêvée “pour leur empire éphémère. Quelques jardinets “remplis de fleurs et de plantes admirables, ornés “de bassins de marbre et de fontaines aux eaux “ cristallines, sont ménagés dans la superbe demeure. “ Des terrasses du château, nous descendons jus- “ que sous les majestueux ombrages formés par les “géants des siècles, les ahuahuetls de Chapultepec. “ Ce sont des cyprès qui ressemblent à d'immenses

“ saules pleureurs ; une vingtaine de ces arbres for- “ ment une vraie forêt. Comme des voûtes de cathé- “ drales, leurs gigantesques couronnes 8e rejoignent « dans les airs et semblent se soutenir les unes les “ autres. Des voiles d'épaisses mousses descendent « de branche en branche, et festonnent ce temple de « Ja nature. Le soleil n’y pénètre jamais. Il y règne “ un demi-jour moelleux, comme la lumière douteuse “ du crépuscule (1) ”.

Pour nous délasser, nous promenons quelque peu notre indolence toute méridionale par les rues de Mexico. Nous entrons dans plusieurs magasins, pour compléter nos collections de photographies. Nous allons voir notre hôtel Iturbide, nous repassons par l'alaméda, enfin nous disons adieu aux êtres, connus de la capitale. Nous nous préparions à aller prendre notre diner, avec la résolution bien arrêtée de ne plus rien voir, et surtout de ne plus rien acheter,

quand le hasard, sous la figure d’un jeune Mexicain,

(1) Le Mexique, par Croonenberghs.

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ues de

3, pour Nous ns par connus rendre e de ne cheter,

pxicain,

me jette dans les mains Une cage avec un petit per-

roquet. Quel souci créé de toute Pièce dans ma vie ! Bien élever un Perroquet, lui apprendre à ne jamais Prononcer des paroles malsonnantes, à être poli et courtois envers tous mes Paroissiens, et surtout à se montrer très aimable avec la servante du presbytère, je l'entrevois immédiatement, c’est une tâche difficile, très difficile |

A l'heure présente, soit timidité, soit extrême jeunesse, il garde de Conrart le silence prudent ; s'il ne parle Pas, c'est peut-être qu’il est trop occupé à sa provision de maïs, Si vous le voyicz comme moi, manger en Bourmet, le grain de blé-d'inde qu'il tient adroitement dans ses doigts armés de griffes, Vous comprendriez facilement, Pourquoi master Alson Blodgett, le Benjamin de l'expédition, qui a bien ses dix ans, voudrait À tout prix entrer en négociation avec moi pour l'acheter coûte que coûte. Il n’est pas heureux le cher enfant ; jusqu'à présent, il n’a pas pu Convaincre son père de lui acheter une mule, comme souvenir du voyage, et Je crains beau- Coup qu’il ne réussisse Pas mieux avec moi, pour l'acquisition du perroquet.

Décidément, mon nouveau peñsionnaire, avec sa

robe d'un vert exquis et ses yeux ronds, qui ressemblent à deux grains de rassade, sait se conquérir les sympathies d'un grand nombre de passagers ; il est évident que le coquin va être la coqueluche de l'expédition dans un avenir prochain.

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