CHAPITRE SIXIÈME
De Guadalajara à Mexico, — Un beau champ d’orangers, — Point de crépuscule au Mexique.—TuLa. -- Le grand canal. —— La vallée de Mexico, — L'hôtel Iturbide, — MEx1C0. — Sa fondation. — La cathédrale,
ETTE après-midi, nous partons de Guadalajara
pour Mexico.
De notre fenêtre, nous apercevons en quittant la ville les tours blanches de San- Pedro, qui disparaissent à moitié dans la verdure des grands arbres; puis notre train s'engage aussitôt dans le paysage accoutumé de montagnes abruptes et de villages mexicains. Cependant, nous somnes ici dans une contrée agricole. Je vois du blé qui commence à épier et d'autres céréales qui nous donnent leur verdure. De nombreux troupeaux de bœufs et de chèvres broutent dans la lande ou sur le flanc escarpé de la montagne. Nous passons près d’un voican qui lançait autrefois ses feux vers le
ciel ; mais depuis, devenu pacifique, il a éteint son cratère.
Notre train arrête pour nous faire voir une immense plantation d'orangers, il y a 20,000 arbres parfaitement alignés dans ce verger. Nous traversons plusieurs gros villages, fiers de leurs jolies églises paroissiales, A Poncitlan, une partie de la population est, là à notre passage ; le curé est avec ses paroissiens. On jette des ventavos au milieu de la foule, c'est toujours la même scène de tiraillements pour ramasser les sous. Ici, nous apercevons
dans le lointain le las Chapala, le plus considérable du Mexique.
A six heures du soir, le soleil darde encore ses rayons lumineux, nous sommes en plein jour ; un qu-rt d'heure plus tard l’astre est couché, et aussitôt sans transition, les étoiles scintillent dans le firmament, Il n’y a point de crépuscule dans les tropiques. Nous passons la soirée dans le wagon d'observation, le Chililitli, et nous jouissons là, d'une charmante illusion d'optique. Pour nous, les nuages du ciel se transforment en un lac limide semé d'ilote et entouré d’une forêt épaisse.
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