X. — 245« LIV
gieux qui les catéchisèrent'. Enfin des pratiques mystérieuses, relatives au double culte da soleil et du feu, la coutume d'ensevelir leurs morts dans une jarre peinte, après les avoir fardés, parés et comprimés dans des liens, tous ces usages, sans équivalents parmi les peuplades du Sud et sur l'origine desquels les Panos gardaient un profond secret, avaient attiré l'attention des premiers missionnaires.
Vers la fin du dix-septième siècle, la nation des Panos, fort amoindrie par les luttes qu'elle avait eu à
1. Une de ces haches fut donnée par le P. Naroiso Girbal à A. de Humboldt, lors du .séjour (pie ce savant fit à Lima, à son relnur de la Nouvelle-Grenade, où Aimé Bonpland l'avait accompagné eu qualité de botaniste.
soutenir contre les psiiplades voisines après sa division en tribus desGonibos, Sipibos, Schétibos, Cacibos, Chipées' et Remos, la nation des Panos liabitait, comme nous l'avons dit, les bords de la rivière de Sarayacu, où le P. Biedma, un des premiers explorateurs de rUcayali (1686), la vit en passant. Cent ans plus tard, les PP. Girbal et Marques qui continuaient l'œuvre de leur prédécesseur le P. Francisco de San José, en rétablissant les missions de l'Ucayali fondées par celui-ci en 1760 et que les néophytes avaient détruites en 1767, après un massacre général des rai'=sion-
naires, les PP. Girbal et Marques qui catéchisèrent de nouveau la nation des Panos, évaluent ses forces à mille hommes, dont on peut sans scrupule retrancher la moitié.
Ces Panos, chrétiens relaps, assassins et iconoclastes, furent reconquis au catholicisme par les missionnaires qui leur adjoignirent des Indiens Gonibos riverains de l'Ucayali. En si.\ ans, tonte la nation des Panos reçut le baptême ; seule , une fraction minime des Gonibos fut régénérée dans ses eaux'. Le plus grand nombre de ces derniers préférèrent le culte de la liberté et de