SHANGAÏ — LA PRISON FRANÇAISE
Après plusieurs bastonnades,arrive une femme ; elle ne subit pas le bambou, mais on la frappe à la joue et sur les dents avec trois ou quatre lanières de cuir semblables à des semelles de souliers: elle se débat, crie, pleure, mais sa tête est serrée entre les mains des exécuteurs ; elle remercie à genoux et va laver le sang qui lui sort par la bouche.
Après l”’ exécution des jugements, vient l’interrogatoire des prévenus. Les uns sont accusés de vol, les autres de jeu ; pour les faire avouer, on les soumet à la bastounade: à |’ un d’entre eux j'ai vu la chair déchirée sans qu’il avoue; il est renvoyé en prison et l’ opération sera renouvelée aussitôt que ses plaies seront guéries.
Le commissaire de police me fait visiter les prisons: elles puent comme des cloaques; les prisonniers sont hâves, et pourtant les peines sont bien mitigées sur la Concession: la cangue est réduite à > ou 6 kilogr., et on l’ôte la nuit pour que le condamné puisse dormir; on lui fournit même une couverture. Je vois un pauvre malheureux qui crie et se tord; on le croit fou, et on l’envoie à l’hôpital chinois. Dans un coin stparé est le compartiment des femmes.
Le commissaire de police, M. Binos, me dit qu’ ici comme en Europe, ce sont toujours les
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