SUR LE PEI-HO
L’odeur insupportable de la Chine nous poursuit partout, même sur les rivières. Il nous faudrait toujours de l’eau de Cologne dont je n’ai pas une goutte, et par surcroît, le navire est empesté par l’odeur d’opium que les Chinois fument à bord.
Nous avons toujours nos 7 à 8 missionnaires américains avec leurs femmes et leurs enfants ; quelques-uns sont bien élevés ; d’autres grossiers, gourmands, insupportables. L’un d’eux s’amusait, ce matin, à contrefaire les cris des coolies qui chantaient sur une grosse Jonque, en faisant des efforts pour lever l’ancre ; ce n’est pas bien s’y prendre pour les convertir. Parmi eux est une demoiselle à grosses joues et doctoresse ; c’est-à-dire qu’elle a pris à Boston ses brevets de médecin, et vient dans la Chine soigner les âmes et les corps des personnes de son sexe.
Nous avons passé la nuit au milieu du fleuve dans la boue, l’obscurité empêchant le navire d'avancer. Ce matin, le thermomètre marque 9 centigrades au-dessus de zéro ; il fait froid. A 8 heures nous reprenons notre course avec l’aide de la marée, A 10 ou 11 heures, nous espérons arriver à Tien-tsin, ville de 900 mille habitants, et capitale du Chi-ly. C’est là qu’en 1870 le Consul de France, les Sœurs de
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