UN VILLAGE CHINOIS
succession de zig-zag. Des jonques de diverses dimensions le remontent et le descendent. Nous rencontrons souvent des mendiants presque nus poussant des cris, et demandant l’aumûône ; j’en ai vu de tout à fait nus, et d’autres qui n’avaient sur eux qu’un lambeau de natte. Beaucoup de vieilles femmes demandent aussi l’aumône, accroupies dans le chemin.
Vers le coucher du soleil, nos voitures nous déposent dans une auberge, au village de Yü-kiaouey. C’est un grand village entouré de murs et traversé par un courant d’eau sur lequel on a jeté un beau pont. Nous parcourons la principale rue pour sortir à l’autre bout et admirer le coucher du soleil, toujours fort beau dans ces pays. Je revois avec plaisir ces teintes gris-perlé et ces nuances variées qui se déroulent chez nous sur la crête de l’ Estérel.
Pendant que nous retournons à l”’ auberge, une longue queue de villageois s’est attachée à nos pas; ils nous suivent et nous observent avec curiosité. Nous achetons quelques caki et autres fruits que nous faisons payer par nos voituriers, et nous prenons notre maigre souper. Puis, à mon grand chagrin, je vois que nous n’avons qu’une chambre pour les deux, les autres sont toutes occupées.