‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 307 · SHANGAÏ — LES CERCUEILS · texte numérisé non relu

SHANGAÏ — LES CERCUEILS

est bordée de cercueils posés sur le sol et de tombeaux formés de pyramides de terre, Les cercueils sont en bois, épais de 10 centimètres, bien travaillés, souvent sculptés et dorés ; ils coûtent de 10 à 100 piastres; (la piastre vaut 5 francs). Chaque Chinois tient à avoir son cercueil et se le procure avant sa mort. Un fils bien élevé fait cadeau à son père d’un beau cercueil. Comme ils sont hermétiquement fermés, ils ue présentent pas de danger pour la santé publique, et on les laisse sur la route quelquefois des demi-siècles ; on attend d’en avoir un grand nombre pour plus de solennité dans les funérailles. Dernièrement, le père Tournade fut invité par une famille chrétienne à une cérémonie de ce genre. Il y avait 8 cercueils, les grands-pèêres, grand’ mères, etc., que personne des survivants n’avait connus. Les parents font de grandes amentations ; ils rappellent l’ âme des morts: « reviens à nous, disent-ils avec d’ abondantes larmes, nous te soignerons bien, nous te ferons 4 de beaux habits. » Les païens mettent toujours À sur les cercueils des papiers d’argent en forme

de lingots, afin que le mort puisse payer le pas-

sage de tous les fleuves dans le grand voyage.

Lorsque le cercueil est déposé dans une fosse, on : élève dessus une pyramide en terre plus ou

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moins grande ; la campagne en est couverte.

À un certain endroit, nous voyons des débris de statues ; ce sont les ruines du tombeau d’un célèbre mandarin qui vécut, il.y a 2 ou 3 siêcles, et qui fut converti au christianisme par les Pères Jésuites. Dix ans après sa mort, il fut condamné à la décapitation. C’est la plus grande infamie qu’on puisse subir en Chine d’être ainsi décapité après la mort. Dernièrement, un Jésuite depuis longtemps sous terre fut décapité ; mais la famille du Mandarin avait été plus habile : elle avait construit poursonillustre membre vingt-cinq grands tombeaux en diverses parties de l’Empire ; elle avait ainsisoustrait le corps et dépisté les autorités.

Par-ci par-là, nous remarquons certaines baraques à volets fermés ; ce sont des fumeurs d’ opium ; il leur faut l’obscurité. Nous apercevons aussi deux camps de soldats chinois, et dans le lointain une célèbre pagode à plusieurs étages. À une certaine distance se trouve sur une colline un pélerinage renommé, où les chrétiens accourent tous les ans par milliers.

Mais nous voici à Zi-ga-way. C? est un ensemble d”’ établissements qui se sont développés peu à peu. Au centre est un couvent de Carmélites venues de Laval. Elles sont chargées d’ attirer sur l’œuvre les bénédictions du Ciel par leurs

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