‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 56 sur 307 · LA NOURRITURE CHINOISE · texte numérisé non relu

LA NOURRITURE CHINOISE

à dire qu’il l’est, non par principe, mais par nécessité; les mandarins, qui ont la bourse fournie, se payent des repas de Lucullus ; les plats les plus raffinés sont constamment sur leur table, tels que œufs de pigeons, aïlons de requins, nids d’hirondelle, graines et racines de lotus, etc. Dans les grands restaurants on peut faire des repas qui dépassent 100 fr. par tête. A chaque nouvelle portion. les domestiques crient à haute voix les plats que le client à déjà précédemment demandés, et en doublent le prix pour flatter son amour propre, ainsiils diront : donnez un nid d’hirondelle à M. un tel, qui a déjà pris pour 10 fr. d’ailons de requin, pour 5 fr. de chat, pour 4 fr. de graines de courge, pour 6 fr. d’œufs ‘alés de canard. Si l’hôte est peu gourmand, on crie: donnez deux sous de soupe pour M. un tel, qui n’a encore pris que pour un sou de riz, etc.

Le Ministre d’Espagne venait d'arriver à Pékin, et avait été reçu en audience et à déjeuner par le prince Kong ; le lendemain, selon l’usage, 1l reçut chez lui ceux des mets du déjeuner qu’ilavait sem blé préférer. Monsieur le ministre me montra cette collection de plats. Il y en avait une trentaine, parmi lesquels je remarquai deux grandes oies, un Jeune porc rôti, une pyramide de graines de courge, des œufs de canard salés et conservés

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