‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 10 sur 210 · EN HAUTE MER · texte numérisé non relu

EN HAUTE MER

hôpital. Le 4 juin, Ia mer devient plus houleuse, et la pluie tombe à torrents. On ne voit à table que de rares convives ; les domestiques sont fort occupés à soigner les malades. Le 5, le soleil se montre; maïs la mer est toujours agitée, very rough, comme disent les anglais. Je sors de ma couchette et m’aventure sur le pont; il est désert; de grandes vagues montent sur le navire et balaient !’ avant. Je me promëne dans l’intérieur; à l’arrière on entena encore les cris plaintifs dans les cabines ; à la proue je trouve cinq cents émigrés parqués, entassés, femmes, enfants, hommes, de toutes langues. Leurs souffrances sont grandes, leur situation pénible ; ici une mére allaite son enfant et se trouve ellemême en proie aux convulsions du mal de mer; plus loin cinq ou six marmots serrent leur père et les jupes de leur mère pour demander secours. Le 6, la journée est la mêrne; la nuit, le balanéement augmente d’une manière effrayante; mais le 7, le temps redevient plus calme; les passagers sortent de leur cabine; les émigrants montent sur le pont, et semblent bien vite oublier leurs souffrances passées; ils cherchent à ge distraire ; l’un deux s’est transformé en ours qu’un compagnon conduit en laisse, fait marcher et danser au son d’un accordéon, et les

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