TERRE-NEUVE
autres de suivre ei de rire; les enfants courent de tous côtés avec l’insouciance propre à leur âge. Les passagers de première, organisent ces jeux et des concerts; on se croyait à jamais guéri, mais la joie fut courte; la mer redevient furieuse, et le 8 et le 9, les souffrances sont à l’ordre du jour. Le 10, on aperçoit la terre, c’est le Cap Race, pointe sud-est de l’ile de Terre-Neuve. Le navire, en effet, n’a pas suivi la ligne droite pour arriver au S.-Laurent; les banquises de glace se promènent dans cette saison vers ie haut de Terre-Neuve et rendent la navigation dangereuse; la compagnie préfère donc allumer ses feux 36 heures de plus et déposer sûrement ses voyageurs à destination. Dans les prospectus qui circulent dans le salon, on explique longuement tous les avantages de la ligne du Canada sur les autres lignes pour atteindre l’Amérique ; temps abrégé pour la pleine mer, perfectionnement de la machine indiqué avec forces termes scientifiques, etc.; mais on ajoute « pour ceux qui ne sont pas pratiques dans les choses de la navigation, nous donnerons une seuls bonne raison qui les convaincra : nos navires ne sont pas assurés. »
A peine sommes-nous entrés dans le golfe de S.-Laurent que les eaux deviennent calmes comme