YOKOHAMA
de djinrikisha vous assaillent pour vous faire monter dans leurs petites voitures, et on arrive au Windsor-hotel tenu par un Américain, ou au Grand-hôtel, tenu par un Français. Le soir, après le diner, nous faisons une promenade dans la ville. Elle est éclairée au gaz; les rues sont belles et bordées de maisons de pierre ne dépassant pas un étage sur rez-de-chaussée; ce sont les maisons européennes. Dans les quartiers japonais, les maisons sont construites à la manière indigène. Il n’y avait ici qu’un tout petit village, il y a quelques années, et maintenant on voit une ville de 40 mille habitants. De beaux magasins y étalent toutes les productions de l’Europe et celles de l’Asie. Une petite chaîne de collines au sud est parsemée de villas. Les Anglais y ont comme partout le cricket ground et un peu piüs loin leur champ de courses. Sur l’enseigne d'un magasin je lis: Boulangerie provençale ; j'entre, croyant y trouver un Marseillais, le patron était sicilien et la femme du Nivernais. Je prends sur la table un journal français: c’est l’'Echo du Japon, et j’y lis le récit d’un attentat commis, la veille, contre un Anglais. Il revenait à 9 heures 1/2 du soir de voir son frère sur la colline, et apercevant à distance trois Japonais qui semblaient vouloir lui fermer la route, il tire