‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 139 sur 210 · L'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

L'AGRICULTURE

Ici, on fabrique les souliers de paille pour les hommes et pour les chevaux ; ils se vendent deux sous la paire ; là, ces semelles de bois que les Japonais tiennent aux pieds, moyennant deux cordons dont le point de jonction est à l’orteil ; plus loin, on fait les paniers de bambous, les pipes, les pardessus de paille, les larges capelines, les ombrelles et parapluies de papier, les pinceaux à écrire, les éventails; enfin, partout on travaille : la paresse n’est pas en honneur au Japon.

Dans la campagne, on coupe le riz et on en suspend les gerbes pour les faire sécher ; après, on les bat avec un fléau semblable aux nôtres. La campagne est partout parfaitement cultivée ; le riz occupe la plus grande place; il entoure toutes les villes et tous les villages et ne donne pas ici les fièvres aux habitants, comme en Lombardie. A Verceil, à Pavie, on le sème comme le b'é, et à plusieurs reprises on doit extirper les mauvaises herbes ; en remuant ainsi le terrain détrempé, on produit les miasmes ; ici, on le sème en pépinière, puis on le transplante en rangées régulières var petits paquets sur une terre bien engraissée et bien préparée, et on ne passe qu’une seule fois pour sarcler. On a une qualité de riz qui vient au sec sur les montagnes avec

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L'AGRICULTURE. 227 la seule eau de la pluie, qui tombe ici assez fréquemment. Les Milanais l’ont importé chez eux, mais il n’a pas réussi. Aussitôt que le riz est récolté, on sème en octobre le blé sur le même terrain, et on:a ainsi 2 récoltes par an.

Le prix du terrain à bâtir, à Tokio, est de trente à quarante francs le mèêtre carré. A la campagne, le bon terrain à riz se vend environ 800 francs le tam, qui est de 1200 mètres carrés ; chaque tam donne en moyenne trois cocous de riz. Le cocou est d’environ 200 litres et se vend de 40 à 50 francs, soit de 4 à 5 sous le litre ou le kilog. Pourtant le 1/3 de la récuite, soit un cocou par tam est dû pour la contribution foncière. On la payait anciennement en nature, maintenant on la paie en papier-monnaie, et comme celui-ci perd en ce moment 75 0/0, le gouvernement voudrait revenir au système des impôts en nature. Avant 1868, l’empereur était seul propriétaire du terrain; il était censé le concéder aux daïmios (seigneurs), moyennant

certaines redevances. Ceux-ci percevaient en na-

ture, du cultivateur, un cocow par éam. Après la révolution de 1868, les daïmios ont été indemnisés, et les paysans sont devenus propriétaires de leurs terrains. Ils les cultivcnt mieux et s’enrichissent. On plante aussi beaucoup de thé;

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