‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 180 sur 210 · UN DÎNER A LA LÉGATION D'ITALIE · texte numérisé non relu

UN DÎNER A LA LÉGATION D'ITALIE

un grand peuple, leur dis-je, ce n’est pas dans le plaisir, mais dans le travail et le sacrifice, que vous trouverez l’énergie nécessaire aux grandes entreprises. » Ils me disent qu’ils ont traduit en japonais les œuvres d’Auguste Comte, le fondateur du positivisme, et qu’ils ont lu, dans une traduction anglaise, notre Jean-Jacques Rousseau. Je leur fais observer que, s’ils ne prennent de nous que de tels auteurs, ils auront bientôt nos révolutions, sans le correctif que nous avons dans nos auteurs chrétiens. Je promets de leur procurer de meilleurs ouvrages qu’ils pourront traduire avec plus de fruit. Ils paraissent peu habitués à entendre d’un Français pareil langage.

Je les quitte poliment et viens en courant à la Légation d’Italie, où m’attendait M. Tokouno, le directeur de la fabrique de papier-monnaie et son beau-fils, le général Saïgo, ancien ministre de la guerre, un des Sanghi ou des 9 conseillers de l’Empire (conseil qui est au-dessus du conseil des ministres). Ce général est le frère du maréchal Saïigo qui, il y a 3 ans, se révolta, et durant 8 mois, à Satsuma, dans le sud, menaça le gouvernement avec une forte armée de mécontents. À la fin, il périt dans une batail'e, et le gouvernement n’eut le déssus que grâce à l’organisation militaire de son armée, formée par nos

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