‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 198 sur 210 · OSAKA LE CHATEAU · texte numérisé non relu

OSAKA LE CHATEAU

rins” ! d’eau. Au lieu de deux rés ou lieues, nous ne fai- | sons qu’un ri à l’heure. Nos djinrikisha sont de isée v bonne humeur et ne font que rire dans les diffeux cultés, là où nos voituriers ne feraient que blasques phémer ; enfin, bien avant dans la nuit, nous tons arrivons à Osaka, où nous soupons et passons * dé- | la nuit.

otre nes 23 Septembre. fois | Le lendemain, je vais chez les Pères ; je visite les quatre sœurs du St-nom de Jésus, du nier | diocèse de Laval, qui prennent soin de cinquante Les . enfants dans leur orphelinat. Puis, mon interprète Jonts | arrive et m’apprend que c’est aujourd’hui le res , | Shiu-ki-korei-saï , grande fête du Japon pour bnos VPautomne; fête de je ne sais quel empereur ou leur impératrice, ancêtre du Mikado, et que toutes | les fabriques sont en repos. En effei, tout le aux | monde est en habit de fête.

mpée - Nous visitons l’ancien château entouré d’une double enceinte de grosses pierres de granit suants perposées sans ciment; j’en admire quelques-unes à gon de 5 mètres de haut, 10 mètres de long, deux mèir de tres d’ épaisseur. On ne comprend pas comment itun | l’homme a pu remuer de telles masses sans le

secours de la mécanique.

302 ARRIVÉE À ARIMA.

Du haut du donjon, on jouit d’une belle vue sur toute la ville. Le palais qui existait ici pour le Tuïcoon a été brûlé, il y a 14 ans, à l’occasion &c la dernière révolution.

Taurais voulu visiter l’arsenal, la Monnaie, une fabrique de verre, une de papier, une d’indigo, mais tout est en repos à cause de la fête.

Je me rends à la Monnaie pour remercier le Directeur, et je me fais conduire au cimetière où je voulais voir la crémation, Mon interprète parle avec le concierge qui lui dit qu’on vient d’introduire le cadavre d’un homme mort d’une maladie contagieuse, for! redoutée au Japon ; à son seul nom, mon interprète se sauve et je m’avance seul.

Je vois une construction en briques surmontée d’une grande cheminée ; le gardien me barre la porte avec un bambou. Je rebrousse chemin et j’arrive à la gare pour le départ.

A midi, je suis à Kobé, où je trouve le Consul français arrivant de Yokohama et m’apportantune lettre de France. Le père Chatron me donne une grammaire et un dictionnaire japonais. Je dine et je pars pour Arima dans les montagnes, à 7 lieues de distance.

Mes Djinrikisha font des prodiges dans les routes défoncé*3. A 7 heures et demie, j’arrive chez le bonze Kiumiz auquel le père Chatron

BAINS D’ARIMA. ; 303

m’a adressé. À huit heures, je prends un bain dans une eau salée et chaude à 40 degrés, assez semblable à celle de Royat en Auvergne ; aussi, après 2 jours d’essai, je la trouve irritante et je suspends les bains.

Pas de pain, pas de serviette, pas de draps ; la nuit, beaucoup de puces, mais elles sont discrètes, elles font leur repas et se retirent. Pas un seul Européen. Je parle par signe, ou je cherche dans le dictionnaire, ou je dessine l’objet que je demande; au reste les gens sont gracieux. La bonzesse derrière sa coulisse n’4 cessé de se plaindre toute la nuit. Le matin, je lui ai donné le remède Mattei anti-scrofoloso; elle est guérie et me remercie. Le petit bébé bonze de 2 ans est mon ami, le chat sans queue, comme tous ses compagnons ici, bouleverse mes papiers; les poules montent sur ma table.

Au bain, je dois faire sortir hommes et femmes quand j”y vais ; mais on regarde par les lanternes.

Le paysage est magnifique : belles montagnes couvertes de gazons et de forêts, vallons gracieux, mais tous les jours vent ou pluie diluvienne. Enfin, j’ai pu finir mon journal, mais vous suppléerez aux mots quiauraient pu rester à la plume, aux phrases mal tournées, aux mots indé-

chiffrables. Adieu à tous.

28 Septembre 1881.

Je trouve que les bains d’Arima irritent mon système nerveux ; d’autre part, ma solitude dans ces montagnes n’était pas sans quelque danger. Les trois premières journées de mon séjour, pluie continuelle, je passais 8 heures par jour à écrire ; les deux autres jours, le temps devint beau. Je parcours la montagne : nature splendide, cours d’eau, cascades, forêts de bambous et de sapins, points de vue admirables, population simple, bonne, sympathique.

On fabrique à Arima des pinceaux pour l’écriture japonaise, et toutes sortes de petits paniers en bambou.

A mon retour, je change de route; je pars une heure de l’après-midi; je gravis à pied pendant une heure et demie la montagne. Sur la cime, je reste extasié à la beauté du coup d’ œil sur la mer.

Après quatre heures et demie de marche, toujours admirant, à la descente, la grande et belle baie de Kobé, j’arrive à la station de Samiyoshi, et à six heures du soir, j’étais à l’hôtel des Colonies à Kobé, où je retrouve M. Cotteau qui vient d’arriver de Tokio par le Tbkaido ( voie de terre ) avec 18 jours de djinrikisha.

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