CHAPITRE VI
SUR l'amour
Un amphithéâtre de dieux. — Blagovestchensk. — M. Gay. — Les projets de M. Mangini et sa mort. — Le Chinois. — Souvenir de la guerre. — Passez le fleuve ! — La noyade. — Une enquête comme en Europe. — Les ébats de l'esturgeon. — Le harponnage du kalong. — Une pêche miraculeuse. — La bonne chaleur d'hiver en Sibérie. — Le Pouchkine, — Le combustible. — Le maître d'école, — Mandarins. — Les monts Khingan»
Jusqu'à Pokrovsk, c'est-à-dire jusqu'à la réunion de l'Argoun avec la Chilka, l'aspect de la contrée ne change pas : mêmes berges pierreuses, mêmes forêts de pins, mêmes murailles de verdure. Cette monotonie finit par engendrer une terrible lassitude. Le voyageur est constamment au-dessous de tout ce qui l'entoure, et à la longue il éprouve la sensation fastidieuse de suivre un couloir. Oh ! comme on payerait cher un peu de variété pour reposer la vue et distraire la pensée I
Après que les deux rivières ont confondu leurs
eaux pour former le grand fleuve dont le nom mongolique se trouve offrir une physionomie toute française, le paysage s'élargit. L'Amour est un large cours d'eau qui a de la noblesse et de la puissance. Tantôt il serpente comme en se jouant au milieu des coteaux boisés. Tantôt, serré de près entre les montagnes qui semblent vouloir l'emprisonner, qui se mettent en travers pour lui barrer la route, il cherche, il hésite, il oscille de droite et de gauche; puis tout d'un coup la voie s'ouvre : il se hâte, il court, il glisse, il s'échappe par un étroit passage que le voyageur n'avait pas aperçu d'abord. Des îles boisées l'amusent et le retardent assez souvent.
S'il trouve un large espace, un cirque rocheux, il s'y étale à loisir, il s'y épanouit pleinement comme pour se reposer. La courbure d'Oulousso- Modonska est le plus bel exemple de ces sortes de salons où les flots ralentissent leur course et semblent s'arrêter un moment. Le rocher lisse fait de granit et de porphyre s'élève sans brusquerie et, sur ses rampes qui se ploient en un immense et majestueux amphithéâtre, on s'attend à voir paraître tout un peuple de dieux et de déesses qui viendrait là, dans la paix de la nature, délibérer sur Tanxieux déroulement des destinées du monde.
Et il y a bien peu de temps que les destinées de cette partie du monde se sont modiflées. La ré-
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gk>n^ aujourd'hui russe, où l'on entre à partir de Pokrovsk, était entièrement chinoise il y a moins de cinquante ans. Encore maintenant la domination a eu beau changer de fait, on y a l'impression de se trouver en Chine, tant le fond de la population est formé de ces hommes jaunes aux yeux obliques, dont le dos, au moindre mouvement, est incessamment battu par une longue natte oscillante. La rive gauche de l'Amour était seulement habitée par des Golds^des Orotchs, des Toungous, nomades à peine encore sortis de Tétat primitif. Depuis 1857, les Russes qui s'en sont emparés, y ont transplanté de force des Cosaques étonnés à coup sûr d'être employés comme agents civilisateurs. Pourtant, grâce à eux, des villages se sont créés çà et là, et même quelques centres importants qui ressemblent à des villes. Quant à la rive droite, c'est la Mandchourie, le riche pays chinois que la Russie vient d'absorber d'un seul coup en oubliant d'avertir l'Europe.
Le 20 juin au soir, le Pavel me conduisit jusqu'à la grande ville de la contrée, Blagovestchensk, qui a été fondée par les Cosaques il y a quarante-cinq ans, et qui compte déjà plus de trente mille habitants. La rareté de l'élément féminin, un des caractères de la Sibérie d'autant plus marqué qu'on s'avance davantage vers l'est, se fait déjà sentir de façon assez forte : il ne s'y trouve pas deux femmes pour trois hommes.
LE TOUR DU MONDE i**
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Nous dûmes nous arrêter. Le Pavely suffisant pour la Chilka, n'avait pas assez de force pour naviguer utilement sur l'Amour. Et puis à Blagovestchensk, je savais rencontrer des compatriotes et des ressources. En eJSfet, cette petite ville renferme un hôtel français qui a la réputation d'être le meilleur ou plutôt le seul bon de toute la Sibérie. J'y fus accueilli le mieux du monde par notre compatriote M. Gay, qui est originaire de Valence.
Les circonstances qui ont amené M. Gay à s'établir en Sibérie sont assez singulières pour être contées.
On sait que la ville de Lyon passe pour être celle de France où Ton a le mieux l'instinct et le goût du grand commerce. Un Lyonnais, M. Mangini, qui avait gagné dans des entreprises de chemin de fer une fortune évaluée à soixante millions, eut, en 1894^ l'idée d'envoyer son fils au sortir du lycée faire une vaste exploration en Asie. Le jeune homme, on pourrait dire le jeune adolescent, — il n'avait que dix-huit ans, — partit accompagné d'un de ses amis d'enfance, de quelques années plus âgé que lui, M. Gay, qui venait de terminer ses études d'architecte. La mission, placée sous le patronage du ministère, avait pour chef un explorateur déjà préparé par des voyages en Amérique, M. Chaffanjon. Après une longue excursion de deux ans à travers la Transcaspie et la Mongolie, les jeunes gens
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arrivèrent enfin en Sibérie, à Blagovestchensk.
Le lieu parut propre à une installation commerciale susceptible de développement, et, pour prendre pied, M. Mangini acheta d'abord un hôtel qui, propre, soigné, bien dirigé, prit rapidement de Timportance. C'était une sorte de base d'opérations. MM. Mangini et Gay l'administraient ensemble et venaient en Europe, l'un ou l'autre alternativement, chaque année ; après avoir étudié les ressources et les besoins de la Sibérie, ils y préparaient un grand établissement.
M. Mangini était en France Thiver dernier, tout près, de réaliser enfin la création du colossal comptoir qu'il rêvait. Il partit de Paris en automobile pour aller visiter dans TOuest quelques propriétés de sa famille et pour se rendre ensuite à Cannes, auprès de sa mère, devenue veuve depuis Tan passé. Or, aux environs de Saumur, je ne sais quel accident se produisit : le malheureux jeune homme fut projeté violemment hors de la voiture ; sa tête porta contre un mur ; il eut le crâne fracassé et mourut (27 février 1901). Il était le dernier survivant de cinq enfants et n'avait que vingt-six ans. Un de ses frères, ingénieur de la marine, avait été tué il y a quelques années, à Rochefort, par l'explosion de la chaudière d'un torpilleur. Il y a bien peu de chance maintenant pour que le comptoir français qui devait être établi au fond de la Sibérie soit jamais ouvert.
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Comme je causais avec M. Gay de ses projets si cruellement déjoués, je remarquai, allant et venant dans le salon, un Chinois, qui attira mon attention, parce qu'il ne portait pas la natte et qu'il était vêtu à l'européenne. De plus on était frappé, chez cet homme aux allures discrètes, par quelque chose de contraint et de triste, par je ne sais quoi qui tenait du chien battu. J'avais vu un grand nombre de Chinois à Blagovestchensk, surtout parmi les gens du port et les ouvriers. Mais tous portaient le costume national.
— Vous regardez le Chinois, me dit M. Gay. Il mérite, en effet, d'être examiné, car il a une histoire.
Et voici ce que me conta M. Gay ; son récit m'a été confirmé depuis plusieurs fois par différentes personnes.
On trouve indiquées sur les cartes, en face de Blagovestchensk, sur l'autre rive, sur la rive mandchourienne, deux villes chinoises nommées Zakhaline et Aïgoun. Mais la géographie politique se modifie quelquefois très vite et ce sont des indications qu'il faudra rectifier. Les derniers événements ont changé beaucoup de choses.
Pendant la guerre faite pour venger le meurtre du baron de Ketteler, ministre d'Allemagne, et délivrer les légations européennes assiégées à Pékin, les Russes, tranquilles, se méfiant peu de leurs voisins les Chinois qu'ils savent mauvais guer-
riers, avaient envoyé sur le théâtre des opérations toutes les troupes de Blagovestchensk. Il n'y restait qu'une centaine de Cosaques.
Or, cette sécurité n'était pas justifiée. Les Chinois, enfin réveillés de leur longue apathie, devenaient plus agressifs qu*on n'aurait pu le supposer. Le 15 juillet, vers sept heures du soir, au moment où l'on y pensait le moins, ceux de Zakhaline lancèrent quelques bombes sur Blagovestchensk. Ils étaient mal armés de mauvais canons et ne savaient pas s'en servir. De plus leurs munitions - étaient défectueuses. Ils ne firent aucun mal à la ville. Pourtant les Russes, surpris, s'inquiétèrent, demandèrent des troupes par télégraphe et commencèrent d'armer tous les hommes valides. Le lendemain, le bombardement continua, toujours aussi peu efficace que le premier jour.
Cependant il y avait dans Blagovestchensk environ quatre mille Chinois établis là depuis de longues années, les uns comme négociants, d'autres comme ouvriers, d'autres comme jardiniers. Ils étaient même les meilleurs artisans et les meilleurs cultivateurs de la contrée, les Russes rfayant, on le sait, de goût et d'estime que pour la guerre.
Comme le bombardement continuait, on com-.
mença à se préoccuper de la présence de ces quatre mille Chinois. Ils étaient connus. On les
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savait inoffensifs. Mais peut-être en viendraientils un jour à aider leurs compatriotes et même à propager le feu dans la ville, qui est en bois. Cette crainte une fois née, il fut impossible de n'en pas tenir compte. Les Chinois ne bougeaient pas, faisaient leur service de domestiques ou arrosaient leurs légumes comme d'habitude ; mais tous les Russes disaient :
^Les Chinois ! les Chinois I ils vont nous incendier I
Le gouverneur donna donc Tordre de les rechercher et de les rassembler. On les réunit d'abord à la petite police, puis à la grande police, dans un enclos. Une proclamation enjoignit à tous les habitants de livrer ceux qu'ils pouvaient loger chez eux comme domestiques ou artisans ou locataires.Et l'enclos se remplit de Chinois qui avaient dû quitter leurs demeures, et qui, entassés là, ne pouvaient remuer. Bientôt on s'avisa qu il faudrait les surveiller, de plus les «nourrir puisqu'ils ne travaillaient point et ne pouvaient subvenir à leurs besoins, et que c'était un bien gros embarras. Le gouverneur, ne sachant que faire, prescrivit qu'où leur fît passer le fleuve. Peut-être à ce moment ne calcula-t-il pas toutes les conséquences de Tordre qu'il venait de donner et fut-il plus léger qw cruel.
Les Cosaques conduisirent alors leurs prisonniers hors de la ville, à quelques kilomètres en
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amont, jusqu'à un village appelé Verknié, un petit village tranquille que j'avais remarqué la veille et qui, par exception, m'avait paru assez coquet. Puis, quand ils les eurent amenés sur la berge par groupes de quelques centaines, ils leur ordonnèrent de passer. Mais comment passer ? Il n'y a pas de pont ; on n'apercevait pas un seul bateau. Le fleuve est très large en cet endroit. Les malheureux, poussés par les Cosaques, et puis contents peut-être de sortir d'un pays qui ne leur offrait plus aucune sécurité, entrèrent dans l'eau. Elle est peu profonde. Ils croyaient avoir pied et aborder l'autre rive, la rive libératrice. L'eau leur vint d'abord au genou : ils continuèrent d'avancer ; puis à la ceinture : ils hésitèrent. En se retournant, ils virent leurs camarades qui les suivaient, et, au bord du fleuve, les silhouettes des C!osaques qui veillaient, dressés sur leurs petits chevaux piaffants. Ce spectacle n'était pas fait pour les attirer. Ils se remirent en route.
Cependant la petite église de Yerknié, l'église dédiée à l'archange Michel, dominait la scène sur la rive, prêchant de toutes ses coupoles: <i Aimezvous les uns les autres I 3>
Quoique les eaux soient basses en été, le lit de l'Amour est crevassé de nombreux trous très creux. Ceux qui les rencontraient perdaient pied, tombaient, barbotaient un instant. Un coup de talon les remontait à la surface. Ils reparaissaient,
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aveuglés, haletants, pris de suffocation ; ils se débattaient, puis replongeaient. Leurs mains qu'ils élevaient au-dessus de leurs têtes s'agitaient, cherchaient pour se cramponnera quelque chose, ils ne savaient à quoi. Mais elles n'étreignaient rien que le vide. Si par hasard elles s'agrippaient au bras ou à la ceinture d'un voisin, celui ci frappait brutalement, faisait lâcher prise, car la morsure de la mort anéantissait l'idée de dévouement, et chacun ne songeait qu'à sa propre défense. Alors pour .ceux qui avaient coulé c'était la fm. Ils roulaient entraînés, embarrassant les jambes de ceux qui étaient en aval.
' La plupart arrivèrent jusqu'au milieu du lleùve. Mais Teau. les envahissait, leur gagnant les aisselles, puis le cou, et le courant devenait fort. Quelques-uns, qui savaient nager, ôtèrent leur robe et passèrent. Les autres, presque tous, qui ne savaient point, revenaient, allaient à droite, à gauche, cherchant un gué, n'en trouvaient pas. Alors en retournant ils se heurtaient aux nouveaux arrivants, qui de loin n'avaient pas vu et qui espéraient encore pouvoir passer. Le désir de se renseigner arrêtait ces derniers.On s'expliquait. Les plus vigoureux, les plus confiants continuèrent. Les plus nombreux essayèrent de regagner la rive russe, d'où ils étaient partis. L'affolement leur suggéra une idée étrange, invraisemblable, presque comique à force de naïveté :
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Hs se mirent à supplier les Cosaques, à implorer d'eux la pitité. Ceux-ci, qui ne sont pas tendres par nature, demeurèrent d'autant plus insensibles qu'ils avaient un ordre.
Or, tous ces Chinois avaient pris sur eux ce qu'ils possédaient d'argent ; on comptait dans ce troupeau de condamnés beaucoup de marchands qui emportaient leurs roubles, quelquefois des milliers de roubles, car plusieurs étaient très riches. Ils offrirent aux Cosaques d'abord une partie de ce qu'ils tenaient précieusement caché, puis davantage, puis le tout; en échange ils ne demandaient que la vie sauve. Les Cosaques acceptèrent l'argent, puis, mis en goût, ils se mirent à dépouiller méthodiquement tous les Chinois.
Cela leur paraissait monstrueux que ces richesses allassent se perdre inutilement dans lé fleuve. Alors, après les avoir dûment dévalisés, ils pous-: sèrent ces gens sans armes qui résistaient au moins par leur inertie. C était encore trop de cette défense passive : pour les mieux empêtrer, et puis parce que la chose était plus drôle, — l'ivresse du meurtre les excitant, — ils attachèrent ces misérables par leurs nattes en groupes de quatre ou cinq, et, du poitrail de leurs chevaux, ils les chassèrent devant eux jusque dans Teâu. Et les Chinois, entraînés dans la mort, poussaient des malédictions que le flot leur rentrait dans la gorge. Sauf une centaine tous se noyèrent, tous les
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quatre mille furent engloutis par Teau silencieuse.
Et les gens de Blagovestchensk, n'étant pas avertis, s'étonnèrent, un peu plus tard, de voir passer ces cadavres de Chinois, qui remontaient peu à peu tout gonflés à la surface, qui s'accrochaient çà et là aux bancs de sable, aux pierres de la rive, et où les bateaux à vapeur embarrassaient les aubes de leurs roues. L'Amour entraîna tout jusqu'à son embouchure, et pendant des mois, les chairs décomposées furent charriées à des centaines de kilomètres jusqu'à Nicolaïevsk dans la Manche de Tartarie.
Un Russe, devant qui j'exprimais mon horreur de cette répugnante tuerie, me dit :
— Si nous ne les avions pas noyés, ils nous auraient incendiés. Nous nous sommes défendus; nous avons pris les devants, voilà tout.
Un autre, qui savait son histoire, me dit encore )
— Vous rappelez-vous un épisode de la campagne de Syrie ? Votre Bonaparte était encombré de trois mille prisonniers turcs : il les fit noyer tous dans la Méditerranée, quoique ce fussent des gens désarmés, sans défense. On montre encore l'endroit, à Jaffa. Nous avons imité Bouaparte, sans y penser. Vous dites toujours que nous sommes peu civilisés, que nous retardons sur vous d'au moins deux siècles ; c'est une exagération :
cent ans seulement se sont écoulés entre votre noyade et la nôtre. Et puis, dans le premier cas, les victimes étaient des Turcs, dans le second des Chinois : Ttemme n'est jamais si cruel qu'envers des gens d'une autre race que la sienne, ou bien envers ses propres compatriotes.
Et il ajoutait :
— D'ailleurs nous sommes punis. Nos jardiniers chinois étant morts, nous n'avons pas de légumes cette année, car nous ne savons pas les faire pousser nous-mêmes. C'est pourquoi nous ne vous offrons pas de petits pois. 11 est revenu à Blagovestchensk beaucoup de Chinois, que nous noierons peut-être un jour, si les circonstances nous y amènent : ils le savent et ne nous en servent pas moins bien. Mais ils n'ont pas encore eu le temps de faire reprendre la culture maraîchère.
Quant au Chinois que je voyais dans le salon, M. Gay, qui était un de ses amis, l'avait caché jusqu'à la fin du drame et sauvé. Pour ne pas se faire remarquer de loin, lors de ses premières sorties, le malheureux avait coupé sa natte et pris des vêtements européens.
Voici maintenant pourquoi il faut corriger les atlas. Les villes d'Aïgoun et de Zakhaline n'existent plus. Les Russes les ont entièrement détrui*tesl En partant, j'ai aperçu, du pont de mon bateau, quelques pans de mur: c'est tout ce qui en reste. • 1 .