NOTICE SUR LE CANADA
Le Canada, qui forme l'une des plus importantes divisions politiques de TAmérique du Nord, se compose d'une vaste contrée dépendant du versant de l'Océan Atlantique. Il a pour limites l'Océan Atlantique et le Labrador à l'est; le territoire de la compagnie de la baie d'Hudson au nord et à l'ouest; les Etals-Unis au sud. On Deut évaluer sa longueur totale à 1600 kilomètres, sa largeur à 400 kilomètres, et sa superficie à environ 640,000 kilomètres carrés.
Le Vénitien Cabot, au service de l'Angleterre, découvrit le Canada en 1497; le Français J. Denys, de Honfleur et le Vénitien Varazzani, au service de François P', visitèrent le golfe de Saint-Laurent en 1506 et 1523; ils furent suivis par les Espagnols qui, n'ayant trouvé sur les côtes aucune trace de mines d'or ou d'argent, se retirèrent en répétant, dit-on, le mot accuiada, c'est-à-dire, ici rien; ce mot répété
plus tard par les indigènes aux Français, aurait été pris par ceux-ci pour le nom de la contrée. On fLiit aussi dériver Canada d'un mot iroauois qui signifie réunion de cabanes.
Quoi qu'il en soit, Jacques Cartier remonta le Saint-Laurent en 1534, prit possession de tout le pays au nom de François P'', et l'appela Nouvelle-France.
La Roque de Roberval, nommé vice-roi en 1542, fonda non 1 :in de l'endroit où depuis fut bâti Québec, leforl de Charlebourg. En 1608, Samuel Champlain jeta les fondements de Québec. Une compagnie française se forma en 1617 pour exploiter la colonie. Les Anglais avaient déjà tenté plusieurs fois, mais inutilement, de s'en emparer (1629-1711) lorsqu3 la guerre éclata avec la France en 1754. Après de nombreux combats, dans l'un desquels succomba le brave Montcalm, les Anglais finirent par conquérir tout le Canada; et, cette province leur fut définitivement cédée, en 1763, par le traité de Paris. Néanmoins, les Canadiens, restés Français par le cœur, n'ont jamais cessé d'aspirer à leur indépendance.
Le Canada est un pays très ondulé en général, -présentant au nord du Saint-Laurent quelques chaîaes de montagnes peu considérables ; et, au sud de ce fleuve, des ramifications des Alleghanys, qui viennent se terminer au cap Gaspe et dont la hauteur moyenne est de 300 à 600 mètres. Ces montagnes sont couver-
tes de nlagnifîques forêts de haute futaie; elles séparent le bassin de Saint-Laurent et des Grands Lacs de ceux de la mer d'Hudson au nord, de la rivière Rouge à l'ouest, et du Mississipi au sud. Le partage des eaux entre la mer d'Hudson et le fleuve Saint- Laurent n offre qu'une suite de collines ou de rochers. Ces montagnes ne forment pas toujours des chaînes continues; quelquefois elles s'abaissent au niveau des plaines, laissant entre les lacs, les rivières, les cours d'eau, une étroite bande de pays à peine sensible que les Indiens avaient Thabilude de faire franchir à dos d'homme à leurs légères embarcations, ce qui leur a valu le nom de portages.
Le Canada appartient dans sa presque totalité au bassin du Saint-Laurent. Le cours des rivières est interrompu par des lacs nombreux , qui font du Canada le plus vaste réservoir d'eau douce qu'il y ait au monde. Le Saint-Laurent naît, sous le nom de rivière de Saint-Louis, dans le plateau où naissent le Mississipi et la rivière Rouge; il coule du nord-oiiest ou du sud-est et vient tomber dans le iac Supérieur qui n'est, à proprement parler, qu'une vaste mer d'eau douce, longue de 570 kilomètres, large de 258 kilomètres, et dont la profondeur atteint 295 mètres; son élévation au-dessus du niveau de la mer est de 193 mètres. Les eaux de ce lac immense, alimentées par quarante rivières, se balancent dans un bassin de rochers et forment des lames presqu'égales à celles de l'Océan Atlantique.
Le lac Huron qui a 322 kilomètres de long, 258 kilo-
mètres de large, 92 mètres de profondeur est élevé de 175 mètre.3 au-dessus du niveau de la mer; il reçoit ses eaux du lac Supérieur par une suite de descentes rapides connues sous le nom de sauts de Sainte-Marie. Il communique, par un détroit, avec le lac Mtchigan, situé au sud-ouest. Le lac Michigan, dont les bords fertiles appartiennent en entier aux Etats-Unis, a 520 kilomètres de longueur, 174 kilomètres de largeur avec une profondeur moyenne de 274 mètres ; son élévation au-dessus du niveau de la mer est de 210 mètres. Un autre détroit, ou plutôt la rapide rivière de Saint- Clair, sert d'écoulement au lac Huron et forme, en s'élargissant, le petit lac de Saint-Clair. Un canal plus tranquille, que l'on nomme le Détroit, unit ce bassin au lac Erié.
Le lac Erié a 402 kilomètres de longueur, 129 kilomètres de largeur, 61 mètres de profondeur, avec une élévation de 169 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce lac se décharge par la rivière de Niagara et par ses célèbres cataractes. En cet endroit, le Niagara est divisé en deux bras par la petite île des Chèvres, à l'extrémité de laquelle se trouve la cataracte. Le bras gauche, large de 600 mètres, se précipite perpendiculairement d'une hauteur de 53 mètres, et forme la chute dite du fer à cheval. L'autre bras forme la chute américaine qui est large de 200 mètres et haute de 54 mètres. Cette grande cataracte est continuellement enveloppée d'un nuage qu'on aperçoit de très loin; les flots écumeux semblent, à grande distance, couler dans les cieux. De temps à autre, le
nuage, en s'ouvrant, laisse entrevoir les rochers et les foiêts. L'aspect le plus étonnant se présente dans l'hiver, lorsque les eaux, malgré leur effroyable mouvement, ressentent l'influence des gelées ; alors, d'énormes colonnes de glace s'élèvent du fond du précipice, tandis que d'autres morceaux de glace pendent d'en haut comme autant de tuyaux d'orgue.
C'est par ce pompeux vestibule que les eaux du Niagara descendent vers le tranquille lac Ontario. qui est pourtant sujet à une espèce de flux et de reflux. Ce lac long de 290 kilomètres, large de 125, a i:ne profondeur moyenne de 152 mètres, et est élevé de 80 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il se dégage, par le charmant lac de Mille-Iles, dans le fleuve Saint-Laurent proprement dit.
Le Saint- Laurent, surtout près de Montréal, prend un caractère extrêmement pittoresque. C'est un tableau charmant et impossible à décrire, que celui des villages qui se développent aux regards, à mesure qu'on double une pointe de terre boisée; les maisons paraissent suspendues sur le fleuve, et les clochers étincelants réfléchissent, à travers les arbres, les rayons du soleil. Mais, au-dessous de Québec, le lit du fleuve s'élargit si considérablement, les rivages s'enfuient dans un lointain si étendu, que l'œil y reconnaît plutôt un golfe qu'une rivière. Le Saint- Laurent, malgré son immense volume d'eau, ses eaux profondes et sa vaste embouchure, n'occupe que le troisième ou quatiième rang parmi les fleuves américains. Sorti de l'extrémité du lac Ontario, il se