SCENE X
Les Mêmes, GOBINARD, D'AULNAY, M™ DE BLAINVILLE.
Mme DE blainville. Ma chère Marie î . . .
Elle l'embrasse.
MARIE, étonnée. Madame!...
d'aulnay. Ah! mademoiselle, si j'avais su... croyez que le respect et la plus parfaite considération. . .
marie. Qu'est-ce qu'ils ont donc ?
GOîîinard, étant son bonnet. Ma chère Marie... ou plutôt, mademoiselle, je suis désolé... c'est-à-dire, je suis enchanté... je ne sais plus ce que je dis.
marie. Mais qu'est-ce que tout cela signifie ?
Mme de blainville. Que tu vas à l'instant même quitter cette auberge, qui n'est pas faite pour toi... que je t'emmène avecmoi...
MAGASIN THEATRAL
car je connais ta mère, elle est mon amie... et ce n'est qu'à elle que je te remettrai...
Marie . Ma mère ! . . Vous sauriez quelle est ma mère ?
GOBïnard, bas a Marie. C'est une grande polonaise... un' duchesse!
marie. Une duchesse!
Mme de blainvïlle. Ah! Gobinard, je vous avais recommandé...
GObinard. Pardon, madame, l'excès de la joie...
Mme de blainvïlle. Oui, chère Marie, tu seras riche un jour... tu seras grande dame !
MARIE. Oh ! ^quel bonheur !
GOBïnard, à part. Quand je pense que c'est moi qui l'ai élevée...
Mme de blainvïlle. En attendant que je te rende à ta mère. .. je veux te garder avec moi, te traiter comme ma nlle, comme mon amie, veux-je dire.
marie. Aller avec vous... oh! que je suis contente !
Gaspard, à part. J'étais sûr qu'elle ne tiendrait pas à l'auberge.
d'aulnay, de même. Une fille charmante, et de la fortune... je conçois des projets... d'une hardiesse...
Mme de blaijn ville. Allons, Marie, il est temps de partir.
Marie . Comment, madame, tout de suite? permettez-moi d'aller faire un petit paquet.
Mme de blainvïlle. C'est inutile, ma chère, chez moi tu ne peux garder ce costume ; il faut que ta toilette réponde à ta nouvelle position.
Marie. Et j'aurai de belles robes aussi? oh! que je suis heureuse... Madame, je suis prête à vous suivre.
GOBinard. Eh bien, mademoiselle Marie, vous ne me dites rien ?...
marie. Oh! je suis si troublée... Adieu, Gobinard, adieu, je penserai à vous !
Gaspard, à part. Elle est reconnaissante comme un vrai chat !
d'atjlnay. Maintenant, partons.... mademoiselle, daignez accepter ma main.
Gaspard, à part. Ah ! pauvre Pierre !.. .