‹ Le tourlourou, vaudeville en cinq actesChapitre 14 sur 43 · SCENE PREMIEP.E · texte numérisé non relu

SCENE PREMIEP.E

JOSÉPHINE, ADÉLAÏDE , puis FÉLI- CITÉ.

Au lever du rideau, Jose'phine est assise sur le banc de pierre ; Adélaïde est debout et regarde dans la coulisse.

Adélaïde. Dodophe.... Dodophe!... ne vous éloignez pas du porichinelle surtout.

Joséphine. Il ne peut donc pas tenir en place, ton mioche?

Adélaïde. Ne m'en parle pas. . . il a des fourmis dans les jambes; et les parens qui voudraient que j e ne le quitte pas. . . le plus souvent!

Joséphine. Les bourgeois sont si injustes... Ah ben! quand est-ce donc qu'il n'y aura plus de maîtres!... et que je pourrai me faire servir à mon tour !...

Adélaïde. Ah ! v'ià Félicité.

félicité, sortant de la maison a droite.

Rendez-moi ma patrie, Ou laissez-moi m' pe'rir.

JOSÉPHINE. Bonjour, Félicité.

félicité. Tiens!... c'est Joséphine et Adélaïde. Par quel hasard , mesdemoiselles , êtes- vous sur le boulevard du Temple?

JOSÉPHINE. C'est pas Fhasard... Adélaïde promène le petit de ses maîtres... moi, je l'ai accompagnée, vu que c'est mon jour de sortie... et nous avons tourné par ici à ton intention.

FÉLICITÉ. Comment donc ça?

JOSÉPHINE. Tu ne comprends pas... nous attendons les jeune hommes du*^.

félicité. Des militaires... ceux que j'ai vus l'autre jour avec vous?

JOSÉPHINE. Oui... M. Fleur-d'Amour...

MfeQ

ADÉLAÏDE. Et puis l'autre, dont j'ai oublié le nom... qui nous donne toujours du pain d'épice...

félicité. Etleur camarade... M. Pierre... viendra-t-il aussi?

JOSÉPHINE. Ils tâcheront de l'amener...

mais ça ne sera peut-être pas facile à cause d'une mélancolie qu'il a sur le cœur, et qui l'empêche de rire.

félicité. O Dieu I... c'est si intéressant les hommes tristes.

JOSÉPHINE. Oh! nous savons que tu en tiens pour M. Pierre.

félicité. Mais je ne dis pas... d'abord, moi, j'ai toujours eu un faible pour les uniformes.

Air : Rata-plan.

Oui, c'est mon caractère, Je dois en convenir , /^ L'aspect d'un militaire

M" fait toujours plaisir!

uand le tambour passe Et gu' j'entends son roulaient,

Je n' tiens plus en place Mon cœur fait au même instant, Rapata plan, plan, plan, plan.

Etc., etc.

"\. Du chasseur l'uniforme D'abord m'enflamma , Du casque aimant la forme , Le dragon m' charma, Pour l'houzard ensuite Mon cœur eut un dstfk penchant

A c't' heure il palpite...

N'importe pour quel régiment , Rapata plan, plan, plan, plan.

Etc., etc.

Adélaïde. Moi, je préfère le pompier.

félicité. Ah! si M. Pierre était moins sauvage... je lui offrirais de bien bon bouillon...

JOSÉPHINE. Tu es bien heureuse de pouvoir offrir du bouillon ! . . .Tu sers donc chez un grand turc?

félicité. Oh! mieux que ça!., je t'assure que je n'ai pas envie de quitter d'où que je suis... c'est moi qui achète tout... qui ai les clefs de tout!... ma maîtresse est une jeune fille qui n' connaît rien de rien... Oh! c'est toute une histoire que je vous conterai... mais ils vont ce soir au spectacle, et il faut que j'aille bien vite leur chercher une loge... Attendez-moi... je vous retrouverai ici.

Elle sort.

JOSÉPniNE. Sois tranquille... on ne nous enlèvera pas.

Adélaïde. A-t-elle de la chance!... une place comme celle-là... ça tombe toujours à celles qui ne savent rien faire.

JOSÉPHINE. Ca m'irait si bien à moi, qui suis dans une baraque... des personnes gênées... du petit monde.

On entend fredonner dans la coulisse.

Adélaïde. Ah! dis donc... je crois que les voici.

Joséphine. Les 32e, faut pas avoir l'air. . . rasissons-nous.

Adélaïde. Oui... rasissons-nous... et tout en travaillant , faisons semblant de chercher des coquillages à nos pieds.

Elles se rasseyent sur le banc , et font mine de chercher à terre.

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