FORME DU GOUVERNEMENT, SON ADMINISTRATION
comité consultatif est ainsi composé : le vice-gouverneur général, l'inspecteur d'État, le juge d'appel, le secrétaire général, les directeurs, le conservateur des titres fonciers et certains membres, n'excédant pas cinq, nommés par le gouverneur pour un délai d'un an (i).
Un règlement, daté du 10 octobre 1894, fixa les règles générales pour la nomination et le service du personnel de l'État en Afrique. Ces nominations appartiennent exclusivement au souverain pour certains agents, et pour les autres au Secrétaire d'État à Bruxelles ou au gouverneur général. Les émoluments sont fixés par le Secrétaire d'État et sont généralement suffisants pour compenser, au moins en partie, la vie de sacrifices qu'imposent le climat et les conditions spéciales du pays. Et celles-ci sont telles qu elles ont rendu nécessaire l'article 6 du règlement, qui permet au Gouverneur général de renvoyer d'urgence en Europe tout agent qu'il juge impropre au service d'Afrique, sans attendre le terme de son engagement. Le voyage d'aller au Congo est toujours à la charge de l'État, celui du retour l'est également dans le cas prévu par l'article 6, dans le cas de congé ou d'échéance du terme minimum du service, qui est fixé à trois ans.
Le 3 décembre 1888, un décret du roi souverain créa
(1) Voici le cadre des membres du gouvernement local tel qu'il était composé en 4894. On y voit que le nombre des directeurs préposés aux divers services, qui n'avait pas été filé définitivement, fut porté à 7 y compris la direction de l'intendance et de la force publique: Gouverneur général: M. Th. Wahis, — Inspecteur d'État : M. F. Fuchs, — Directeur de l'Agriculture: M. A. Diderrich,— Directeur des Finances : M. E. de Keyser, — Commandant de la force publique : M. G. Dielman, — Intendant: M. C. Vandemplas, — Directeur delà Justice: M. M. Tschoffen, — Procureur d'État: M. A. Rorcourt, — Secrétaire général : M. G. Leroi, — Secrétaire général à titre personnel : M. L. Ghislain, — Directeur des Transports: M. A. Bolle, — Directeur des travaux de défense : M. V. Michel,
''Ordre de X Étoile dAfrique destiné à récompenser les services rendus à l'État indépendant et à la cause de la civilisation.
L'Étoile de Service (11 janvier 1889) est destinée à attester publiquement que le décoré a accompli fidèlement et honorablement la période de son service.
Des médailles et récompenses spéciales sont également destinées aux chefs indigènes (30 avril 1889).
Outre Tordre de l'Étoile Africaine, le souverain institua le 9 avril 1891, l'Ordre Royal du Lion.
Pour compléter la liste des gouverneurs du Congo, je ne dois pas non plus oublier qu'on a laissé aux chefs de tribus (1) l'autorité sur la population indigène et une certaine autonomie dans des régions fixées par le gouverneur. Les chefs sont confirmés dans l'autorité qui leur est reconnue par les usages locaux, soit par le gouverneur général personnellement, soit en son nom. On profite du moment de l'investiture pour connaître le village, en déterminer la situation exacte, la population, les produits et pour réunir tous autres renseignements géographiques, statistiques et cadastraux qui peuvent être utiles. L'autorité du chef de tribu, exercée suivant les traditions indigènes, se trouve limitée par tout ce qui serait contraire à l'ordre public et aux lois de l'État. Chaque fois qu'il le croit nécessaire, le gouverneur intervient pour régler les rapports des chefs entre eux, avec les indigènes qui leur sont soumis, et avec les autorités de l'État.
(1) Voir décret, 6 octobre 1891, sur l'investiture des chefs indigènes : Bulletin d octobre 4891, page 259.