‹ Le traité de Berlin de 1885 et l'État indépendant du CongoChapitre 32 sur 52 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LA PROTECTION DKS INDIGÈNES ET L'ŒU VUE ANTIESCLAVAGISTE DU NOUVEL ÉTAT

De l'examen de ce que j'ai dit dans les chapitres précédents sur les rapports du gouvernement avec les indigènes, surtout pour ce qui regarde l'organisation administrative et judiciaire, le régime foncier, et le service sanitaire, il ressort que l'œuvre entière du nouvel État s'est inspirée à ce noble idéal de protection à l'égard des indigènes, qui fut sanctionné par le traité de Berlin, en reniant tout un passé de politique coloniale injuste et sanguinaire. M. Leroy-Bcaulieu écrit que les Belges marquèrent d'une empreinte nouvelle la législation destinée à régler leurs rapports avec les indigènes, et en effet, là où la voie à suivre n'était pas prescrite par l'acte final de Berlin ou par l'acte antiesclavagiste de Bruxelles, ils adoptèrent les idées les plus libérales et les plus humanitaires dans les questions les plus difficiles.

Les Belges se trouvaient dans une situation privilégiée pour accomplir cette œuvre civilisatrice. Ils ne furent pas colonisateurs pendant l'exercice de la traite et n'apprirent pas dans le passé h mépriser le nègre. Ils débutèrent comme colonisateurs, lorsqu'un souffle nouveau d'idées

Page 1