‹ Le traité de Berlin de 1885 et l'État indépendant du CongoChapitre 4 sur 52 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

UUELQUËS RENSEIGNEMENTS SLR LE NIGER

Je serai plus bref en parlant du Niger, parce que pour le moment son importance politique et commerciale est de beaucoup inférieure à celle du Congo. La conférence de Berlin ne s'en occupa que sous le rapport de la liberté de la navigation, comme nous le verrons dans la suite. Le concours des nations européennes est moindre sur ses bords et un nouvel état indépendant n'y forme pas l'objet d'une intéressante étude pour le droit international.

La France a des possessions sur la partie supérieure du fleuve où la navigation est impossible à cause des chutes d'eau. L'Angleterre possède la partie inférieure, la plus importante et a aussi sous son protectorat les tribus résidant autour de vingt-deux bras qui forment le delta du fleuve.

Le Niger ou Nil des Nègres, ou bien comme le préfèrent les géographes le Kuara ou aussi le Dhioliba, est un des quatre grands fleuves africains. Les sources du Niger sont assez rapprochées du littoral occidental, dans le mont Loma, sur le versant intérieur des monts de laRokella. Du versant opposé des montagnes où naît le Niger, descendent directement vers l'Atlantique divers autres fleuves moins riches d'eau et qui parcourent un pays beaucoup moins vaste. Tels sont : le Congo, le Rio Grande, la Gambie.

Plus au Nord, descend dans l'Atlantique le Sénégal, qui naît sur le môme versant intérieur du Niger et par un arc de cercle tourne autour de cette chaîne de montagnes pour descendre vers la mer.

Comme les autres fleuves africains, le Niger a aussi son cours interrompu par des cataractes, conséquence du caractère général du continent africain qui ne possède pas une conformation régulière, comme la majeure partie des continents (par exemple l'Asie, berceau de l'humanité, avec son haut plateau central, et l'Amérique avec son épine dorsale des Andes et des Cordillères). L'Afrique est au contraire inégalement coupée de lignes basses de montagnes, souvent même dans le voisinage de la mer. Le Niger cependant est navigable sur une vaste étendue, et suivant l'opinion des géographes, pourrait devenir une grande voie de communication de la mer au Soudan occidental; comme le Nil représente déjà la route du Soudan oriental.

Sur beaucoup d'anciennes cartes, on a indiqué comme très rapprochées les sources du Nil et du Niger, et môme comme communes dans le même lac central. Les explorateurs portugais avaient quelque connaissance des vastes régions lacustres de l'Afrique centrale (i); et obéissant à la tradition encore vivante aujourd'hui chez les peuples asiatiques, dans la Chine, dans l'Inde et dans la Chaldée, qui fait naître les fleuves d'un continent d'un seul nœud central, ils croyaient que le Congo, le Nil et même le Zambèse provenaient de sourcescommuncs et admettaient qu'ils aient pu pendant un long trajet parcourir des voies souterraines. Dès le commencement de ce siècle, bureau de la Malle soutenait, par divers arguments, la probabilité de

(1) Luciano Corderio : L Hydrographie africaine au seizième siècle.

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